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Une femme française qui peinait à avoir son guet l’obtient à Tel Aviv

Dans sa pétition, Liorah Chetrit avait dénoncé l’attitude du Consistoire de Paris et du service des divorces – et de ses rabbins – à son égard

Illustration : Affiche créée par l’artiste de rue DODO pour Yom HaAguna, soulignant le sort des femmes enchaînées, le 24 février 2021. (Crédit : Yad LaIsha)
Illustration : Affiche créée par l’artiste de rue DODO pour Yom HaAguna, soulignant le sort des femmes enchaînées, le 24 février 2021. (Crédit : Yad LaIsha)

Liorah Chetrit, jeune femme française âgée de 31 ans, a lancé en août une pétition sur le site change.org afin de pouvoir obtenir son guet, son divorce religieux, qu’elle peinait à recevoir.

Ce mercredi, Haïm Korsia, grand rabbin de France, a finalement annoncé dans un communiqué qu’elle avait pu l’obtenir, en Israël, grâce aux efforts du Beth Din de Tel Aviv, qui a « tant œuvré afin de pouvoir la délivrer de son ex-mari ».

« Haïm Korsia espère que la situation de Léa pourra également être régularisée dans les plus brefs délais, de même que celles de l’ensemble des femmes Agounot, trop souvent entravées dans leurs démarches. Le grand rabbin de France enjoint toutes les instances religieuses ainsi que leurs dirigeants à prendre des mesures au plus vite afin que ces situations inacceptables ne se reproduisent plus. »

« Soucieux de toujours être au service des fidèles, Haïm Korsia, réaffirme sa détermination à lutter contre les maris récalcitrants qui entravent les procédures et rappelle que la délivrance du guet est un impératif religieux dès lors que cesse la vie commune, et ce, sans attendre la prononciation du divorce civil, comme il l’a obtenu par écrit du Garde des Sceaux en avril 2020 », a écrit le bureau du grand rabbin.

Dans sa pétition, Liorah Chetrit avait dénoncé l’attitude du Consistoire de Paris et du service des divorces – et de ses rabbins – à son égard.

Elle avait expliqué que sa séparation fut « le début d’une longue épreuve, pénible et sans espoir, aggravée par une attitude, hostile et sans cœur, du service des divorces », représenté par le rabbin Betzalel Lévy et le grand rabbin de Paris Michel Guggenheim.

Elle avait notamment reproché à l’institution de lui imposer de fournir, pour l’ouverture du dossier, « un formulaire de consentement de mon mari et moi-même et d’autres documents propres à chacun, impossibles à obtenir quand on a un mari récalcitrant ! »

Elle avait aussi regretté « l’impossibilité de communiquer et d’échanger sur [sa] situation préoccupante, avec le service des divorces du Consistoire de Paris ».

Selon elle, le tribunal rabbinique de Paris « avait osé bloquer sans raison son dossier » de divorce.

Mariée en novembre 2015 civilement et religieusement, elle a deux enfants de quatre et deux ans.

Régulièrement, des femmes juives peinent à obtenir leur divorce religieux.

Dans de nombreux cas, le guet est retenu par un mari récalcitrant et conditionné à d’importantes sommes d’argent, à l’abandon de droits à pension alimentaire, de biens, etc, dans ce qui, selon les défenseurs, équivaut à une extorsion et à une forme d’abus.

En Israël, où le mariage et le divorce sont exclusivement supervisés par l’autorité religieuse de l’État, le grand rabbinat, les divorces sont effectués conformément à la loi juive, ce qui signifie que l’homme doit donner un guet, ou acte de divorce, et la femme doit l’accepter. S’il refuse, esquive les autorités ou est dans l’incapacité de le délivrer, la femme reste « enchaînée » au mariage aux yeux des autorités religieuses et, par extension, de l’État.

Les tribunaux rabbiniques israéliens sont habilités à appliquer des sanctions très sévères à l’encontre des maris jugés récalcitrants, y compris l’interdiction de quitter le pays, le licenciement ou l’arrestation, bien que ces mesures ne soient que rarement prises.

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