Une grande école britannique étouffe une attaque antisémite
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Une grande école britannique étouffe une attaque antisémite

Des étudiants juifs de Cambridge University évoquent une attaque antisémite, l’université enquête mais couvre les agresseurs

Mill Lane, Cambridge, Royame-Uni. (Crédit : capture  d'écran Google maps)
Mill Lane, Cambridge, Royame-Uni. (Crédit : capture d'écran Google maps)

Trois étudiants juifs, étudiants à Cambridge University, en Grande-Bretagne, ont déclaré avoir été la cible d’une violente agression par des membres de l’université. L’université aurait ensuite étouffé les résultats de l’enquête.

L’incident, qui s’est produit le mois dernier, a été relayé samedi par le quotidien britannique The Telegraph.

Les étudiants racontent qu’ils sont entrés dans le bar d’une association étudiante sur Mill Lane, Cambridge, mais une fois entrés, ils apprennent que le lieu a été loué par les unions sportives du Christ’s College.

L’un des étudiants, prénommé Shlomo Roiter-Jesner et âgé de 25 ans, a indiqué que lorsque les étudiants installés au bar ont remarqué leur kippot, « ils sont alors devenus violents et bruyants ».

« Ils se sont soudainement mis à hurler : « Les juifs, f***** le camps d’ici », nous avons tenté de partir, mais ils nous criaient dessus », a-t-il indiqué au Telegraph.

Un autre étudiant, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a déclaré au journal que parmi les « vicieuses insultes antisémites », ont été proférées les phrases suivantes : « Vous les juifs, vous n’avez rien à f***** ici », « Sale juif, f*** le camp ». Il a ensuite ajouté qu’ils ont tenté d’étrangler un de ses amis avec sa propre écharpe, et les ont physiquement menacés.

Des témoins ont assisté à l’incident, et le bar était équipé de caméras de vidéo-surveillance qui ont enregistré l’incident sans le son, rapporte The Telegraph.

Après une enquête menée par l’université, Roiter-Jesner a reçu la semaine dernière une réponse du Professeur Jane Stapleton, directrice du Christ’s College at Cambridge : « Le conseil de discipline des étudiants en interne a été conclu, et deux étudiants ont fait l’objet de mesure disciplinaire. Nous vous remercions d’avoir porté cet incident à notre intention. »

Mais les étudiants n’ont pas été accusés d’acte antisémite, ce qui n’a pas plu à Roiter Jesner.

« L’université n’a pas du tout abordé cet aspect, ils l’ont balayé sous le tapis »,, relaye l’article.

L'entrée du Christ’s College, Cambridge, Rpyaume-Uni. (Crédits : CC BT-SA 2.5/Stuart Edwards/Wikimedia)
L’entrée du Christ’s College, Cambridge, Rpyaume-Uni. (Crédits : CC BT-SA 2.5/Stuart Edwards/Wikimedia)

Stapleton a répondu au Telegraph dans un communiqué : « L’enquête en interne a effectivement permis d’identifier deux étudiants du Christ’s College, qui ont admis avoir utilisé un langage châtié et avoir participé à une altercation, mais ont démenti avoir été à l’origine de l’hostilité physique ainsi qu’au recours à des propos racistes ou antisémites. C’est sur les premiers motifs qu’ils ont fait l’objet de mesures disciplinaires. »

Elle a ajouté « Je rejette formellement l’accusation selon laquelle le Christ’s College a étouffé l’affaire. »

Le site internet Jewish Chronicle a écrit lundi que Stapleton a rédigé une circulaire à l’intention du personnel, des étudiants et des anciens étudiants, dans laquelle elle dément une quelconque omerta sur l’agression.

« Vous avez peut-être lu dans la presse ce matin des articles accusant l’université d’avoir étouffé un incident d’antisémitisme présumé. Je tiens à vous assurer que l’université et moi-même condamnons le plus fermement possible tous abus discriminatoires, racistes, ou antisémites et que des mesures disciplinaires inflexible seront prises si tout élément de preuve émerge, au sujet d’une telle attitude de la part d’un membre du Christ’s College.

« Pour l’instant, l’université ne dispose d’aucune preuve accablante qui permettrait de confirmer l’implication de ses étudiants dans un tel comportement. »

« Je tiens aussi à vous assurer personnellement que je ne tolérerais pas qu’un tel comportement soit étouffé, et je rejette fermement cette accusation. »

Dans un communiqué au Jewish Chronicle, l’Union des étudiants juifs a affirmé : « Aucun étudiant juif ne devrait avoir à vivre ce que ces étudiants ont décrit, et le fait qu’un tel accident se soit produit à l’Université de Cambridge ne fait que prouver que l’antisémitisme peut survenir sur les campus. »

« Il ne devrait y avoir aucune tolérance vis-à-vis de la violence que ces trois étudiants juifs ont subie, mais là encore, il s’agit d’un incident antisémite qui n’a pas reçu l’attention qu’il mérite.

Bien que nous saluions les mesures disciplinaires infligés aux deux coupables, il est primordial que l’université soit transparente dans ses procédures. »

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