Israël en guerre - Jour 194

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Une Israélo-éthiopienne, dont le fils soldat a été tué le 7 octobre, veut faire venir ses proches

"J'en appelle aux autorités israéliennes pour qu'elles les amènent ici avec l'aide de Dieu", implore Yegebal Ayelewew. "Ce serait bien que les autorités puissent m'aider (...) Mon fils a donné sa vie pour ce pays"

Yegebal Ayalew, une Israélienne d'origine éthiopienne, dont le fils a été tué dans l'attaque sans précédent du 7 octobre commise par le Hamas sur le sol israélien. (Crédit : AFPTV)
Yegebal Ayalew, une Israélienne d'origine éthiopienne, dont le fils a été tué dans l'attaque sans précédent du 7 octobre commise par le Hamas sur le sol israélien. (Crédit : AFPTV)

Arrivée en 2012 en Israël en provenance d’Ethiopie, Yegebal Ayalew y a vu son fils grandir et s’épanouir jusqu’à ce que ce jeune soldat soit fauché dans l’attaque sans précédent du 7 octobre commise par le groupe terroriste islamiste du Hamas sur le sol israélien.

Vêtue de noir, Yegebal raconte à l’AFP comment Maru Alem, 21 ans, était fier de défendre ce pays dans lequel il était arrivé à l’âge de neuf ans. Elle, au contraire, était terrorisée.

« Il me disait toujours Maman, quel est le problème ? Je vais travailler pour mon pays. Si nous ne protégeons pas Israël, Israël ne sera pas protégé' », dit-elle, un mouchoir à la main pour pouvoir essuyer ses larmes.

La communauté juive éthiopienne compte environ 170 000 membres en Israël, selon des statistiques officielles. Sur ce total, près de 68 000 sont nés dans le pays.

Descendant de communautés restées coupées des autres juifs pendant des siècles et reconnues tardivement par les autorités religieuses d’Israël, 80 000 Ethiopiens, se désignant comme « Beta Israel », sont arrivés dans le pays en 1984 et 1991, via deux ponts aériens.

Yegebal et son fils font partie de milliers d’autres, descendants de juifs convertis au christianisme souvent sous la contrainte et connus sous le nom de « Falash Mura ».

Le sergent-major Maru Alem. (Autorisation)

Se considérant comme juifs, ils n’ont pour leur part pas été reconnus par les autorités religieuses et ne peuvent émigrer en Israël que dans le cadre d’un regroupement familial car ils ne peuvent bénéficier de la loi du retour qui donne à tout juif la citoyenneté israélienne.

« Il a donné sa vie »

Privée de son fils, Yegebal a désormais pour unique souhait que ses proches, attendant toujours en Ethiopie le feu vert des autorités israélienne pour pouvoir s’installer dans le pays, puissent la rejoindre.

« J’en appelle aux autorités israéliennes pour qu’elles les amènent ici avec l’aide de Dieu », implore Yegebal. « Ce serait bien que les autorités puissent m’aider (…) Mon fils a donné sa vie pour ce pays », ajoute-t-elle.

Gil Elias, militant des droits de la communauté à Ashkelon, dans le sud d’Israël, espère que le sacrifice des juifs éthiopiens durant la guerre viendra à bout des discriminations dont ils sont encore victimes dans la société israélienne et qui avaient nourri une contestation violente en 2019.

Des Israéliens et des Juifs éthiopiens embarquant sur des vols de Gondar et Bahir Dar vers Addis-Abeba, dans le cadre de l’opération de sauvetage du gouvernement israélien au milieu des combats dans le nord de l’Éthiopie, le 10 août 2023. (Crédit : Ambassade d’Israël à Addis-Abeba)

« Nous pouvons voir le sacrifice dans les chiffres », dit-il en indiquant que 26 des plus de 500 membres des forces israéliennes tués dans l’attaque du 7 octobre et dans la guerre déclenchée ce jour-là, ont des origines éthiopiennes.

« Les Ethiopiens sont 1,7 % de la population israélienne et près de 5 % des soldats tués », dit-il. Ce chiffre ne peut être confirmé par l’armée qui ne publie pas de statistiques sur l’origine ethnique des soldats.

Mais « depuis le 7 octobre, nous sommes davantage unis. Nous arrivons à faire attention les uns aux autres et ne plus mener nos vieilles guerres », estime Gil Elias.

L’attaque du 7 octobre menée par les terroristes du Hamas a fait 1 160 morts en Israël, en majorité des civils. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Plus de 30 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et dans les jours qui ont suivi l’assaut.

L’armée, un « facteur d’intégration »

Selon Liat Yakhnich, chercheuse spécialisée sur l’immigration de l’université Beit Berl College, l’intégration de la communauté, qui a dû franchir un énorme fossé culturel à son arrivée en Israël, s’est améliorée ces dernières années dans le pays.

« Ils sont juifs et sont Israéliens (…), ils peuvent être blessés par cette société mais ils sentent qu’ils en sont membres », juge-t-elle. Elle note toutefois d’énormes différences au sein de la communauté entre parents et enfants, ces derniers ayant eu plus de facilité à apprendre l’hébreu et à s’intégrer.

« Je rencontre beaucoup de jeunes qui grandissent dans des familles où ils perçoivent leurs parents comme faibles. Je pense qu’ils reconnaissent la capacité de leurs parents à avoir survécu au processus d’immigration. Mais dans le même temps, (ces jeunes) ont dû faire face à la vie en Israël tout seuls », sans beaucoup de soutien de la part de leurs parents peu intégrés, souligne la chercheuse.

Dans ce contexte, l’armée est pour eux « un facteur social très puissant d’intégration », juge-t-elle.

Une intégration clairement ressentie par Savht Farda, père d’un soldat blessé le 7 octobre.

Dans un marché fréquenté par la communauté, il montre fièrement une photo de son fils à l’hôpital recevoir la visite de Benny Gantz, ancien ministre de la Défense et membre du cabinet de guerre.

« Nous aimons Israël, notre pays. Plutôt mourir que de le voir mourir », dit-il.

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