Une juge ordonne à l’administration Trump de rétablir les subventions de l’UCLA
Plus de 500 millions de $ de fonds fédéraux seront rétablis après qu'un juge a qualifié les suspensions de "arbitraires et capricieuses"

Lundi, une juge fédérale a ordonné à l’administration du président américain Donald Trump de rétablir les subventions fédérales actuellement gelées à l’université de Californie à Los Angeles, a révélé un document judiciaire.
En août, l’UCLA a fait savoir que l’administration Trump avait gelé des fonds, pour un montant total de 584 millions de dollars, après que le gouvernement fédéral a blâmé l’université pour sa gestion des manifestations anti-Israël et pro-palestiniennes.
Dans sa décision, la juge fédérale Rita Lin a ordonné le versement de plus de 500 millions de dollars à l’université, ont rapporté le Los Angeles Times et le site d’information Politico.
Au mois d’août, Lin avait intimé à l’administration Trump de rétablir à l’UCLA une partie des fonds fédéraux suspendus.
L’administration Trump a réduit ou menacé de retenir les fonds fédéraux destinés aux universités au motif de leur gestion des manifestations contre l’offensive israélienne visant le Hamas à Gaza, dans le cadre de la guerre déclenchée par l’attaque du groupe terroriste le 7 octobre 2023.
Le gouvernement américain déplore que certaines universités, parmi lesquelles l’UCLA, ont toléré des actions et prises de positions antisémites durant les manifestations.
Cette décision intervient alors que, dans son message pour la fête juive de Rosh HaShana, qui a débuté dans le monde entier lundi soir, le président américain Donald Trump a déclaré que son administration s’engageait à mettre fin au « fléau de l’antisémitisme ».
« Au moment où la communauté juive se réunit pour ce moment spécial de renouveau spirituel, mon administration insiste sur le respect de la liberté religieuse et l’importance de mettre un terme aux persécutions fondées sur la foi, à commencer par le fléau de l’antisémitisme », peut-on lire dans la déclaration publiée par la Maison Blanche.
Les manifestants pro-palestiniens, parmi lesquels quelques groupes juifs, jugent que les critiques qu’ils formulent à l’égard de l’attaque israélienne contre Gaza et des actions menées dans l’enclave côtière et en Cisjordanie ne doivent pas être qualifiées d’antisémites, et que leur défense des droits des Palestiniens ne doit pas être assimilée à de l’extrémisme.
L’an dernier, le groupe de travail de l’UCLA chargé de lutter contre l’antisémitisme et les préjugés anti-Israël a publié une étude qui avait révélé que des Juifs avaient été agressés et menacés sur le campus, et que des signes haineux, notamment une croix gammée sur le tableau d’une salle de cours et une pancarte « Les Israéliens viennent de l’enfer » brandie durant une manifestation, proliféraient dans le cadre du mouvement de protestation pro-palestinien et anti-Israël. Des affrontements ont eu lieu au moins une fois entre étudiants et partisans pro-israéliens sur le campus.
Lin, juge à la Cour fédérale américaine du district nord de Californie, a précisé dans son jugement que la suspension pour une durée indéfinie des subventions accordées par les instituts nationaux de la santé (NIH) résultait probablement d’une décision « arbitraire et capricieuse ».
Lin a ordonné que les fonds de recherche provenant des NIH, du ministère de la Défense et du ministère des Transports soient rétablis dans le cadre de son injonction préliminaire – préliminaire, parce que l’affaire judiciaire dans le cadre de laquelle cette injonction s’inscrivait n’était pas close.
La semaine dernière, les syndicats, professeurs et étudiants de l’Université de Californie, dont fait partie l’UCLA, ont assigné l’administration Trump en justice. Celle-ci devra répondre du gel des fonds fédéraux et d’autres mesures qui, selon les plaignants, visent à étouffer la liberté académique.
Des inquiétudes relatives à la liberté d’expression
Selon les groupes de défense des droits, les actions de Trump portent atteinte à la liberté d’expression.
L’université de Californie à Berkeley, autre campus du système universitaire californien, a indiqué au début du mois avoir fourni au gouvernement, dans le cadre d’une enquête, des informations concernant 160 membres du corps enseignant et étudiants.
Le président de l’université de Californie, James Milliken, a annoncé que le système universitaire faisait actuellement face à l’une des menaces les plus graves de toute son histoire. Il reçoit chaque année plus de 17 milliards de dollars d’aide fédérale.
Dans ses tentatives de gel des financements, l’administration Trump s’est également heurtée à d’autres obstacles juridiques. Un juge fédéral a notamment statué au début du mois qu’elle avait illégalement supprimé plus de 2 milliards de dollars de subventions à l’université de Harvard.
En juillet, le gouvernement a réglé différentes enquêtes fédérales avec l’université de Columbia, qui a accepté de verser plus de 220 millions de dollars au gouvernement, ainsi qu’avec l’université de Brown, qui a déclaré qu’elle verserait 50 millions de dollars pour soutenir le développement des emplois locaux. Les deux établissements ont également cédé à certaines exigences du gouvernement.
Les autorités fédérales avaient offert de mettre fin à leur enquête sur l’UCLA moyennant le règlement par l’université d’une somme d’un milliard de dollars, une proposition qualifiée de tentative d’extorsion par le gouverneur de Californie, Gavin Newsom.







