Une majorité d’Israéliens pour le mariage gay, la moitié des députés silencieux
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Une majorité d’Israéliens pour le mariage gay, la moitié des députés silencieux

Parmi les députés qui n'ont pas répondu à l'enquête de la Dixième chaîne, figure la ministre de la Culture qui avait défilé lors de la Gay Pride

Cérémonie de mariage d'un couple homosexuel sous une houpa pendant la Gay Pride de Jérusalem, le 21 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Cérémonie de mariage d'un couple homosexuel sous une houpa pendant la Gay Pride de Jérusalem, le 21 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Alors que Tel Aviv se prépare à une affluence de dizaines de milliers de fêtards qui participeront au défilé annuel de la Gay pride, vendredi, une enquête commandée par la Dixième chaîne et publiée lundi a montré que 58 % des Israéliens sont favorables au mariage homosexuel.

Les députés se sont pour leur part affichés plus réticents à partager leur point de vue sur la question : 47 se sont déclarés favorables à l’union homosexuelle, 12 s’y sont fortement opposés et les autres législateurs – sur les 120 que comptent le parlement – ont refusé de répondre.

Seuls quatre politiciens issus du parti du Likud au pouvoir ont déclaré être favorables au mariage homosexuel, notamment Amir Ohana, tout premier législateur ouvertement gay appartenant au Likud, et deux ont indiqué être contre. Selon la Dixième chaîne, les autres députés de la formation politique n’ont pas répondu à l’enquête. Cela a été notamment le cas de la ministre de la Culture Miri Regev, qui a dans le passé défilé à l’occasion de la Gay pride.

Il y a eu seulement deux partisans du mariage homosexuel qui se sont révélés au sein de Koulanou, les autres s’abstenant, et la majorité des parlementaires membres de HaBayit HaYehudi n’ont pas répondu au sondage, avec seulement Uri Ariel qui a fait part de son opposition. Les partis Shas et Yahadout HaTorah ont comptés deux opposants et la Liste arabe unie deux partisans, cinq détracteurs et six qui ont refusé de répondre. Il n’y a eu aucune réponse de la part des législateurs de la formation Yisrael Beytenu.

Les partis travailliste et du Meretz, de gauche, ont pour leur part pleinement affirmé leur soutien au mariage gay. La députée Merav Michaeli, qui co-préside le lobby des droits des homosexuels à la Knesset, a répondu aux résultats de l’étude dans une déclaration à la Dixième chaîne : « Je suis heureuse de ne pas avoir été surprise par les conclusions de ce sondage – cela fait longtemps que le public a compris que les membres de la communauté méritent l »égalité des droits comme tous les autres citoyens. L’Etat d’Israël est le seul état démocratique dans lequel il n’y a pas de mariage civil, et il est temps que le gouvernement comprenne que nous sommes en 2018 ».

Le docteur Evan Cohen, président de la faction de la Pride au sein du parti du Likud, a déclaré avoir la certitude que les députés israéliens se mettront au diapason de l’opinion publique populaire.

« Les résultats de l’enquête ne surprennent pas ceux qui connaissent bien le parti du Likud, dont la constitution appelle à l’égalité et à la prévention des discriminations y-compris sur la base de l’orientation sexuelle », a-t-il dit, selon la Dixième chaîne. « La Knesset est, comme toujours, très en retard face à la population et malgré le soutien apporté par la majorité des parlementaires du Likoud à l’égalité dans le mariage, les députés craignent les implications électorales. J’espère qu’en comprenant qu’il y a un soutien public immense, le soutien public de nos représentants élus s’affirmera également ».

La Gay Pride 2017 de Tel Aviv, le 9 juin 2017. (Crédit : ⁠⁠⁠Miriam Hershlag/Times of Israël)

En Israël, même si le mariage gay n’est pas techniquement illégal, il n’existe aucune institution autorisée à le prendre en charge. Dans un système hérité de l’époque ottomane, il n’est possible de se marier en Israël qu’à travers des institutions religieuses : les couples Juifs par le biais du Grand rabbinat, qui refuse le mariage homosexuel, et les chrétiens, les druzes et les musulmans via leurs systèmes légaux religieux, sanctionnés et financés par l’Etat.

Une enquête similaire s’était intéressée au sujet l’année dernière, avec toutefois un échantillon de sondés et des questions différentes, et avait révélé qu’un record absolu de 79 % d’Israéliens soutenaient le mariage homosexuel ou les unions civiles.

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