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Une militante musulmane américaine poursuit ses attaques contre les « sionistes »

Zahra Billoo affirme qu'elle se trouve "au milieu d'un assaut sioniste prolongé" après les critiques qu'elle a formulées sur les organisations juives américaines

Zahra Billoo lors d'un discours, le 27 novembre 2021. (Capture d'écran/YouTube)
Zahra Billoo lors d'un discours, le 27 novembre 2021. (Capture d'écran/YouTube)

JTA – Une leader musulmane des droits civiques, qui avait suscité l’indignation lorsqu’elle a déclaré que les « sionistes polis » comme les fédérations juives « ne sont pas vos amis », a persisté dans sa critique des « sionistes » lorsqu’elle a annoncé son prochain congé sabbatique.

« Je suis toujours au milieu d’un assaut sioniste prolongé », a écrit Zahra Billoo, directrice du bureau de San Francisco du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), dans un post publié sur Facebook dimanche. Elle pense qu’il existe une « campagne islamophobe et pro-israélienne » visant à « placer des taupes dans notre organisation et dans d’autres ».

Le directeur de l’Anti-Defamation League (ADL), Jonathan Greenblatt, a critiqué le post sur Twitter lundi, affirmant que les mots de Billoo « associent le sionisme à l’islamophobie. »

Dans un discours prononcé le 27 novembre devant un groupe pro-palestinien, Billoo a désigné l’ADL, les fédérations juives, les « synagogues sionistes » et Hillel comme des organisations qui pratiquent cette forme insidieuse de sionisme « poli ».

Jonathan Greenblatt, chef de l’Anti-Defamation League, s’exprimant à l’hôtel Grand Hyatt à New York, le 2 octobre 2015. (Leigh Vogel/Getty Images pour le Concordia Summit)

« Ils accepteront votre amitié et jetteront vos frères et sœurs palestiniens sous le bus », a-t-elle déclaré.

Tout en notant que les groupes cités avaient soutenu la communauté musulmane sur des questions telles que l’interdiction de l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane proposée par l’ancien président américain Donald Trump, elle a néanmoins conclu : « Ce ne sont pas vos amis. »

M. Greenblatt a qualifié ces remarques de « déchets antisémites conspirationnistes classiques… cela ressemble à ce que l’on pourrait attendre de la part des suprématistes blancs ».

Le bureau du Jewish Community Relations Council (JCRC) basé à San Francisco et d’autres groupes juifs ont également condamné les commentaires de Billoo.

Zahra Billoo faisait partie des 17 nouveaux membres de la direction du mouvement Women’s March aux États-Unis. (Crédit : Women’s March via JTA)

En réponse, le CAIR a défendu Billoo, affirmant que Greenblatt utilisait « de fausses allégations d’antisémitisme pour salir les musulmans – surtout les femmes musulmanes, pour une raison quelconque – qui contestent le soutien à l’apartheid israélien. Et votre malhonnêteté sape la lutte contre le véritable antisémitisme ».

Le congé sabbatique de Billoo ne semble pas être lié à cette controverse. Dans sa publication Facebook dimanche, Billoo a déclaré qu’elle préconisait depuis un certain temps que le personnel prenne des congés sabbatiques et qu’elle était prête à en lancer un lorsque la pandémie a éclaté. « Notre organisation et notre communauté avaient plus que jamais besoin de nous », a-t-elle écrit.

En 2019, Billoo a été retirée du conseil d’administration de la Women’s March [Marche des femmes] après seulement deux jours. Elle avait, dans des déclarations passées, comparé l’armée israélienne au groupe terroriste État islamique.

Bien que le CAIR défende principalement les musulmans, il note et dénonce occasionnellement les attaques antisémites à travers les États-Unis.

Mardi, le groupe a ainsi condamné la distribution de tracts antisémites dans l’Idaho et dans le Maryland, et a également rappelé sa condamnation antérieure d’incidents similaires en Californie et en Caroline du Nord.

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