Une militante musulmane dément avoir tweeté une « liste de cibles » juives
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Une militante musulmane dément avoir tweeté une « liste de cibles » juives

Sihame Assbague a publié 8 noms associés à un GIF de 'Game of Thrones' où le personnage fait la liste des personnes qu'elle veut tuer ; elle dit plaisanter avec l' "islamophobie"

La journaliste et militante Sihame Assbague, le 4 novembre 2017 (Capture d'écran :  YouTube)
La journaliste et militante Sihame Assbague, le 4 novembre 2017 (Capture d'écran : YouTube)

Une militante française musulmane a nié jeudi avoir posté une « liste de cibles » de groupes et d’individus juifs dans un tweet où elle faisait en même temps référence à un personnage populaire de la télévision.

Sihame Assbague avait posté, la semaine dernière, une liste d’individus et de groupes, accompagnés par un GIF d’un personnage de la série « Games of Thrones », dans une scène où ce dernier fait la liste des personnes qu’il a l’intention d’assassiner.

Parmi les noms, le CRIF, organisation-cadre des communautés juives françaises ; le politicien socialiste juif Julien Dray; l’ancien Premier ministre Manuel Valls — partisan d’Israël, dont l’ex-épouse et les enfants sont Juifs – ainsi que l’homme politique de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pas Juif.

Mais Assbague a expliqué jeudi au Times of Israel que son post « n’est absolument pas » une « liste de cibles » et qu’il s’agit d’une référence, sous forme de plaisanterie, à un meme utilisé par un grand nombre d’utilisateurs en ligne pour indiquer « les gens ou les choses qui les ont contrariés ». Elle a ajouté que sur sa liste, il y avait des personnalités ou des organismes qui « s’étaient distingués par leur islamophobie ».

Le tweet d’Assbague – que le groupe de défense des droits civils de la LICRA a souvent accusé de propager des idées racistes sur les Juifs – a entraîné rapidement une réponse du compte officiel d’Al Kanz, l’un des sites internet musulmans les plus lus en France, sur Twitter.

Al Kanz, dans sa réponse, a ajouté neuf autres noms, notamment les philosophes juifs Raphael Enthoven et Alain Finkielkraut; l’historien français et juif Eric Zemour; la journaliste juive Elisabeth Levy et plusieurs autres personnalités critiques de l’Islam et de l’Islam radical.

Enthoven a écrit sur le même réseau social que ces listes s’apparentaient à des « discours de haine » et il a exprimé sa « solidarité avec les autres cibles ».

Sur le compte d’Al Kanz, un porte-parole a nié, dans un contexte de vive vaste indignation face à ces listes, qu’elles aient été funestes de quelque sorte que ce soit, évoquant une tentative de faire de l’humour. Un message ultérieur a indiqué que la condamnation d’Enthoven avait exposé le journal à un harcèlement en ligne de la part des Juifs.

Alors que la controverse s’est déployée, Al Kanz a une fois encore écrit sur la liste originale d’Assbague : « Qu’ils vivent plus que centenaires et en excellente santé. Et nous avec ».

Assbague a expliqué que cette liste était une référence de « culture populaire » à son mécontentement concernant le traitement de la militante musulmane française Maryam Pougetoux qui, a-t-elle dit, a été « traînée dans la boue » pour avoir porté le voile durant une interview accordée à la télévision nationale.

Elle a expliqué que « certaines organisations et personnalités politiques, connues pour leur furie à l’encontre des militants musulmans, m’ont accusée d’avoir établi une liste de Juifs à tuer et d’incitation au meurtre. Et maintenant ces accusations scandaleuses se propagent dans les médias juifs ».

« C’est une honte. La seule raison pour laquelle les gens sont nommés ici dans mon tweet, c’est qu’ils refusent aux femmes musulmanes le droit de rejoindre le débat public avec leurs voiles ou de s’exprimer… C’est leur point commun ».

Elle a clamé qu’Enthoven et le militant Laurent Bouvet, qui « ont commencé cette campagne contre moi et Al kanz… ont passé pas mal de leur temps à identifier les ‘bons’ et les ‘mauvais’ musulmans, diffamant, faisant se propager des accusations fallacieuses et scandaleuses ».

« Et maintenant, ils osent transformer un tweet drôle, ironique et imagé en un appel au meurtre ».

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