Rechercher

Une pétition « contre le BDS en France » dépasse les 6 000 signataires

Lancée sur la plateforme Change, elle est destinée au nouveau ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et à la ministre de la Justice Nicole Belloubet

Manifestation pour la "séparation du CRIF et de l'Etat" et pour le boycott d'Israël sur la place du Châtelet, à Paris, le 1er avril 2017. (Crédit : Thomas Samson/AFP)
Manifestation pour la "séparation du CRIF et de l'Etat" et pour le boycott d'Israël sur la place du Châtelet, à Paris, le 1er avril 2017. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Une pétition pour « l’interdiction du BDS en France » lancée sur la plateforme Change a réuni plus de 6 000 signatures en 3 jours.

Son objectif est d’obtenir 7 500 signatures.

Lancé par un utilisateur sous pseudonyme – Wikipédisraël – elle est adressée à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, et au nouveau ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

« Alors que le Premier ministre, Monsieur Edouard Philippe, s’est ‘alarmé’ de la recrudescence (+69 %) des actes antisémites en France, rappelle le texte de la pétition, le BDS s’apprête à lancer une campagne d’actions anti-israéliennes couplée de calomnies antisémites et d’appels à la haine de l’Etat juif, lors de la venue de la gagnante de l’Eurovision 2018, Netta Barzilai, pour une série de concerts en France ».

« Il est temps de déclarer le BDS illégal comme le stipule déjà la loi française, poursuit le texte de la pétition. La loi de 1881 sur la presse punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende la provocation publique à la discrimination et le code pénal (article 225-2) qui précise qu’’entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque’ est bien une discrimination. Disposition confirmée le 15 mai 2012 par la CRIM-AP no 2012-0034-A4 ».

L’illégalité du BDS se fonde sur une jurisprudence qui perçoit le BDS comme discriminatoire, et une loi de 2003 étendant la législation anti-raciste à l’encouragement de la discrimination, y compris aux boycotts, contre des pays ou leurs citoyens

Dans une déclaration publiée sur son compte Facebook, le Premier ministre s’est inquiété qu’après deux années de baisse, les actes antisémites en France sont en très forte hausse sur les neuf premiers mois de 2018.

Ces chiffres ne sont « pas une surprise », avait réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, interrogé sur LCI. « L’antisémitisme est profondément ancré dans notre pays (…) Nous atteignons des niveaux qui vont devenir insupportables », avait-il estimé, en appelant à traiter ce phénomène de manière spécifique.

« On ne peut plus aller de plan en plan pour lutter contre l’antisémitisme, parce que nous constatons que ces plans qui se succèdent n’arrivent pas à résorber ce cancer qui gangrène notre société », avait-il déploré.

Francis Kalifat avait appelé les autorités à traiter « l’antisémitisme de façon individuelle, (…) pas comme la lutte contre l’ensemble des haines ».

Francis Kalifat, président du Crif. (Crédit : Capture d’écran LCI)

Après une année 2015 record, les actes antisémites avaient nettement reculé en 2016 (-58 %). La décrue s’était poursuivie en 2017 (-7 %), avec 311 actes répertoriés, même si elle masquait une augmentation des actes violents visant les Juifs.

Pour de nombreuses personnalités, l’antisionisme véhiculé par le mouvement BDS est le terreau d’un antisémitisme virulent.

En juillet 2017, Emmanuel Macron avait déclaré lors de la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’ en présence de Benjamin Netanyahu Premier ministre d’Israël qu’il ne « céderait rien à l’anti-sionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme »,

« Nous ne céderons rien aux messages de haine, nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », avait alors déclaré dit le chef de l’Etat, suscitant les applaudissements de l’assistance.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...