Une rue de Paris va porter le nom de Sarah Halimi, annonce Anne Hidalgo
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Une rue de Paris va porter le nom de Sarah Halimi, annonce Anne Hidalgo

"Ce crime doit être jugé. Je pense qu'il faut une nouvelle loi et que cette loi s'appelle Sarah Halimi", a affirmé l'édile qui a été largement huée au Trocadéro

Anne Hidalgo, maire de Paris, a reçu le prix de la "diplomate verte de l'année", décerné par le magazine Foreign Policy, récompensant son action écologique et climatique, à Washington, le 17 novembre 2016. (Crédit : AFP/Zach Gibson)
Anne Hidalgo, maire de Paris, a reçu le prix de la "diplomate verte de l'année", décerné par le magazine Foreign Policy, récompensant son action écologique et climatique, à Washington, le 17 novembre 2016. (Crédit : AFP/Zach Gibson)

La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a annoncé dimanche qu’une rue de la capitale porterait le nom de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, à l’occasion d’un rassemblement sur la place du Trocadéro à Paris contre l’absence de procès dans cette affaire.

« Une rue portera le nom de Sarah Halimi à Paris, c’est un projet sur lequel nous allons travailler évidemment avec la famille, mais le nom de Sarah figurera dans nos rues parisiennes », a déclaré l’édile sur BFMTV.

« Ça sera aussi une façon de lui rendre justice, pas de lui rendre la vie, mais de lui rendre justice », a-t-elle ajouté.

« Ce crime doit être jugé. Je pense qu’il faut une nouvelle loi et que cette loi s’appelle Sarah Halimi », a-t-elle affirmé.

La maire de Paris, qui a été largement huée lors de son allocution, a souligné que « l’antisémitisme c’est une peste, c’est un fléau qui mine les fondements de notre République » et qu’il fallait que les « personnes en responsabilité portent ce message avec détermination ».

Mario Stasi, nouveau président de la LICRA, parmi les adhérents assistant aux débats des Universités d’Automne, au Havre, en octobre 2017. (Crédit : autorisation Le Droit de Vivre – LICRA)

Le président de la Licra (Ligue internationale contre la racisme et l’antisémitisme) Mario Stasi avait demandé qu’une rue de Paris porte le nom de Sarah Halimi, après la décision de la Cour de Cassation.

Le 14 avril, cette Cour avait confirmé l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris. Tout en entérinant le caractère antisémite du crime, la plus haute juridiction judiciaire avait confirmé l’abolition du discernement du meurtrier, pris d’une « bouffée délirante » lors des faits, selon des experts consultés.

Si, pendant l’enquête, sept experts psychiatriques ont tous conclu à une « bouffée délirante », probablement provoquée ou aggravée par sa forte consommation de cannabis, l’un d’eux s’était démarqué sur les conséquences juridiques à en tirer.

L’expert Daniel Zagury suggérait en effet de retenir « l’altération du discernement », invoquant une « intoxication chronique volontaire » dont Kobili Traoré ne pouvait ignorer les dangers.

Les magistrats de la cour d’appel ne l’avaient pas suivi et avaient déclaré le meurtrier irresponsable pénalement, tout en retenant que les charges étaient suffisantes pour des poursuites pour meurtre avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme.

Sur ce dernier point, ils avaient suivi les explications du Dr. Zagury sur la dimension antisémite du geste de Kobili Traoré, pris d’un « délire persécutif polymorphe, à thématique mystique et démonopathique ».

« Dans le bouleversement délirant, le simple préjugé ou la représentation banale partagée se sont transformées en conviction absolue », avait expliqué l’expert dans son rapport. Après un débat public, la cour d’appel de Paris, le 19 décembre 2019, avait déclaré Kobili Traoré irresponsable pénalement, et ordonné son hospitalisation assortie de mesures de sûreté pour 20 ans.

Cette décision a suscité une vive émotion et une très forte incompréhension au sein d’une partie de la communauté juive française et poussé Emmanuel Macron à réclamer « un changement de la loi ».

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche en France et notamment à Paris, à l’appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive, pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) s’est insurgé dimanche contre « la mise en cause » de la justice dans deux affaires « douloureuses », en référence à la contestation de l’arrêt de la Cour de cassation dans le dossier Sarah Halimi et du verdict au procès de Viry-Châtillon.

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