Une start-up israélienne autorisée par la NASA à entrer dans l’aventure spatiale
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Une start-up israélienne autorisée par la NASA à entrer dans l’aventure spatiale

StoreDot prévoit de tester sa technologie de batterie à rechargement rapide à bord de la Station spatiale internationale, en utilisant l'apesanteur

Une image de la Station spatiale internationale. (Crédit : Andrey Armyagov Dreamstime)
Une image de la Station spatiale internationale. (Crédit : Andrey Armyagov Dreamstime)

StoreDot, fabricant d’une technologie de batterie à recharge rapide pour les véhicules électriques, a déclaré que la NASA avait donné son approbation à ce que la start-up qualifie de « premier programme de recherche et développement spatial », un programme qui sera consacré à ses nouveaux équipements.

Cette expérimentation figure parmi un nombre choisi de projets de recherche sélectionnés qui seront réalisés à bord de la Station spatiale internationale dans le cadre de la mission Rakia. Soutenu par le ministère israélien des Sciences et des technologies et par la Ramon Foundation, le programme Rakia (« ciel » en hébreu) entre dans le cadre d’Axiom Space Ax-1, la première mission 100 % privée de l’ISS.

Dans le cadre de cette mission, Eytan Stibbe partira pour la Station spatiale internationale à bord de la capsule SpaceX Dragon l’année prochaine, devenant ainsi le deuxième Israélien à faire le voyage vers l’espace. A bord, il entreprendra 200 heures de projets scientifiques et de travail éducatif, avec notamment une série de cours en direct qui seront donnés aux écoliers israéliens.

La Ramon Foundation et le ministère des Sciences et des technologies ont annoncé, mercredi, la nature des expériences qui pourraient être réalisées par l’astronaute israélien Eytan Stibbe dans la cadre de la mission – un grand nombre d’entre elles doivent encore obtenir l’approbation de la NASA. Ces projets portent sur un large spectre de disciplines scientifiques et technologiques – rayonnement, étude du génome, immunologie, fonctionnement neurologique, communication quantique, astrophysique, technologies agricoles, communications, optique, ophtalmologie, équipements médicaux et recherche sur les maladies.

A bord de l’ISS, la technologie de rechargement extrême (XFC) de StoreDot subira, pendant deux semaines, des examens rigoureux en condition d’apesanteur.

Doron Myerdorf, cofindateur et directeur général de StoreDot (Autorisation)

« Nous avons en quelque sorte épuisé les pistes de recherches pour nos nouveaux matériaux sur Terre », explique le directeur-général de StoreDot, Doron Myersdorf, dans un entretien. « Nous tentons de déterminer si nous pouvons accélérer nos avancées dans des conditions d’apesanteur ».

Start-up fondée en 2012, StoreDot, dont le siège est à Tel Aviv, a développé une technologie de batterie lithium-ion, en utilisant des nanomatériaux et des composantes organiques et inorganiques qui permettent une recharge ultra-rapide pour les marchés mobiles et industriels. Le processus redéfinit la chimie des batteries lithium-ion conventionnelles, faisant passer le temps de recharge des véhicules électriques de quelques heures à quelques minutes.

Cette avancée est obtenue essentiellement en remplaçant le graphite de l’anode de la pile par des nanoparticules métalloïdes – comme le silicone – pour régler des problèmes majeurs qui apparaissent en termes de sûreté, de cycle de vie et de gonflement de la batterie pendant le processus de charge.

Une partie du défi qui se présente lors de la création de batteries innovantes est de déterminer ce qu’il se passe à l’intérieur des chargeurs. Pour pouvoir isoler et identifier les processus chimiques, les piles des batteries doivent être testées dans des conditions extrêmes : Froid glacial ou forte chaleur, bas niveau d’oxygène, et autres scénarios permettant de « passer au crible les différentes possibilités de dégradation de la batterie », continue le directeur-général.

L’expérimentation sur la recharge rapide dans l’espace est une première, poursuit-il, et ces tests pourraient aider à isoler les défaillances et les mécanismes de dégradation qui ne surviennent pas sur Terre.

Au cours d’une expérimentation spécialement imaginée et autonome, les piles de la batterie XFC à l’anode en silicone subiront des centaines de cycle de charge et de décharge dont les résultats seront collectés par un ordinateur, au sein d’une unité fermée. Une fois que les données issues de l’expérience reviendront sur la Terre, l’équipe scientifique de StoreDot les analysera en profondeur et examinera la batterie elle-même pour noter les changements physiques ou chimiques qui ont eu lieu pendant les tests.

StoreDot va utiliser cette expérience en particulier pour en savoir davantage sur les réactions chimiques qui amènent le silicone à s’élargir pendant la recharge rapide. Ce qui pourra être fait en utilisant les conditions d’apesanteur pour identifier les irrégularités sur la surface en silicone de l’anode.

Des prototypes de batterie StoreDot (Autorisation)

Les conclusions de la recherche seront incorporées dans les premiers prototypes de la batterie XFC à l’anode en silicone pour les véhicules électriques, qui seront prêts à être testés d’ici la fin de l’année 2022, a fait savoir l’entreprise.

Mayersdorf déclare qu’il ne s’attend pas à des percées majeures suite à cette première expérimentation dans l’espace mais qu’il espère pouvoir développer une méthodologie de tests à la fois sur la Terre et en apesanteur, disant que la comparaison des résultats sera « innovante » et qu’elle aura des répercussions qui iront bien au-delà de sa seule industrie.

« Comme c’est quelque chose qui n’a jamais été fait auparavant, il est difficile de savoir exactement ce qui va être découvert mais la méthodologie d’analyse des réactions dans l’espace présente un potentiel énorme et elle nous permettra de découvrir des choses qui ne peuvent tout simplement pas être découvertes sur Terre », précise Myersdorf.

En 2019, la compagnie, qui compte BP, Daimler, TDK et Samsung Ventures parmi ses partenaires stratégiques, avait utilisé un petit format de sa technologie XFC pour faire la démonstration de la toute première recharge directe dans le monde d’un véhicule électrique à deux roues en seulement cinq minutes. Un autre tournant a été emprunté par la start-up au mois de janvier 2021, lorsque StoreDot a lancé ses prototypes de batterie.

Se référant à l’expérimentation de StoreDot qui va être réalisée avec le soutien de l’Israel Electric Corporation, la Ramon Foundation et le ministère israélien des Sciences et des technologies ont déclaré dans un communiqué que « les conclusions inestimables qui seront tirées de l’expérimentation pourraient entraîner une recharge rapide des batteries installées dans la majorité des dispositifs électriques et électroniques – notamment dans les montres, les ordinateurs et les véhicules électroniques ainsi que des les structures de stockage de l’énergie, qui sont au cœur de l’avenir du secteur de l’électricité ».

Une porte-parole de la Ramon Foundation a confirmé que la proposition faite par StoreDot avait été choisie par la NASA. Le financement nécessaire pour l’intégration du projet dans la mission doit encore être collecté, a-t-elle précisé.

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