En dépit d’une loi l’interdisant, une ville d’Espagne vote le boycott d’Israël
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En dépit d’une loi l’interdisant, une ville d’Espagne vote le boycott d’Israël

Une commune près de Valence se joint officiellement à la campagne du BDS, malgré la décision d'une haute cour jugeant que la décision d'une autre ville était inconstitutionnelle

Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Défiant les multiples décisions en Espagne qui ont déclaré le boycott d’Israël illégal, une municipalité près de Valence s’est déclarée « espace sans apartheid israélien ».

Le conseil municipal de Sagunto, une ville de 64 000 habitants, a adopté une motion se déclarant partie intégrante de la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël, a déclaré jeudi le groupe pro-Israël de l’ACOM à Madrid. L’ACOM a déclaré qu’elle préparait une action en justice.

Par ailleurs, la Haute Cour de justice des Asturies, dans le nord de l’Espagne, a statué la semaine dernière que la politique de boycott d’Israël menée par un autre conseil municipal était inconstitutionnelle. Le conseil municipal de Castrillon a adopté une motion en août pour boycotter Israël, les entreprises israéliennes et les entreprises faisant des affaires avec Israël. Un tribunal régional a suspendu la requête et la Haute Cour l’a annulée, la déclarant discriminatoire, a déclaré l’organisation Lawfare Project.

Ces dernières années, une cinquantaine de municipalités espagnoles ont adopté des résolutions en faveur du BDS – plus que dans n’importe quel autre pays européen.

Le Lawfare Project et l’ACOM ont combattu des dizaines de votes de boycott contre Israël devant les tribunaux et lors de pourparlers avec les institutions concernées. Les militants pro-israéliens ont obtenu des dizaines de décisions, y compris de la part des cours suprêmes, ainsi que des avis juridiques et des injonctions contre le BDS en Espagne, dont la jurisprudence de ces dernières années est que le BDS est une forme de discrimination.

La semaine dernière, une motion promue par les factions du parti d’extrême gauche Podemos au conseil municipal de Valence, troisième ville d’Espagne et ville portuaire de l’Est, a été adoptée, déclarant le boycott d’Israël et de Valence « zone exempte d’apartheid israélien ».

En mai, l’Etat de Navarre a officiellement rejoint le mouvement BDS, et a appelé le gouvernement espagnol à « suspendre ses relations avec Israël jusqu’à ce que ce pays cesse sa politique de répression criminelle à l’encontre de la population palestinienne ».

Les tribunaux espagnols, y compris la Cour suprême du pays dans trois de ses décisions, ont annulé un total de 17 motions de boycott adoptées par les municipalités. Sept autres municipalités ont volontairement abandonné leurs motions de boycott sous la menace de poursuites judiciaires par ACOM.

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