Université Paris-13: un étudiant exclu après une plainte pour antisémitisme
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Université Paris-13: un étudiant exclu après une plainte pour antisémitisme

Une jeune étudiante en médecine avait porté plainte pour harcèlement à caractère antisémite de la part d'un groupe d'élèves, lors de la préparation d'un week-end d'intégration

Entrée de la faculté de médecine de Créteil en 2012 (Crédit: capture d'écran facdemedecinecreteil/Youtube)
Entrée de la faculté de médecine de Créteil en 2012 (Crédit: capture d'écran facdemedecinecreteil/Youtube)

Un étudiant de l’université Paris-13 (Seine-Saint-Denis) a été exclu après la plainte d’une élève en médecine, qui accuse plusieurs étudiants d’avoir tenu des propos antisémites à son égard, a-t-on appris auprès de la faculté.

L’étudiant a été exclu le 8 février par la section disciplinaire de l’université pour « un an, dont deux mois ferme », a précisé Paris-13 dans un communiqué. Sept autres étudiants et étudiantes, également mis en cause par cette élève, ont eux été « relaxés ».

La jeune fille, étudiante en deuxième année de médecine sur le campus de Bobigny, avait porté plainte en octobre 2018, assurant avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves, notamment lors de la préparation d’un week-end d’intégration.

Alertée, la présidence de l’université, installée sur plusieurs sites en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise, avait saisi la section disciplinaire, ainsi que le procureur. La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait dénoncé des faits « profondément inacceptables ».

En janvier, le parquet de Bobigny a classé sans suite la plainte de la jeune fille, pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Son avocat, Me Antonin Péchard, a dit à l’AFP avoir déposé une nouvelle plainte pour tenter d’obtenir l’ouverture d’une enquête par un juge d’instruction.

Depuis octobre, cette situation a donné lieu « à un grand nombre de spéculations et déclarations publiques excessives ou prématurées et aux exagérations les plus violentes sur les réseaux sociaux », regrette l’université dans son communiqué. Elle appelle « la communauté universitaire dans son ensemble à redoubler d’efforts et d’actions concrètes, de même qu’à poursuivre un inlassable examen de conscience sur les questions de discrimination, de racisme et d’antisémitisme ».

La décision de la section disciplinaire intervient alors que fin janvier, le cours d’un intervenant, Elie Hatem, a été interrompu par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

« Notre démarche a été d’alerter les étudiants sur le fait qu’ils avaient un professeur (…) qui tient des propos racistes », a expliqué à l’AFP le président de l’UEJF, Sacha Ghozlan, intervenu au mégaphone lors de ce cours sur le campus de Bobigny.

Elie Hatem, ancien membre du mouvement royaliste Action Française, « a participé à beaucoup de conférences ces derniers mois, des conférences où il rend hommage à Pétain, où il appelle à appliquer intégralement les théories de Charles Maurras, donc des propos assez virulents », a ajouté Sacha Ghozlan.

L’UEJF, qui demande « l’exclusion définitive » d’Elie Hatem, précise avoir envoyé un courrier au président de la faculté, à la ministre de l’Enseignement supérieur, à la Conférence des présidents d’université (CPU) et à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH). Sollicitée par l’AFP, la présidence de Paris-13 n’a pas souhaité réagir pour l’heure.

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