US : Adoption d’un projet de loi incluant des fonds pour les liens sécuritaires avec Israël
Les démocrates progressistes de la Chambre des représentants n'ont pas réussi à bloquer le cadre budgétaire, qui est désormais transmis au Sénat pour approbation
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La Chambre des représentants des États-Unis a adopté à une faible majorité, dans la journée de mercredi, sa version d’un vaste projet de loi consacré à la politique de Défense – malgré les inquiétudes des Démocrates face à son coût exorbitant, face à la guerre en Iran et face à l’inclusion d’une clause qui vise spécifiquement à renforcer les liens entre le Pentagone et Israël.
La loi de finances de la Défense nationale (National Defense Authorization Act, ou NDAA) pour l’exercice 2027 – qui autorise une enveloppe militaire sans précédent de 1 150 milliards de dollars – a été adoptée par la Chambre par 216 voix contre 212.
Tous les Républicains, sauf sept, ont voté en faveur de la législation et tous les Démocrates, à l’exception de six, ont voté contre.
La NDAA comprend plusieurs dispositions qui allouent, en tout, 750 millions de dollars à des projets militaires conjoints entre les États-Unis et Israël.
Ces fonds comprennent « 500 millions de dollars pour la défense antimissile, 100 millions de dollars pour la lutte contre les systèmes sans pilote, 100 millions de dollars pour les opérations souterraines et 50 millions de dollars pour les technologies émergentes. Le projet de loi prolonge également le mandat de la War Reserves Stockpile Authority–Israel », a fait savoir l’AIPAC dans un communiqué.
« Nous saluons l’inclusion d’une nouvelle disposition qui contribuera à assurer la sécurité des États-Unis et à renforcer nos capacités stratégiques : l’Initiative de coopération en matière de technologies de Défense entre les États-Unis et Israël. Cette dernière autorise le Pentagone à collaborer encore plus étroitement avec Israël dans les domaines stratégiques qui définiront la guerre du 21e siècle, garantissant ainsi aux soldats américains de maintenir un avantage accru sur nos adversaires », a ajouté l’AIPAC.
Les Démocrates progressistes ont bien tenté de s’opposer à cette disposition qui renforce la coopération en matière de sécurité entre Israël et les États-Unis, affirmant à tort qu’elle entraînera une intégration des services de renseignement des deux pays. Une tentative qui a finalement échoué.
La semaine dernière, près de la moitié des Démocrates de la Chambre des représentants avaient voté en faveur d’une mesure visant à suspendre toute aide militaire à Israël – reflétant la rupture croissante entre le parti et Israël. Les Démocrates de l’aile gauche du parti insistent sur la nécessité de mettre un terme à l’aide militaire américaine à Israël dans le cadre des campagnes pour les Primaires, en vue des élections de la mi-mandat – tandis que l’aile traditionnelle souhaite limiter cette aide aux seuls armements défensifs.
Le projet qui a été adopté mercredi prévoit également 73 milliards de dollars qui seront destinés aux forces armées et aux services de renseignement, notamment pour financer les opérations liées à la guerre contre l’Iran, ainsi que 12 milliards de dollars d’aide aux agriculteurs qui ont été touchés par la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump.
Une enveloppe supplémentaire de 10 milliards de dollars sera consacrée à des programmes relatifs aux élections dans le cadre de la campagne qui a été lancée par Trump en faveur de l’adoption de nouvelles restrictions électorales à l’échelle nationale alors que son projet de loi plus largement, le « SAVE America Act », ne bénéficie pas d’un soutien suffisant pour aboutir.
Les Démocrates se sont également opposés aux sommes considérables qui ont été allouées au Pentagone, alors même que le président américain Donald Trump et les Républicains, de manière plus générale, réduisent drastiquement les dépenses consacrées aux programmes sociaux.
Ils rejettent également la guerre en cours contre l’Iran, une guerre profondément impopulaire qui, selon le Pentagone, a coûté jusqu’à présent 37,5 milliards de dollars aux États-Unis.
Cette enveloppe budgétaire représente la dernière initiative législative majeure en date à avoir été prise par le parti Républicain avant les élections de la mi-mandat qui doivent avoir lieu au mois de novembre – un scrutin dont l’issue déterminera si le parti conservera sa majorité au congrès et continuera ainsi à façonner le reste du second mandat de Trump.
Si elle est approuvée par le Sénat, cette ébauche, qui n’est pour l’instant qu’un cadre budgétaire, permettra aux Républicains de la Chambre des représentants de rédiger un projet de loi détaillé avant la fin de la période estivale.
L’objectif sera alors de tenter de la faire adopter au Sénat à la majorité simple en recourant à une procédure budgétaire accélérée, contournant ainsi le seuil habituel des 60 voix et l’opposition des Démocrates.
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a expliqué que le texte qui a été approuvé mercredi « place les Républicains du congrès sur la voie de la réalisation de deux objectifs fondamentalement simples et déterminants : sécuriser les élections américaines et renforcer notre sécurité intérieure ».
Le président de la commission du budget de la Chambre des représentants, Jodey Arrington, représentant Républicain du Texas, a indiqué lors du débat qui a eu lieu à la Chambre que ces fonds serviront à « soutenir nos soldats quand ils en ont besoin : simplement pour assurer leur préparation de base au combat, pour leur fournir des balles et des bombes afin qu’ils puissent mener à bien leur mission et afin qu’ils puissent rentrer chez eux sains et saufs, victorieux ».
La députée Démocrate Rosa DeLauro a, de son côté, dénoncé un projet qui permettra à Trump de financer la poursuite de sa guerre contre l’Iran.
« Le peuple américain ne veut pas de nouvelles guerres au Moyen-Orient, des guerres indéterminées, sans objectif, coûteuses et meurtrières. Il souhaite que le prix des produits de première nécessité, qu’il s’agisse de la nourriture, du logement, des soins de santé, de la garde d’enfants et de l’essence, baisse », a-t-elle commenté.
Le député de Pennsylvanie, Brendan Boyle, – le représentant Démocrate le plus éminent au sein de la commission budgétaire – a appelé au rejet du projet de loi, affirmant qu’il alourdira le déficit public de près de 100 milliards de dollars à un moment où la dette nationale file à toute allure vers les 40 000 milliards de dollars.
« Rien pour faire baisser le prix de l’essence. Rien pour faire baisser le prix des denrées alimentaires… juste davantage de dépenses consacrées à la guerre la plus impopulaire de toute l’Histoire des États-Unis », a regretté Boyle.
Le Comité pour un budget responsable, une organisation non-partisane, a averti que le coût de 95 milliards de dollars qui est prévu dans le projet de budget Républicain grimperait en réalité à 130 milliards de dollars une fois que les intérêts sur les emprunts auront été pris en compte.
Il a également souligné qu’avec ce troisième projet de loi de financement exceptionnel, qui a été adopté selon une procédure dite de « réconciliation », il a été demandé aux députés de « tolérer des lacunes » en leur promettant que de futures lois réduiraient le déficit. Ce qui ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent.
la Communauté du Times of Israël !







