Rechercher

USA : Le sommet irakien prônant les liens avec Israël fait des vagues

Le porte-parole de la coalition militaire contre l'État islamique, dirigée par les États-Unis, dit tout ignorer de la conférence et prendre ses distances face aux participants

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des Irakiens lors de la conférence de paix organisée par le think-tank CPC (Center for Peace Communications) à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan en Irak, le 24 septembre 2021. Crédit : Safin HAMED / AFP)
Des Irakiens lors de la conférence de paix organisée par le think-tank CPC (Center for Peace Communications) à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan en Irak, le 24 septembre 2021. Crédit : Safin HAMED / AFP)

NEW YORK — Un porte-parole de la coalition chargée de combattre l’État islamique, qui est dirigée par les États-Unis, a pris ses distances, dimanche, face à une récente conférence qui a eu lieu en Irak et au cours de laquelle environ 300 responsables locaux ont dit soutenir la normalisation avec l’État juif.

« [La coalition internationale pour l’Opération Inherent Resolve] vient tout juste de prendre connaissance des annonces faites par le gouvernement irakien et le gouvernement régional du Kurdistan concernant la récente conférence qui a eu lieu à Erbil pour discuter de la normalisation des liens avec Israël. La Coalition globale ignorait tout de cet événement et nous ne sommes aucunement affiliés à ceux qui y ont participé », a écrit le colonel Wayne Marotto sur Twitter.

« [La Coalition] reste déterminée dans son soutien à la mission contre Daesh du gouvernement de l’Irak par le biais du conseil, de l’assistance et de l’aide apportée au niveau opérationnel des forces de sécurité irakiennes », a-t-il dit.

Ces publications sur Twitter ont été les premiers commentaires publics d’un responsable américain concernant cette rencontre de vendredi et ont semblé être une tentative d’apaiser la colère du gouvernement irakien, qui a rapidement condamné la conférence d’Erbil en affirmant qu’elle n’était pas représentative du point de vue de Bagdad sur la question.

Le gouvernement irakien est un allié essentiel de la coalition visant à vaincre l’EI.

L’administration Biden a été accusée par les Républicains de ne pas parvenir à développer les progrès initiés par l’administration Trump, qui avait négocié des accords de normalisation entre l’État juif et quatre pays arabes.

La Maison Blanche a insisté sur le fait que le renforcement et l’élargissement des Accords d’Abraham étaient une priorité et le secrétaire d’État Antony Bliken a organisé une cérémonie virtuelle, au début du mois, célébrant le tout premier anniversaire de la signature de ces accords de normalisation avec ses homologues israélien, émirati, bahreïni et marocain.

Le Times of Israel a demandé au département d’État si la déclaration faite par Marotto représentait le point de vue officiel de l’administration Biden sur l’événement qui a eu lieu à Erbil. Nous n’avions pas reçu de réponse au moment de l’écriture de cet article.

Lors de cette conférence qui a eu lieu vendredi dans la région du Kurdistan, plus de 300 participants irakiens ont appelé les responsables du pays à mettre un terme à l’état officiel de guerre contre Israël et à rejoindre les Accords d’Abraham.

Le rassemblement, qui a réuni des chefs de tribus chiites et sunnites, des activistes œuvrant pour la défense des droits sociaux et d’anciens commandants militaires, a été organisé par un think-tank, le CPC (Center for Peace Communications) dont le siège est à New York et qui cherche à faire avancer les liens entre les Israéliens et le monde arabe.

Ce sommet a entraîné un tollé médiatique en Irak. Le président Barham Salih a dénoncé une conférence « illégale » et a accusé les participants d’avoir tenté d’entraîner des agitations dans le pays.

Les autorités irakiennes ont déclaré dimanche avoir émis des mandats d’arrêt contre deux citoyens ayant pris part à ce sommet, ajoutant qu’ils arrêteraient de même l’ensemble des plus de 300 participants une fois que ces derniers auraient été formellement identifiés.

Ce rassemblement a eu lieu au Kurdistan irakien, une zone qui bénéficie d’un certain degré d’autonomie sous le système fédéral de l’Irak. Des responsables kurdes ont pu se rendre occasionnellement au sein de l’État juif comme des Israéliens ont pu également se rendre discrètement dans les régions kurdes.

Mais le gouvernement du Kurdistan a lui aussi pris ses distances face au sommet suite à la controverse, demandant que les factions irakiennes puissent aborder le sujet « plus calmement ».

Aaron Boxerman et Lazar Berman ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...