USA : un sénateur enquête sur le NSO Group israélien pour espionnage présumé
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USA : un sénateur enquête sur le NSO Group israélien pour espionnage présumé

Cette initiative prise par le sénateur démocrate de l'Oregon suit une plainte de WhatsApp pour abus ; les employés de NSO poursuivent Facebook qui a suspendu leurs comptes

Ron Wyden, sénateur et haut-membre de la commission des Finances du sénat américain, durant une audience au Capitole, à Washington, le 9 avril 2019 (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)
Ron Wyden, sénateur et haut-membre de la commission des Finances du sénat américain, durant une audience au Capitole, à Washington, le 9 avril 2019 (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

Un sénateur américain enquête sur les possibles actes de piratage contre des citoyens américains par différentes entreprises, et notamment le NSO Group, quelques semaines après le dépôt d’une plainte majeure de WhatsApp contre la firme de spyware israélienne, d’après des informations parues mardi.

Le mois dernier, le service de messagerie WhatsApp, propriété de Facebook, a porté plainte aux États-Unis contre le NSO Group, l’accusant d’utiliser cette plateforme de messagerie instantanée très populaire pour se livrer au cyber-espionnage de presque 1 400 journalistes, diplomates, dissidents et militants des droits humains dans le monde entier.

Reuters avait fait savoir, à l’époque, que de hauts responsables gouvernementaux et militaires d’environ 20 pays alliés des États-Unis avaient été pris pour cible, citant des sources proches de l’enquête interne de WhatsApp. Ils auraient compris notamment une personnalité éminente de l’opposition en Inde.

Selon Reuters, les victimes de cette campagne de piratage ont inclus des Américains, des Mexicains, des Bahreïnis, des Émiratis, des Pakistanais et des Indiens – mais il est impossible de dire pour le moment si les victimes comprennent des responsables gouvernementaux de ces pays.

Pour sa part, la firme israélienne a expliqué ne confier ses logiciels aux différents gouvernements que « dans la lutte contre le crime et contre le terrorisme ».

Une Israélienne utilise son iPhone en face du bâtiment abritant la firme de cybersécurité israélienne NSO Group, le 28 août 2016 Herzliya, à Tel Aviv. (Crédit : AFP Photo / Jack Guez)

« Si les entreprises de surveillance étrangères comme NSO aident leurs clients gouvernementaux étrangers à pirater ou à espionner des Américains – et tout particulièrement des employés du gouvernement ou des contractants – c’est un problème qui soulève des questions de sécurité nationale graves », a déclaré au Guardian le sénateur Ron Wyden de l’Oregon. « Je me penche sur ce sujet et je m’attends à m’exprimer davantage dans les semaines à venir ».

Ron Wyden, plus important démocrate siégeant à la commission des Finances du Sénat américain, a fait savoir au Guardian qu’il avait demandé au département du Commerce de tenir son bureau au courant de la mise en œuvre des réglementations qui interdiraient aux citoyens américains d’aider « les services de renseignement militaire étrangers » sans obtenir une autorisation au préalable, faisant apparemment référence au rôle de WhatsApp dans le programme mis en œuvre par NSO.

« Le Congrès a un rôle clair : celui de s’assurer que les Américains n’aident pas des gouvernements autoritaires à pirater ou à commettre d’autres actes similaires qui soulèvent des inquiétudes au niveau des droits humains », a-t-il continué.

Facebook a fait savoir, au mois d’octobre, qu’il avait demandé une injonction fédérale pour bloquer la capacité de NSO à utiliser WhatsApp. La plainte demandait également aux juges d’ordonner au NSO Group de mettre un terme à toutes ses attaques et réclamait des dommages et intérêts dont le montant n’a pas été précisé.

Pour leur part, les employés de la compagnie israélienne ont porté plainte contre Facebook devant la cour de district de Tel Aviv, clamant que le géant des réseaux sociaux avait suspendu leurs comptes Facebook et Instagram sans information ou explication préalables, ainsi que les comptes d’anciens employés et même de membres de leurs familles.

Ils déplorent une « sanction collective » de la part de Facebook et affirment que le réseau n’a pas répondu à leurs demandes répétées de débloquer les comptes suspendus, a indiqué la Douzième chaîne.

« Le blocage de nos comptes privés est une initiative nuisible et injuste prise par Facebook à notre encontre », affirment les employés. « De plus, le fait que nous sachions que nos données personnelles ont été recherchées et utilisées nous trouble beaucoup ».

Les icônes WhatsApp et Facebook sur un Smartphone, le 19 février 2014 (Crédit : AP/Patrick Sison)

Facebook a répondu à ces informations en disant que les piratages présumés réalisés par NSO « justifient la suspension des comptes concernés » et qu’elle « continue à être nécessaire pour des raisons de sécurité, notamment pour empêcher d’autres abus ».

Le NSO Group était devenu célèbre en 2016 quand des chercheurs l’avaient accusé d’aider à espionner un militant des Émirats arabes unis.

Son produit le plus connu est Pegasus, un outil hautement invasif qui serait capable d’activer la caméra et le micro d’un téléphone, et d’accéder aux données de l’appareil.

L’AFP a contribué à cet article.

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