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Violences routières : L’homme accusé d’avoir tué un automobiliste devant le tribunal

Le père de la victime et les députés arabes ont blâmé Ben Gvir qui a encouragé les civils à porter une arme ; le suspect, Dennis Mokin, a été accueilli aux cris "d'assassin"

Dennis Mokin, l'homme soupçonné d'avoir tué Diyar Umari pendant un acte de violences routières, devant la Cour des magistrats de Jérusalem, le 8 février 2023. (Crédit :  Fadi Amun/Flash90)
Dennis Mokin, l'homme soupçonné d'avoir tué Diyar Umari pendant un acte de violences routières, devant la Cour des magistrats de Jérusalem, le 8 février 2023. (Crédit : Fadi Amun/Flash90)

Le nom de l’homme accusé d’avoir tué par balle Diar Umari, âgé de 19 ans, pendant une rixe survenue dans un contexte de violences routières a été révélé, dimanche, alors qu’il paraissait devant les juges. Le placement en détention de Dennis Mokin, 32 ans, a été prolongé.

Une altercation a éclaté entre les proches de la victime et les gardes. Certains ont averti que la mort d’Umari, originaire du village arabe de Sandala, au nord du pays, par Mokin, un habitant de Gan Ner, une ville située à proximité, pourrait attiser les tensions.

Mokin s’était rendu à la police après les coups de feu qui avaient été filmés par un autre conducteur. Le suspect était en possession d’un permis de port d’arme et les forces de l’ordre avaient saisi l’arme utilisée pour tirer sur Umari.

Il s’était ultérieurement avéré que le test d’alcoolémie de Mokin, qui avait été pratiqué par les agents, était positif, selon des informations parues dans les médias israéliens. En plus du meurtre d’Umari, Mokin est soupçonné de conduite en état d’ébriété et il semblerait que son permis était suspendu quand il avait pris le volant.

Il restera encore placé en détention pendant une semaine supplémentaire, ont décidé les juges de la Cour des magistrats de Jérusalem.

Les membres de la famille de la victime qui étaient présents à l’audience ont interpellé Mokin à de multiples reprises, nécessitant l’intervention des huissiers et de la police.

Photo non-datée de Diar Umari. (Capture d’écran : Utilisée en accord avec la Clause 27a de la Loi sur le Copyright)

Il y a eu une rixe entre les membres de la famille de la victime et les gardiens de sécurité. Deux hommes auraient été arrêtés dans ce cadre.

« Barbare ! Vous avez tué un gamin », aurait crié un homme à Mokin alors qu’il se tenait sur le banc des accusés, avant l’audience.

« Assassin ! », aurait hurlé un autre individu.

Un homme placé en détention pendant une querelle survenue aux abords d’une audience judiciaire de Dennis Mokin, qui est accusé d’avoir tué Diar Umari dans un acte de violences routières, à la Cour des magistrats de Jérusalem, le 8 février 2023. (Crédit : Fadi Amun/Flash90)

La famille d’Umari et des députés arabes ont reproché ce meurtre au gouvernement de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu et à Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, en particulier. Ce dernier a cherché à faire augmenter le nombre de citoyens autorisés à porter des armes à feu pour contrer le terrorisme et les crimes meurtriers.

Le père d’Umari a qualifié Mokin de « terroriste » et a attribué à Ben Gvir la responsabilité de la mort de son fils.

Ben Gvir « a demandé à tous les Juifs de sortir dans les rues avec des armes à feu », a confié Ahmad Umari au site d’information Ynet.

« Il leur a dit qu’ils avaient un ennemi ici et que l’ennemi, c’était l’Arabe. Il semble que ce type ait été un bon élève de Ben Gvir et qu’il ait fidèlement mené à bien sa mission », a commenté le père éploré.

Umari a indiqué que son fils était allé faire un tour en voiture et que le suspect l’avait bloqué avec son véhicule avant de l’obliger à sortir de l’habitacle.

« Mon fils l’a repoussé et lorsqu’il a voulu en finir, il est retourné à la voiture pour reprendre la route et Mokin lui a tiré dans le dos et l’a tué », a continué l’homme.

La scène avait été filmée par un autre automobiliste.

Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent Umari et Mokin en train de se battre. Umari retourne ensuite à son véhicule et Mokin ouvre le feu depuis l’autre côté de la route.

Une enquête initiale aurait déterminé que l’incident avait dégénéré suite à une rencontre précédente sur la route entre les deux hommes et que ces derniers ne se connaissaient pas avant les faits.

Devant les juges, l’avocat de Mokin, Nadav Greenwald, a plaidé l’autodéfense, disant que son client avait tiré un coup de semonce et qu’il pensait qu’Umari était retourné à sa voiture pour se saisir d’une arme et l’attaquer.

Un enquêteur israélien, qui a pris la parole lors de l’audience, a semblé mettre en doute le fait qu’Umari ait été une menace pour Mokin.

« De ce que nous pouvons constater dans la vidéo, c’est bien pire que ce qu’affirme le suspect », a dit l’enquêteur. « La situation ne se présente pas bien pour Mokin. »

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, lors d’un rassemblement de soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, devant la Knesset, à Jérusalem, le 27 avril 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Le leader du parti Raam, Mansour Abbas, a indiqué dans une déclaration qu’il considérait que la coalition de la ligne dure était responsable de ce meurtre, survenu dans un contexte de violences qui grimpent en flèche.

« Nous attribuons la responsabilité de ce meurtre au gouvernement de Netanyahu et à Ben Gvir, qui ne s’attaquent pas aux violences et qui ne dissuadent pas les citoyens d’utiliser des armes », a dit Abbas.

Un sentiment partagé par la députée Aida Touma-Sliman, de la faction Hadash, qui a estimé que cet incident s’apparentait à un acte terroriste.

« Tous ceux qui ont vu la vidéo ont vu l’image d’un jeune homme en train de se faire tuer. Vous pouvez dire qu’il n’y a pas de contexte nationaliste mais si par ailleurs, vous avez dit à tout le monde de sortir avec une arme et que vous avez également dit que tous les jeunes Arabes sont un danger, alors il y a bien, dans les faits, un contexte nationaliste », a-t-elle écrit sur Twitter.

Dans un communiqué, Greenwald a rejeté l’idée que son client avait eu des motivations nationalistes.

« Toute tentative visant à attribuer un mobile nationaliste à ce qui s’est passé est non-valide et n’a aucun lien avec la réalité », a-t-il affirmé. « Nous allons laisser la police faire son travail et enquêter sur ce dossier. »

Il y a eu des heurts, samedi soir, aux abords de Gan Ner quand les résidents de Sandala sont venus protester contre le meurtre. Un homme a été arrêté et un agent de police, ainsi qu’un autre individu, ont été blessés par des jets de pierre.

Le conseil régional de Gilboa a indiqué dans un communiqué que ce meurtre était « si étranger à l’esprit qui règne à Gilboa, à la tolérance et à la fraternité qui nous caractérisent tous. Nous sommes extrêmement blessés et nous appelons tout un chacun à aider à apaiser les esprits en laissant la police continuer à prendre en charge cet incident ».

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