Virus : Israël commence la production de son vaccin avant l’essai clinique
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Virus : Israël commence la production de son vaccin avant l’essai clinique

Espérant obtenir l'accord en juillet, l'Institut de recherche biologique va préparer 15 millions de doses, pour les Israéliens, les Palestiniens et de potentiels acheteurs

Le ministre de la défense Benny Gantz visite un laboratoire de l'Institut israélien de recherche biologique le 25 octobre 2020. (Crédit : ministère de la défense)
Le ministre de la défense Benny Gantz visite un laboratoire de l'Institut israélien de recherche biologique le 25 octobre 2020. (Crédit : ministère de la défense)

Israël a commencé la production en masse d’un potentiel vaccin contre le coronavirus, avant l’essai clinique prévu, et a l’intention de le distribuer aux Israéliens et aux Palestiniens s’il est autorisé, ont indiqué les autorités lundi.

Le ministère de la Défense a annoncé dimanche le lancement de l’essai clinique le 1er novembre. Il se prolongera pendant le printemps avant de pouvoir être autorisé.

« Le vaccin sera prêt dans six mois. Pendant ce temps, l’institut travaille à la production de masse, sans savoir si le vaccin est bon ou non, afin de ne pas nous retrouver dans la situation, en juillet, où le ministère de la Santé donne son accord et que nous sommes retardés à cause de la production », a expliqué à la radio militaire le professeur Amos Panet, qui siège au conseil consultatif de l’Institut de recherche biologique.

Shmuel Shapira, directeur de l’Institut, affilié au ministère de la Défense, a déclaré qu’ils produiront 15 millions de doses dans un premier temps. Il a estimé que le vaccin sera prêt en juillet.

Des flacons d’un éventuel vaccin contre le coronavirus sur une chaîne de montage, à l’Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : Ministère de la défense)

« Nous préparons des doses pour nos proches voisins », a-t-il dit à Ynet, avant de clarifier qu’il parlait des Palestiniens.

Il a déclaré que d’autres pays de la région avaient manifesté leur intérêt.

« J’ai reçu des sous-entendus d’ailleurs, et ce n’est pas de mon ressort, ce sont des questions d’ordre diplomatique pour l’Etat d’Israël », a précisé Shapira.

L’Institut de recherche biologique commencera la première phase, le 1er novembre, sur deux volontaires, désignés par les hôpitaux Sheba et Hadassa, a souligné M. Shapira.

Selon les premières réponses, les autorités passeront de deux à 80 cobayes, âgés de 18 à 55 ans, pour terminer la première phase, puis en décembre à 980 pour la seconde phase, et enfin à 25 000 cobayes pour la troisième, et dernière, phase des tests cliniques prévue vers avril ou mai.

Si le vaccin s’avère efficace et ne donne lieu a aucun effet indésirable gênant, il sera alors approuvé et pourra être utilisé sur l’ensemble de la population.

Israël produit un vaccin national comme plan de secours, tout en menant des négociations avec les entreprises pharmaceutiques plus avancées dans le processus de développement afin de recevoir les doses lorsqu’elles seront disponibles. Le pays a également été en contact avec la Russie et, selon certaines informations, avec la Chine pour utiliser éventuellement leurs vaccins s’ils s’avèrent efficaces.

Des flacons d’un éventuel vaccin contre le coronavirus sur une chaîne de montage, à l’Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : Ministère de la défense)

Le ministère de la Défense a déclaré que les essais seront menés par deux hôpitaux : le centre médical Sheba situé à proximité de Tel Aviv et l’hôpital Hadassah à Jérusalem.

Dans chaque cas, les participants recevront une injection, soit le vaccin, soit un placebo. Après quelques heures d’observation, ils seront autorisés à rentrer chez eux et seront suivis pendant trois semaines pour vérifier les effets secondaires et s’assurer que les personnes ayant reçu le vaccin développent des anticorps contre le virus.

La première étape du test se fera avec des participants en bonne santé, âgés de 18 à 55 ans ; la deuxième étape se fera avec des participants en bonne santé de plus de 18 ans ; et la troisième étape ne sera pas limitée par l’âge ou l’état de santé des participants.

Lors de la deuxième phase des tests, a déclaré le ministère de la Défense, les scientifiques visent à « compléter les précautions de sécurité du vaccin, à déterminer le dosage efficace, et à préciser l’efficacité du vaccin ».

La troisième et dernière étape permettra de garantir son efficacité sur toute la population.

L’Institut de recherche biologique, une organisation généralement dans l’ombre qui opère sous les auspices du ministère de la Défense sur les questions liées à la guerre chimique et biologique, a déclaré qu’elle avait utilisé des techniques de pointe pour mettre au point son vaccin.

Le vésiculovirus de l’Indiana, avec de nouveaux pics de coronavirus attachés à celui-ci, qui seront utilisés dans un vaccin potentiel, comme le montre une photographie publiée par l’Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : ministère de la défense)

Il existe différentes approches, basées soit sur des catégories de vaccins éprouvées soit sur des techniques plus innovantes, comme par exemple le vaccin à vecteur viral (VRV) où les chercheurs utilisent comme support un autre virus qui est transformé et adapté pour combattre la COVID-19.

Dans le cas israélien, les laboratoires de l’Institut de recherche biologique ont produit un vaccin de type VRV qui a induit une « réponse immunitaire efficace » chez des petits animaux comme des souris, des hamsters et des lapins et de plus grosses bêtes comme des porcs, a indiqué le Dr. Shmuel Shapira, directeur de l’IIBR.

« C’est un vaccin moderne, à la pointe de la technologie internationale, qui offre un niveau de protection suffisante en une dose unique », a indiqué le ministère.

« La sécurité de ce vaccin a été prouvée dans de nombreux tests, ce qui ouvre la voie aux essais cliniques sur des participants humains », a déclaré le laboratoire.

« Nous entamons une étape cruciale [du développement du vaccin] : la phase des essais cliniques. J’ai confiance dans les capacités de nos scientifiques et je suis certain que nous pourrons produire un vaccin sûr et efficace », a déclaré Shapira.

Des flacons d’un éventuel vaccin contre le coronavirus sur une chaîne de montage, à l’Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : Ministère de la Défense)

« Nous continuerons à travailler en faveur de la santé des citoyens israéliens, de l’économie et de la société de l’Etat d’Israël. Notre objectif est de créer 15 millions de doses pour les résidents d’Israël et pour nos voisins », a-t-il ajouté.

Ce vaccin potentiel a été baptisé « BriLife », un mélange des mots « Briout » (santé en hébreu) et « life » (vie en anglais) et entre les deux les initiales « IL » d’Israël, ainsi que l’acrononyme du laboratoire, IIRB.

En date de lundi après-midi, le nombre de cas actifs en Israël était de 14 002. Parmi eux, 510 patients sont dans un état grave, dont 206 sous respirateur. Le bilan de la pandémie en Israël s’élève à 2 407 morts.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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