Visite de solidarité de Juifs à la mosquée à Jérusalem après l’incendie criminel
Rechercher

Visite de solidarité de Juifs à la mosquée à Jérusalem après l’incendie criminel

L'organisation Tag Meir a conduit un groupe de 200 personnes à un lieu de culte musulman dans le quartier de Sharafat, qui a été la cible d'un crime haineux présumé ce week-end

(De gauche à droite) Un père et sa fille se tiennent à côté de Muchtar Ismail Awad lors d'une visite de solidarité dans une mosquée de Sharafat qui a été incendiée lors d'un crime de haine présumé le 25 janvier 2020. (Tag Meir)
(De gauche à droite) Un père et sa fille se tiennent à côté de Muchtar Ismail Awad lors d'une visite de solidarité dans une mosquée de Sharafat qui a été incendiée lors d'un crime de haine présumé le 25 janvier 2020. (Tag Meir)

Environ 200 juifs ont effectué une visite de solidarité dans une mosquée du quartier de Sharafat à Jérusalem-Est samedi soir, un jour après que le lieu de culte musulman a été incendié dans le cadre d’un crime de haine présumé.

Les pompiers ont été dépêchés à la mosquée de Jérusalem-Est le vendredi matin et ont réussi à éteindre l’incendie avant que de sérieux dégâts ne soient causés.

La police a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’attaque et distribué des photos de la scène, montrant que les vandales avaient peint en hébreu « Détruire [les biens des] Juifs ? Kumi Ori détruit [les biens des] ennemis » avant de s’enfuir.

Kumi Ori est un avant-poste explosif de l’implantation radicale d’Yitzhar, dans le nord de la Judée-Samarie, où les forces de sécurité ont rasé deux maisons construites illégalement au début du mois.

Des centaines de Juifs effectuent une visite de solidarité dans une mosquée de Sharafat qui a été incendiée lors d’un crime de haine présumé, le 25 janvier 2020. (Tag Meir)

La visite de samedi a été organisée par l’organisation Tag Meir, qui travaille à la lutte contre la haine et le racisme en Israël et en Cisjordanie. En évoquant la rencontre inter-confessionnelle, le président Gadi Gvaryahu a déclaré : « Nous avons exprimé notre honte et notre colère face à ce crime épouvantable, avons souhaité ensemble des jours de paix et de fraternité et avons promis de rester en contact avec les habitants du quartier ».

« Ils nous ont fait savoir que malgré leur colère, ils ont déclaré lors de leurs prières du vendredi qu’il est impératif de respecter tout le monde – les Juifs comme les Arabes », a déclaré M. Gvaryahu.

Ismail Awad, un Mukhtar ou leader de la communauté de Sharafat, qui était présent lors de la visite de solidarité de samedi, s’est dit bouleversé par ce geste.

« C’est bien que cet horrible événement se soit produit car il nous a permis de rencontrer toutes ces personnes généreuses », a déclaré Awad au Times of Israel, ajoutant que les visiteurs juifs ont également donné plus qu’assez d’argent pour réparer les dégâts causés par l’incendie criminel.

Dans une déclaration vendredi, le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a déclaré qu’il « condamnait fermement le crime de haine commis dans le quartier [Sharafat]. De telles choses sont inacceptables et ne sont pas tolérées ».

Graffiti sur un mur près d’une mosquée à Sharafat, Jérusalem, le 24 janvier 2020. (Police israélienne)

Le vandalisme anti-arabe par des extrémistes juifs est devenu une pratique courante en Cisjordanie et à Jérusalem.

Les incidents de vandalisme contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie sont communément appelés « Attaques du Prix à payer », les auteurs affirmant qu’il s’agit de représailles pour la violence palestinienne ou les politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement des implantations.

Les arrestations d’auteurs de ces crimes sont extrêmement rares et les groupes de défense des droits se plaignent que les condamnations soient encore plus inhabituelles, la majorité des accusations dans ces cas étant abandonnées. La semaine dernière, cependant, les procureurs de l’État ont inculpé un des auteurs d’un tel crime et ont demandé que le suspect reste derrière les barreaux jusqu’à la fin des poursuites engagées contre lui.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...