Visite des sites militaires : l’Iran met en garde contre « les demandes excessives »
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Visite des sites militaires : l’Iran met en garde contre « les demandes excessives »

La France a prévenu que l'inspection était une condition sine qua non pour la signature d'un accord

Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran Mohammad Javad Zarif lors de son interview sur NBC le 4 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran Mohammad Javad Zarif lors de son interview sur NBC le 4 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a implicitement rejeté jeudi à Athènes l’exigence française d’une visite des sites militaires iraniens préalablement à un accord sur le nucléaire, évoquant « des demandes excessives ».

« J’attends de mes partenaires dans la négociation qu’ils s’abstiennent de formuler des demandes excessives », a indiqué le ministre, en visite en Grèce, ajoutant : « Il faut être dans la réalité, et non dans l’illusion ».

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif se verront le 30 mai à Genève dans le cadre des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, a annoncé mercredi le département d’Etat, à un mois de l’échéance pour trouver un accord définitif.

Cette nouvelle rencontre entre les deux ministres qui forment le socle des tractations internationales entre l’Iran et les grandes puissances « fait partie des négociations en cours » entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) et l’Iran, a annoncé le porte-parole de la diplomatie américaine Jeffrey Rathke.

La date du 30 juin a été fixée pour sceller un règlement complet sur le programme nucléaire iranien.

« Nous n’envisageons pas de prolongation des discussions », a ajouté M. Rathke après des déclarations de diplomates européens à Washington laissant entendre que les pourparlers pourraient déborder sur quelques jours début juillet jusqu’à la conclusion d’un texte.

« La date butoir de juin pourrait connaître le même destin que celle de mars, avec un accord quelques jours plus tard », a tweeté mercredi en anglais l’ambassadeur de France aux Etats-Unis, Gérard Araud, en allusion à un accord provisoire conclu le 2 avril à Lausanne entre le 5+1 et Téhéran, au lieu du 31 mars.

Juste avant l’annonce de ce nouvel entretien Kerry-Zarif, leur homologue français Laurent Fabius avait indiqué que Paris n’accepterait pas d’accord si l’Iran refusait la vérification de ses installations militaires.

La question des inspections internationales des sites nucléaires iraniens, visant à garantir le caractère pacifique du programme nucléaire de Téhéran, est l’un des points les plus délicats des négociations.

L’Iran et les grandes puissances sont engagés depuis plus de 20 mois dans d’intenses tractations sur ce programme nucléaire, avec deux accords intérimaires conclus en novembre 2013 et en avril dernier.

Un texte final doit garantir le caractère uniquement pacifique du programme nucléaire de Téhéran, soupçonné de cacher un volet militaire, et lever en contrepartie les sanctions internationales qui étouffent l’économie du pays.

Depuis le début des négociations, essentiellement pilotées par les Etats-Unis et l’Iran, la France a adopté une position plus dure que ses partenaires, craignant que Washington ne fasse trop de concessions pour obtenir un accord historique.

Le dossier du nucléaire iranien empoisonne les relations internationales depuis 2003.

Un règlement avec l’Iran est l’un des objectifs prioritaires du président américain Barack Obama.

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