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Washington qualifie le vote sur le Désengagement de « provocant »

Passée en deuxième lecture et en troisième lectures, la loi a été approuvée par 31 voix "Pour" et 18 voix "Contre"

Vedant Patel, porte-parole adjoint du département d'État, dirigeant le briefing quotidien à Washington, le 6 septembre 2022. (Crédit : YouTube)
Vedant Patel, porte-parole adjoint du département d'État, dirigeant le briefing quotidien à Washington, le 6 septembre 2022. (Crédit : YouTube)

Les Etats-Unis se sont dits mardi « extrêmement préoccupés » par le vote au parlement israélien de légitimation de certaines implantations, qualifiant la décision de « provocante » et en violation des promesses faites à son allié Washington.

« Les Etats-Unis sont extrêmement préoccupés que la Knesset israélienne ait adopté une législation annulant des parts importantes de la loi de Désengagement de 2005 », a déclaré à la presse un porte-parole du département d’Etat, Vedant Patel.

Washington a aussi jugé « offensants » et « dangereux » les propos du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui a nié dimanche à Paris l’existence des Palestiniens en tant qu’individus comme en tant que peuple. « Nous estimons que ces propos ne sont pas seulement inexacts, mais également inquiétants et dangereux », a déclaré Patel.

La Knesset a voté, aux premières heures de la matinée de mardi, l’abrogation d’une législation qui ordonnait l’évacuation de quatre implantations du nord de la Cisjordanie en plus du retrait de la bande de Gaza, en 2005. Passée en deuxième lecture et en troisième lectures, elle a été approuvée par 31 voix « Pour » et 18 voix « Contre ».

Ce texte, qui a obtenu le soutien de certains membres de l’opposition – notamment de Gideon Saar et de Zeev Elkin de HaMahane HaMamlahti – abroge les clauses de la Loi sur le désengagement qui interdisaient aux Israéliens de se rendre dans les secteurs où se trouvaient, dans le passé, les implantations de Homesh, Ganim, Kadim et Sa-Nur, ouvrant potentiellement la porte à une nouvelle présence juive sur ces territoires. Les quatre communautés avaient été les seules implantations de Cisjordanie à avoir été évacuées pendant le retrait de Gaza, il y a 18 ans. La législation concerne uniquement ces zones.

Il faudra toutefois que le Commandement central de l’armée signe une ordonnance donnant la permission aux Israéliens d’y revenir. Ces villes détruites avaient été un symbole d’injustice pour les partisans du mouvement pro-implantation, d’une injustice qu’ils cherchent aujourd’hui à corriger.

Le texte de loi, qui avait été adopté en première lecture il y a moins d’une semaine devant le Parlement, viendra soutenir les efforts de la coalition visant à légaliser un avant-poste qui occupe actuellement le site de Homesh ainsi qu’une yeshiva qui y a été construite et que les activistes ont tenté de rétablir de manière répétée depuis 2005.

Homesh avait été construit sur des terres palestiniennes privées, selon la Haute-cour. Supprimer les restrictions pesant sur la présence juive dans la région était une étape nécessaire pour procéder, à terme, à la légalisation de l’avant-poste.

Des résidents d’implantation réunis sous une tente à la Yeshiva de Homesh dans l’ancienne implantation de Homesh, à l’Ouest de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 30 décembre 2021. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Les groupes de veille et les opposants au projet de loi ont indiqué qu’il sera utilisé pour renforcer encore davantage les activités d’implantation en général, et qu’il entraînera l’annexion de facto de large pans de la Cisjordanie, sapant le statut d’Israël en tant qu’État juif et démocratique.

La législation est controversée à l’international et elle viole une promesse majeure qui avait été faite par Israël à l’administration de l’ancien président américain George W. Bush, qui était d’offrir une contiguïté suffisante sur les Territoires palestiniens pour autoriser ces derniers à bâtir leur propre état viable et souverain – les États-Unis, sous l’administration Bush, ayant accepté pour la première fois de reconnaître qu’il était nécessaire de procéder à des échanges de terres dans le cadre d’un potentiel accord de paix et de prendre en compte les blocs d’implantations israéliennes.

Ces lectures du projet de loi devant la Knesset sont survenues à une période problématique. Au début de la semaine, Israël – en présence de responsables américains, égyptiens et jordaniens – a réaffirmé son engagement auprès de l’Autorité palestinienne à ne pas faire avancer de plans dans les implantations pendant quatre mois et à ne pas présenter de légalisation d’avant-poste en Cisjordanie pendant six mois.

Cette promesse – et la promesse palestinienne de geler toute action unilatérale à laquelle s’opposerait Israël – vise à calmer les tensions entre Israël et les Palestiniens, des tensions qui bouillonnent souvent pendant le mois sacré du ramadan qui commencera jeudi.

Même si le gouvernement espère que l’abrogation de la loi sur Désengagement facilitera la légalisation de l’avant-poste controversé, les magistrats doutent de cette possibilité dans la mesure où il a été largement construit sur des terres palestiniennes privées.

Jeremy Sharon et Jacob Magid ont contribué à la rédaction de cet article.

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