Israël en guerre - Jour 148

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Washington se réjouit de l’accord sur les otages et continuera de soutenir la guerre

Cette trêve de quatre jours sera probablement suivie de demandes de prolongations ; Le secrétaire d'État américain Antony Blinken se rendra en Israël durant la trêve

Des Israéliens manifestent pour demander la libération d'otages enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza, devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 21 novembre 2023 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des Israéliens manifestent pour demander la libération d'otages enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza, devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 21 novembre 2023 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

WASHINGTON (JTA) – Si les dispositions de l’accord sur les otages, approuvé mercredi matin, se confirment et que le groupe terroriste islamiste palestinien Hamas libère des dizaines d’otages en contrepartie d’une trêve à Gaza, les autorités américaines se réjouiront pour les Israéliens.

Mais ensuite viendront les questions sur la façon dont Israël reprendra le combat pour défaire le groupe terroriste palestinien, responsable des enlèvements de masse.

Analystes et universitaires en lien avec le gouvernement israélien affirment que les responsables de la sécurité y pensent déjà, car il semble que le Hamas soit sur le point de libérer une cinquantaine d’otages – principalement des femmes et des enfants – cette semaine. En contrepartie, Israël libérera trois fois plus de femmes et de mineurs palestiniens condamnés pour terrorisme et suspendra son offensive terrestre à Gaza durant au moins quatre jours.

Jonathan Schanzer, vice-président de la plutôt conservatrice Foundation for Defense of Democracies, qui s’est entretenu avec des responsables du gouvernement israélien, s’attend à ce que cette trêve initiale donne lieu à des demandes de prolongation.

« Une fois le calme revenu, des initiatives internationales seront lancées pour faire en sorte qu’il se prolonge, parce que pour la communauté internationale, le calme est bon », explique-t-il.

Israël a promis de reprendre son offensive après la trêve, mais les appels à un cessez-le-feu de long terme se multiplient déjà au niveau international comme dans les rangs des démocrates du Congrès américain.

Depuis quelque temps, nombre de membres du congrès et de sénateurs – parmi lesquels des législateurs juifs – appellent au cessez-le-feu et critiquent la conduite d’Israël à Gaza. Une quarantaine de démocrates ont ainsi demandé un cessez-le-feu, mais leurs déclarations sont nuancées sur la question du démantèlement du Hamas et de la libération de tous les otages – qui sont les objectifs déclarés d’Israël.

Il sera essentiel d’observer comment ces démocrates réagiront pendant la trêve pour comprendre si le soutien américain va s’éroder, analyse Kevin Rachlin, vice-président des affaires publiques de J Street, le lobby juif libéral d’Israël très influent parmi les démocrates.

Il fait référence à une lettre signée cette semaine par 13 sénateurs Démocrates, demandant à Biden d’obtenir d’Israël qu’il présente un plan détaillé d’« aide humanitaire accrue » pour les Palestiniens de Gaza.

« La pression ambiante, en ce moment, n’est pas seulement due au nombre de victimes civiles, mais aussi à ce que pourrait être le succès de cette offensive militaire », assure Rachlin. « Avec cette trêve, un plus grand nombre de questions pourront être abordées. De plus en plus de membres vont parler et poser des questions là-dessus, avec de plus en plus de force. »

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken se rendra en Israël pendant la trêve, a fait savoir mardi soir le site d’information israélien Walla. Il s’agira là de son quatrième déplacement en Israël depuis l’attaque meurtrière du Hamas, le 7 octobre dernier.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken tient une conférence de presse après avoir assisté à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Tokyo, le 8 novembre 2023. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool Photo via AP)

L’administration Biden continue de soutenir les objectifs de guerre d’Israël mais elle souhaite aussi savoir comment Israël mènera l’offensive une fois la trêve terminée. Lors d’un appel avec des journalistes la semaine dernière, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby, a déclaré que l’administration s’interrogeait sur la façon dont Israël entendait mener son offensive dans le sud de la bande de Gaza, étant donné qu’Israël avait invité des centaines de milliers de civils à se rendre dans le sud au moment des combats contre le Hamas, dans le nord de l’enclave.

« Ils envisagent de se déployer dans le sud : nous avons dit que nous ne serions pas favorables à ce genre d’opérations en l’absence d’un plan cohérent de la part des Israéliens en matière de protection d’une population civile considérablement plus importante, déplacée du nord vers le sud à la demande d’Israël. » a-t-il déclaré.

Faire de la trêve un cessez-le-feu n’est pas envisageable pour Israël, qui s’est promis d’éradiquer le Hamas, a déclaré mardi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu alors que son gouvernement se réunissait pour voter sur les conditions de la libération des otages.

« Je suis ici pour dire que la guerre va continuer » après la libération des otages, a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse avant le vote. « Nous n’arrêterons pas tant que nous n’aurons pas remporté la victoire absolue et que tous les otages n’auront pas été libérés. »

Schanzer ajoute que la population israélienne ne laisse pas le choix à Netanyahu.

« Le gouvernement israélien est ou a été considéré comme défaillant avec les populations du sud » le 7 octobre, lorsque les terroristes du Hamas ont franchi la frontière entre Gaza et le sud d’Israël et ont tué 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et enlevé plus de 240 personnes, explique Schanzer.

Pour retrouver la confiance de la population, ajoute-t-il, « l’objectif du gouvernement est de supprimer totalement le Hamas de la bande de Gaza afin que les communautés du sud puissent se réinstaller et vivre une vie normale, paisible. Tous les Israéliens à qui j’ai parlé depuis le début de la guerre m’ont dit qu’il ne pouvait y avoir de retour au statu quo du 6 octobre. »

Les familles et les amis d’environ 240 otages détenus par le Hamas à Gaza appellent le Premier ministre Benjamin Netanyahu à obtenir leur libération pendant une manifestation à Tel Aviv, le 21 novembre 2023. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

En réponse à une question de la Jewish Telegraphic Agency, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de l’administration Biden a déclaré que le soutien à la guerre d’Israël contre le Hamas ne faiblirait pas, rappelant la déclaration du porte-parole du Hamas promettant de recommencer les atrocités du 7 octobre.

« Ce que nous ne soutenons pas, ce sont les demandes faites à Israël de ne plus se défendre contre les terroristes du Hamas, sous forme d’un cessez-le-feu permanent », a précisé le porte-parole, « Le Hamas a clairement dit que ce qui s’est passé le 7 octobre « se reproduira encore et encore et encore » jusqu’à ce qu’Israël soit anéanti. Ce sont des propos épouvantables qui nous rappellent à quel point les enjeux sont importants. »

Pour autant, la réponse du porte-parole prouve que l’administration Biden se pose des questions sur la façon dont Israël mènera son offensive une fois la trêve terminée. L’administration Biden n’est pas satisfaite de la fréquence et de l’ampleur des pauses humanitaires concédées par Israël.

« Pour qu’une pause humanitaire soit pleinement efficace, il faut mettre en place un système permettant de maximiser l’acheminement de l’aide et d’assurer la protection des travailleurs humanitaires, tout en veillant à obtenir la libération des otages et en empêchant les terroristes d’en profiter », a ajouté le porte-parole.
« C’est une question complexe à laquelle nous continuons de travailler afin d’atteindre cet objectif. »

Dans sa conversation avec les médias, Kirby a parlé d’une mesure qui est un « grand succès » : c’est la quantité d’aide humanitaire qu’Israël autorise à entrer à Gaza. « Notre objectif est maintenant de 150 camions par jour et nous en sommes encore loin ».

Un convoi d’aide transportant un hôpital de campagne jordanien entre dans la bande de Gaza par le point de passage de Rafah avec l’Égypte, le 20 novembre 2023. (Crédit : Mohammed ABED / AFP)

Depuis qu’Israël a déclaré la guerre au Hamas suite à l’offensive choc de ce dernier, le 7 octobre, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 14 000 personnes ont été tuées, parmi lesquelles des milliers d’enfants. Ces chiffres, qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante, pourraient comprendre des civils et des membres du Hamas ainsi que des victimes des roquettes égarées des groupes terroristes.

David Makovsky, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, qui entretient des liens étroits avec les gouvernements américain et israélien, estime que la trêve donnera à Israël l’occasion de présenter à l’administration Biden le plan détaillé des prochaines étapes.

« C’est une occasion pour Israël d’expliquer aux États-Unis ce qui va se passer », a-t-il déclaré à propos de la poursuite de la guerre. « Aujourd’hui, il y a 2 millions de personnes dans le sud, et il va falloir faire avec ». « C’est là, je crois, que les États-Unis ont besoin d’être convaincus. »

À l’heure actuelle, Biden se pose comme un solide rempart contre les pressions en faveur d’un cessez-le-feu, rappelle Makovsky, mais cela pourrait changer si la guerre se transformait en bourbier sans issue.

« Il est favorable, mais s’il a le sentiment qu’Israël est dans l’impasse, qu’il ne progresse plus vers son objectif, alors il réexaminera la situation », a-t-il conclu.

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