Israël en guerre - Jour 150

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Le Cabinet approuve un accord pour la libération de 50 otages contre un cessez-le-feu de plusieurs jours

Israël estime que le Hamas pourrait potentiellement localiser une trentaine de mères et d'enfants supplémentaires et que la pause de quatre jours pourrait être prolongée d'un jour supplémentaire pour chaque tranche de 10 otages israéliens libérés

Des proches et des soutiens des quelque 240 otages détenus par le Hamas à Gaza terminent la dernière étape d'une marche de solidarité de cinq jours appelant à leur retour, de Tel Aviv au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 novembre 2023. (Crédit : AP/Mahmoud Illean)
Des proches et des soutiens des quelque 240 otages détenus par le Hamas à Gaza terminent la dernière étape d'une marche de solidarité de cinq jours appelant à leur retour, de Tel Aviv au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 novembre 2023. (Crédit : AP/Mahmoud Illean)

Lors d’un vote sans précédent dans la nuit de mardi à mercredi, le cabinet ministériel israélien a approuvé un accord visant à garantir la libération d’environ 50 otages enlevés à Gaza lors de l’attaque terroriste du 7 octobre.

Le communiqué du gouvernement annonçant le résultat du vote n’a pas détaillé les votes des ministres. Bien qu’il ait exprimé son opposition à l’accord, le parti d’extrême droite HaTzionut HaDatit a voté pour, et seuls les membres de la faction ultranationaliste Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir ont voté contre, selon les médias israéliens.

Tous les détails de l’accord n’ont pas été officiellement rendus publics, mais un responsable du gouvernement israélien a déclaré mardi aux journalistes que l’accord devrait aboutir à la libération de 50 citoyens israéliens vivants, pour la plupart des femmes et des enfants, par groupes de 12 à 13 personnes par jour.

En échange, Israël a accepté un cessez-le-feu d’au moins quatre jours, pour la première fois depuis le début de la guerre.

Le gouvernement a confirmé ces termes de l’accord après le vote, sans donner de détails sur les autres concessions israéliennes.

« Le gouvernement israélien s’est engagé à rapatrier toutes les personnes enlevées chez elles. Ce soir, le gouvernement a approuvé les grandes lignes de la première étape visant à atteindre cet objectif. Au moins 50 personnes enlevées – des femmes et des enfants – seront libérées sur une période de quatre jours, au cours desquels il y aura une accalmie dans les combats », a indiqué le communiqué du gouvernement.

« La libération de dix personnes enlevées supplémentaires entraînera un jour de répit supplémentaire », ajoute le communiqué.

« Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre afin de ramener toutes les personnes enlevées, achever l’élimination du Hamas et garantir que Gaza ne représente plus de menace pour l’État d’Israël. »

Dans cette capture d’écran d’une vidéo publiée par le gouvernement, les ministres se réunissent pour voter sur l’accord sur les otages avec le Hamas, le 21 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran/X)

Israël a également accepté de libérer des femmes et des mineurs palestiniens de prison et de les laisser retourner chez eux, principalement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Israël a évité de donner un chiffre précis, mais les médias israéliens ont estimé ce chiffre à 150. Un ministre de l’Autorité palestinienne a déclaré mardi à Al Arabiya que 350 mineurs palestiniens et 82 femmes palestiniennes emprisonnés seraient libérés dans le cadre de cet échange.

Israël a également accepté d’autoriser l’entrée de carburant supplémentaire à Gaza ainsi que d’importantes quantités d’aide humanitaire, qui n’entraient plus qu’en petite quantité dans l’enclave en raison de la guerre.

Des Israéliens dont des proches des otages enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza assistant à une audience de la commission de la Sécurité nationale de la Knesset, le 20 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours de la réunion, qui a débuté mardi soir pour se poursuivre tard dans la nuit, toutes les agences de sécurité israéliennes – Tsahal, le Shin Bet et le Mossad – ont exprimé leur soutien à l’accord. Les médias israéliens ont déclaré que cette approbation avait convaincu plusieurs ministres qui hésitaient à soutenir l’accord, dont le ministre de l’Unité nationale, Gideon Saar.

Le responsable gouvernemental qui s’est adressé à la presse a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait insisté sur certaines conditions de l’accord, notamment la libération potentielle d’autres otages après la pause de quatre jours, l’engagement du Hamas à identifier et à localiser les otages détenus par d’autres groupes terroristes dans la bande de Gaza, et un refus de libérer les prisonniers palestiniens reconnus coupables de meurtre.

Israël estime que le Hamas pourrait potentiellement localiser une trentaine de mères et d’enfants israéliens supplémentaires au-delà des 50 initiaux, et que l’arrêt des combats pourrait être prolongé d’un jour pour chaque groupe de 10 otages israéliens supplémentaires localisés et libérés, a déclaré le responsable gouvernemental. Le Hamas a affirmé qu’il ne pouvait pas localiser dans l’immédiat une dizaine d’enfants enlevés en Israël lors de l’attaque du 7 octobre.

Selon la presse israélienne, l’accord initial devrait voir la libération de 30 enfants, 8 mères et 12 femmes détenus par le Hamas à Gaza.

Le Hamas a déclaré détenir 210 des quelque 240 otages enlevés le mois dernier, dont environ 40 enfants. Le Jihad islamique détiendrait la plupart des autres otages.

Des terroristes du Hamas amènent un otage à l’hôpital al-Shifa, comme le montrent des images de vidéo-surveillance du 7 octobre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Une clause de l’accord devrait aussi permettre à la Croix-Rouge d’accéder aux personnes enlevées qui resteront otages à Gaza, notamment en leur fournissant des médicaments, a déclaré mardi le bureau de Netanyahu.

Après le vote du cabinet, le public israélien disposera de 24 heures, conformément à la loi, pour déposer une pétition contre la libération prévue de tout prisonnier. Néanmoins, aucun chamboulement de dernière minute n’est attendu et le responsable gouvernemental a émis l’hypothèse que l’accord entrerait en vigueur jeudi.

La Douzième chaîne a rapporté qu’Israël avait exigé que les personnes libérées soient uniquement des citoyens israéliens, laissant ostensiblement de côté les plusieurs dizaines de travailleurs étrangers originaires de pays d’Asie de l’Est parmi les quelque 240 otages détenus à Gaza.

Le responsable gouvernemental a déclaré que l’accord ne concernait pas des otages qui ne sont pas Israéliens et que d’autres gouvernements pouvaient ainsi travailler sur des accords séparés.

Le Hamas a déclaré lors des négociations sur l’accord qu’il ne libérerait aucun soldat de Tsahal.

L’accord entraînerait une pause complète des opérations de l’armée israélienne sur le terrain dans la bande de Gaza, et la fin des opérations aériennes israéliennes sur le territoire, sauf dans le nord, où elles ne s’arrêteraient que six heures par jour, ont indiqué des sources, parmi lesquels un responsable israélien.

De la fumée s’élevant au-dessus de bâtiments lors d’une frappe israélienne sur la bande de Gaza, sur une photo prise depuis le sud d’Israël, le 19 novembre 2023. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

La Douzième chaîne a également rapporté que le bureau du Premier ministre avait élaboré un processus par lequel les otages seraient libérés et transférés en Israël.

Premièrement, le Hamas devrait remettre les otages à la Croix-Rouge, après quoi ils seront transférés aux représentants de Tsahal. Les otages subiront ensuite un premier examen médical par les autorités, puis seront emmenés dans l’un des cinq centres médicaux isolés israéliens pour retrouver leurs proches.

Dans une quatrième étape, les autorités médicales et de défense détermineront ensemble si au moins certains des otages peuvent être débriefés.

Dans la dernière étape, les otages subiront un débriefing avec les responsables de la sécurité avant d’être finalement libérés.

Netanyahu a déclaré dans une déclaration avant le vote du cabinet ministériel que la guerre contre le Hamas se poursuivrait jusqu’à ce que tous les objectifs d’Israël soient atteints, à savoir renverser le groupe terroriste au pouvoir à Gaza, obtenir la libération de tous les otages et garantir qu’il n’y ait plus de menace à la sécurité d’Israël.

« Nous sommes en guerre, et la guerre continuera jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints », a-t-il déclaré, ajoutant que le retour des otages était une « priorité sacrée, et j’y suis attaché ».

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir assiste à une réunion du Comité de sécurité nationale à la Knesset, le 20 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous avons devant nous une décision difficile, mais c’est la bonne », a-t-il ajouté. « Nous ne nous reposerons pas tant que tout le monde ne sera pas revenu. La guerre comporte des étapes et le retour des otages comportera des étapes. »

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré dans une déclaration distincte avant la réunion que l’offensive terrestre d’Israël à Gaza était un facteur clé pour « accroître la pression » sur le Hamas afin qu’il négocie.

« Sans pression continue [sur le Hamas], il n’y aura aucune chance » d’obtenir la libération des prochains groupes d’otages, a-t-il déclaré, promettant qu’une fois le cessez-le-feu terminé, les opérations israéliennes à Gaza reprendraient « de pleine force ».

Le ministre Benny Gantz, membre du cabinet de guerre, a déclaré que l’accord d’otages proposé « constituait la base pour poursuivre les efforts opérationnels nécessaires [à Gaza], y compris dans le sud et éventuellement dans d’autres zones ».

« Je dirais honnêtement que cet [accord d’otages] est une ébauche difficile, douloureuse, mais qu’il est également juste », a déclaré Gantz.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich dirige la réunion de la faction de son parti à la Knesset, le 20 novembre 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Bien qu’il ait fini par soutenir l’accord, HaTzionut HaDatit avait déclaré avant le vote que le Hamas avait désespérément besoin d’un cessez-le-feu et que l’accord donnait au groupe terroriste exactement ce dont il avait besoin. La faction d’extrême droite a affirmé que l’accord abandonnait les otages restants. HaTzionut HaDatit a déclaré que la seule façon d’obtenir la libération de tous les otages passait par une approche militaire, sans compromis.

Dans sa propre déclaration, Otzma Yehudit a déclaré que le consentement du Hamas à l’accord prouvait qu’il était mauvais et a averti que cela entraînerait une augmentation de la pression internationale sur Israël pour qu’il ne reprenne pas les combats après l’expiration du cessez-le-feu.

Les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont soutenu l’accord aux côtés du Likud de Netanyahu et du parti HaMahane HaMamlakhti de Gantz.

Plusieurs échanges tendus ont eu lieu au cours de la session du cabinet, les médias israéliens rapportant que Gantz avait répondu avec colère à Smotrich pour avoir exprimé sa crainte que le Hamas cherche à prolonger le cessez-le-feu.

« Faites-vous plus confiance à [Yahya] Sinwar qu’à nous ? », aurait déclaré Gantz, faisant référence au chef du Hamas à Gaza qu’Israël accuse d’avoir participé à l’organisation des massacres du 7 octobre.

Dans un autre échange, les ministres du Likud Miki Zohar et Gila Gamliel ont confronté Ben Gvir pour avoir tenu une réunion de faction avant la réunion du cabinet, après avoir annoncé que son parti ultranationaliste voterait contre l’accord. Gamliel aurait souligné à Ben Gvir l’importance de l’unité.

« Mais nous ne sommes pas unis », a répondu Ben Gvir. « Il s’agit d’une décision qui entraînera des dommages générationnels et qui nous fera beaucoup de mal. »

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