WhatsApp confirme le ciblage du téléphone d’un dirigeant catalan via NSO
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WhatsApp confirme le ciblage du téléphone d’un dirigeant catalan via NSO

Roger Torrent a accusé Madrid de l'espionner en utilisant le logiciel Pegasus, fabriqué par la firme israélienne ; le géant de la messagerie ne dit pas si le piratage a réussi

Roger Torrent, président du Parlement catalan, s'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 13 janvier 2020. (AP / Jean-Francois Badias)
Roger Torrent, président du Parlement catalan, s'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 13 janvier 2020. (AP / Jean-Francois Badias)

WhatsApp a confirmé que le téléphone privé du président du parlement régional catalan avait été visé l’année dernière dans le cadre d’une attaque utilisant des logiciels fabriqués par le groupe israélien NSO, selon des informations publiées mardi.

Roger Torrent, un des principaux partisans de l’indépendance de la Catalogne, a demandé au début du mois que le gouvernement espagnol lance une enquête officielle sur les informations selon lesquelles son téléphone portable aurait été la cible d’espionnage, prétendument par les services de sécurité espagnols utilisant le logiciel fabriqué en Israël.

L’entreprise de messagerie, propriété de Facebook, a confirmé dans une lettre à Roger Torrent que son compte WhatsApp avait été « ciblé dans une tentative d’accès non autorisé aux données et aux communications sur l’appareil », ont rapporté le Guardian et El Pais.

« Par ‘ciblé’, nous entendons le fait que les attaquants ont tenté d’injecter un code malveillant dans l’application WhatsApp de M. Torrent », a écrit Niamh Sweeney, directrice de la politique publique de l’entreprise pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie.

L’application de messagerie WhatsApp est présentée sur un iPhone le 14 mai 2019 à San Anselmo en Californie. (Justin Sullivan/Getty Images)

« Sur la base des informations dont nous disposons, nous ne sommes pas en mesure de confirmer si l’appareil de M. Torrent a été compromis, car cela ne pourrait se faire que par une analyse technique exhaustive de l’appareil », a écrit Mme Sweeney, proposant à M. Torrent « un canal de communication ouvert » et de l’aide.

« Nous préconisons une surveillance juridique rigoureuse des cyber-armes comme celles utilisées dans cette cyber-attaque afin de s’assurer qu’elles ne sont pas utilisées pour violer les droits individuels et les libertés que les gens méritent, où qu’ils se trouvent dans le monde », a-t-elle ajouté.

Selon des informations parues le 14 juillet dans El Pais et le Guardian, le chef du Parlement catalan a été averti l’année dernière que son téléphone avait été visé par un logiciel espion qui, selon NSO, n’est vendu qu’aux gouvernements et aux services de sécurité nationale.

Les journaux espagnols et britanniques ont cité un procès américain impliquant le logiciel espion, qui, selon eux, exploitait une vulnérabilité antérieure de WhatsApp et pouvait potentiellement donner accès à tout ce qui se trouvait sur un téléphone. Les articles en question n’ont fourni aucune preuve que le téléphone de Roger Torrent avait été piraté.

Une femme israélienne utilise son téléphone devant un bâtiment à Herzliya qui héberge la société de renseignement du groupe NSO, le 28 août 2016. (Jack Guez/AFP/Fichier)

Selon les informations, WhatsApp pense que les attaques se sont produites en avril et mai de l’année dernière, sur une période de deux semaines, avec 1 400 utilisateurs de WhatsApp prétendument visés par le logiciel espion Pegasus vendu par NSO.

L’entreprise a entamé des poursuites judiciaires contre la firme israélienne en relation avec ces attaques.

Deux autres personnalités indépendantistes bien connues en Catalogne ont également été visées, selon les informations.

Les efforts de la Catalogne pour se séparer de l’Espagne ont longtemps été une épine dans le pied des gouvernements espagnols.

Roger Torrent a commenté à l’époque que ces révélations « prouvent ce que nous savions déjà : que l’État espagnol espionne ses opposants politiques ». Exigeant une enquête, il a déclaré dans un communiqué télévisé : « Il est important que la vérité éclate ».

Le service de renseignement espagnol, connu sous son acronyme CNI, a refusé de répondre aux questions sur ces allégations.

Le bureau du Premier ministre Pedro Sánchez a assuré dans une déclaration que le gouvernement ne savait pas que les trois téléphones avaient pu être piratés. Il a ajouté que toute mesure de ce type nécessitait l’autorisation d’un juge.

La gauche républicaine de Catalogne, un parti politique qui veut l’indépendance de la région et qui compte Roger Torrent dans ses rangs, et la coalition pro-indépendance JxCat ont exigé mardi que le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska se présente d’urgence devant une commission parlementaire pour répondre aux questions sur ces informations.

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