Yaalon : le cabinet de sécurité de 2014 est le pire que j’ai vu en 20 ans
Rechercher

Yaalon : le cabinet de sécurité de 2014 est le pire que j’ai vu en 20 ans

L’ancien ministre de la Défense fustige le cabinet “irresponsable” après avoir été accusé de ne pas avoir informé les ministres sur la menace des tunnels

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L'ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon dans son bureau de Tel Aviv, le 28 février 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
L'ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon dans son bureau de Tel Aviv, le 28 février 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Moshe Yaalon, l’ancien ministre de la Défense, a fustigé mardi le cabinet de sécurité de 2014, affirmant qu’il était « le pire et le plus irresponsable » qu’il avait vu en 20 ans.

L’ancien ministre de la Défense répondait à un cinglant rapport du contrôleur de l’Etat sur la guerre de 2014 dans la bande de Gaza publié mardi, qui l’accuse lui et d’autres dirigeants israéliens de n’avoir pas informé correctement les ministres du cabinet de sécurité de la menace des tunnels du Hamas.

Sur YouTube, Yaalon a affirmé que l’enquête du contrôleur de l’Etat n’avait pas réellement enquêté sur le conflit et avait en fait été victime des « politiciens et de leurs arrières pensées ».

Devant un drapeau israélien et des portraits de Zeev Jabotinsky, David Ben Gurion et Menachem Begin, Yaalon a reconnu que la campagne n’avait pas été parfaitement menée, mais a expliqué ses lacunes par deux facteurs : l’imprévisibilité de la guerre et le cabinet de sécurité.

Pendant la guerre, a-t-il déclaré, il y a toujours « des évènements inattendus, des développements imprévus, un ennemi acharné qui s’oppose [à vous], des erreurs et des leçons qui doivent être apprises. »

Les enquêtes du contrôleur de l’Etat après les campagnes sont censées aider à apprendre des erreurs passées, a-t-il déclaré. Mais cela n’est pas arrivé avec le document publié mardi, a-t-il ajouté.

« Le cabinet pendant Bordure protectrice était le pire et le plus irresponsable que j’ai jamais vu »
Moshe Yaalon

« Le rapport sur Bordure protectrice est devenue un rapport politique, a-t-il déclaré. Il ignore de vastes questions parce qu’il est devenu prisonnier des politiciens et de leurs arrières pensées […] qui ont souillé le processus. »

Depuis la guerre de 2014, l’opération Bordure protectrice, Yaalon a été direct dans ses critiques et ses condamnations du ministre de l’Education Naftali Bennett, qui était lui aussi au cabinet de sécurité à ses côtés, le fustigeant comme « ministre des fuites ».

Mardi soir, Yaalon a cependant élargi ses critiques pour inclure tout le cabinet de sécurité.

« Le cabinet pendant Bordure protectrice était le pire et le plus irresponsable que j’ai jamais vu, a déclaré Yaalon. Et j’ai été membre des cabinets depuis 1995. »

Le contrôleur de l'État Yossef Shapira, le 29 octobre 2014. (Crédit : Flash90)
Le contrôleur de l’État Yossef Shapira, le 29 octobre 2014. (Crédit : Flash90)

Le rapport du contrôleur de l’Etat, Yossef Shapira, a conclu à des fautes importantes dans la manière dont le cabinet de sécurité à été géré pendant l’opération de 2014.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Yaalon n’auraient pas informé correctement le cabinet de sécurité de la menace posée par les tunnels d’attaque du Hamas avant le conflit.

Yaalon a déclaré que le cabinet était « superficiel, politique et populiste, un cabinet de fuites, de déclarations pour le sténographe ou de double déclarations, une dans la pièce, une autre pour le public. »

Les ministres qui ont la « langue acérée sur Facebook et sur Twitter » ont été faibles quand le moment est venu de prendre des décisions, a déclaré Yaalon, probablement en référence à Bennett.

Naftali Bennett, à gauche, et Moshe Yaalon en session plénière de la Knesset, le 12 mars 2014. (Crédit : Flash90)
Naftali Bennett, à gauche, et Moshe Yaalon en session plénière de la Knesset, le 12 mars 2014. (Crédit : Flash90)

Il a reconnu sa responsabilité pour ne pas avoir trouvé « une solution au jardin d’enfants qui s’était formé dans le cabinet de sécurité, ici et là. »

Avant la publication du rapport, Yaalon s’était défendu sur les réseaux sociaux des critiques imminentes.

« La semaine prochaine, vous allez beaucoup entendre parler de Bordure protectrice », a écrit Yaalon sur Facebook samedi soir. « Ils diront que nous ne savions pas, que nous ne leur avons pas dit, que nous ne les avons pas informés. Et le plus grand mensonge de tous ? Que nous n’étions pas prêts et que nous avons perdu. Cela n’a aucun sens. »

Visant à nouveau Bennett, Yaalon avait ajouté « il y a ceux qui divulguent et il y a ceux qui combattent. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...