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Yaalon : Netanyahu “aurait dû démissionner il y a longtemps”

L’ancien ministre de la Défense accuse la “culture politique” problématique d’Israël et la crédibilité de son successeur, Liberman

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, ancien chef d'Etat-major, à l'université hébraïque de Jérusalem, le 18 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, ancien chef d'Etat-major, à l'université hébraïque de Jérusalem, le 18 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, a déclaré samedi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « aurait dû démissionner il y a longtemps » en raison des enquêtes criminelles dont il fait l’objet.

Pendant un évènement organisé à Afula, dans le nord du pays, Yaalon a déclaré que le refus de Netanyahu de démissionner alors qu’il est le suspect de deux enquêtes criminelles était la conséquence d’une « culture politique » problématique en Israël.

« C’est une question de culture politique, évidemment, il n’y a pas de fumée sans feu », a-t-il déclaré.

« Dans la culture politique du Royaume-Uni ou des Etats-Unis, quand une question se pose et qu’une enquête est ouverte, on démissionne », a-t-il dit, ajoutant qu’en Israël, « quelqu’un s’est donné à lui-même l’immunité et a adopté une législation qui dit qu’un Premier ministre ne doit pas nécessairement démissionner. »

Dans le cadre de la loi israélienne, un Premier ministre n’est pas obligé de démissionner s’il est inculpé, et peut continuer à être Premier ministre pendant toute la durée de son procès.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense d'alors, Moshe Yaalon, à Jérusalem, le 8 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense d’alors, Moshe Yaalon, à Jérusalem, le 8 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert, qui purge actuellement une peine de 18 mois de prison pour des faits de corruption et d’obstruction à la justice, a démissionné de son poste de Premier ministre quand une vague d’accusations de corruption l’a submergé.

Plusieurs alliés de Netanyahu au sein de la coalition ont déclaré qu’ils soutiendraient Netanyahu s’il décidait de rester Premier ministre, même si l’une des enquêtes criminelles dont il fait l’objet, les Affaires dites 1 000 et 2 000, entraîne une mise en examen.

L’Affaire 1 000 porte sur des cadeaux très couteux de riches hommes d’affaires qui auraient été acceptés illégalement par Netanyahu et sa famille. L’Affaire 2 000 étudie un accord présumé entre le Premier ministre et Arnon Moses, propriétaire du journal le plus vendu du pays, Yedioth Ahronoth. Netanyahu dément toute malversation.

Depuis sa démission de la Knesset en mai 2016, quand il a été remplacé au poste de ministre de la Défense par Avigdor Liberman, Yaalon critique sévèrement Netanyahu, et il a promis le mois dernier de former un nouveau parti pour défier le Premier ministre et son parti, le Likud, aux prochaines élections.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse aux nouvelles recrues sur la base militaire de Tel Hashomer, le 19 mars 2017. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’adresse aux nouvelles recrues sur la base militaire de Tel Hashomer, le 19 mars 2017. (Crédit : Flash90)

Yaalon a aussi critiqué son successeur samedi, affirmant que l’échec de Liberman à tenir plusieurs de ses belliqueuses promesses faites avant son accession au poste avait nui à sa crédibilité.

« Demandez-vous, avec toutes les paroles lancées en l’air quand j’étais ministre de la Défense, l’élimination du Hamas, un ultimatum de 48h pour [le chef du Hamas Ismail] Haniyeh, un deuxième bouclier [anti-missile] en Cisjordanie, des assassinats ciblés avec des avions en Cisjordanie, pourquoi n’a-t-il pas rien fait ? », a demandé Yaalon en citant plusieurs promesses et déclarations de Liberman.

« Par conséquent, quand des personnes se comportent comme cela, au final, je ne suis pas prêt à leur acheter une voiture d’occasion. Je ne leur fais pas confiance », a-t-il ajouté.

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