Yaalon: Pas de coalition Kakhol lavan/Likud tant que Netanyahu n’est pas blanchi
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Yaalon: Pas de coalition Kakhol lavan/Likud tant que Netanyahu n’est pas blanchi

Dans les négociations actuelles de coalition, Benny Gantz, doit d'abord être le Premier ministre dans tout accord de rotation avec le parti de Netanyahu, selon le n°3 du parti

Les membres du parti politique Kakhol lavan, Benny Gantz (G), Moshe Yaalon (D) et Yair Lapid (C) lors d'une conférence de presse au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019. (Flash90)
Les membres du parti politique Kakhol lavan, Benny Gantz (G), Moshe Yaalon (D) et Yair Lapid (C) lors d'une conférence de presse au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019. (Flash90)

Le n°3 de Kakhol lavan, Moshe Yaalon, a déclaré mercredi que son parti ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à moins que le Premier ministre ne soit innocenté des accusations pénales portées contre lui.

Yaalon – un ancien ministre de la Défense du Likud de Netanyahu – a fait ces commentaires après des pourparlers de coalition de dernière minute menés par le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likud), mercredi, qui ont rapidement débouché sur une impasse.

« J’ai rencontré aujourd’hui le président de la Knesset et député Yuli Edelstein pour tenter d’éviter des élections. J’ai indiqué clairement que Kakhol lavan essayait de former un gouvernement d’unité avec le Likud, comme nous l’avions annoncé dès le début. Nous avons aussi clairement indiqué que nous étions prêts à accepter un accord de rotation pour le poste de Premier ministre, à la condition que Benny Gantz le soit en premier », a écrit Yaalon sur Twitter.

« Nous ne siégerons pas dans un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, à moins qu’un tribunal ne l’acquitte des graves accusations portées contre lui. Nous continuerons à lutter pour l’unité et à faire tout notre possible pour éviter de nouvelles élections, mais nous ne nous écarterons pas de nos valeurs et de nos engagements envers nos électeurs », a déclaré M. Yaalon.

Dans le passé, le Likud a insisté pour que tout accord de partage du pouvoir avec Kakhol lavan verrait Netanyahu occuper en premier le poste de Premier ministre.

Edelstein a invité mercredi dernier les négociateurs de la coalition Kakhol lavan et du Likud à le rencontrer pour « une dernière tentative » de former un gouvernement d’unité. Les équipes de négociation des parties ont rencontré Edelstein séparément.

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, fait un communiqué de presse à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 27 novembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Alors qu’il reste encore deux semaines à 61 députés pour recommander la formation d’un gouvernement avant que le pays ne soit contraint d’aller à une troisième élection sans précédent en l’espace d’un an, Edelstein déplore que « tout le monde semble avoir abandonné, et nous sommes revenus – trop vite – aux slogans [de campagne] et aux calculs électoraux ».

Il a prévenu : « Tout le monde comprend qu’Israël est au milieu d’une situation d’urgence gouvernementale qui pourrait mener à un effondrement économique et social ».

Appelant les dirigeants de Kakhol lavan et du Likud à « choisir entre le leadership et la lâcheté, entre la volonté du public, de l’ensemble de la population et une énorme crise de confiance », Edelstein a déclaré que le pays avait atteint « le moment de vérité dans la politique israélienne. Il n’y aura pas d’autre moment. C’est le moment de dire : Trop c’est trop. »

Dans un communiqué en réponse à Edelstein, Kakhol lavan a déclaré : « Nous saluons l’initiative du président de la Knesset, ainsi que tout dialogue qui peut faire avancer un gouvernement d’unité large dirigé par Kakhol lavan avec le Likud, qui sera basé sur des principes communs ».

Le parti a déclaré plus tôt qu’il « faisait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter des troisièmes élections inutiles et coûteuses, et qu’il rencontrerait le président de la Knesset aujourd’hui pour en discuter ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion des partis de droite à la Knesset, le 20 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé jeudi dernier les charges retenues contre Netanyahu dans trois affaires de corruption. Une heure plus tard, le Premier ministre a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a accusé les procureurs de chercher à l’évincer du pouvoir en utilisant de fausses accusations de corruption dans une « tentative de coup d’Etat ».

M. Netanyahu s’est juré de rester en fonction pendant qu’il combat les accusations criminelles, qui comprennent la corruption, la fraude et l’abus de confiance dans une des affaires et d’autres infractions et fraudes dans deux autres.

Deux scrutins, en avril et en septembre, n’ont pas permis de former un gouvernement élu – une première dans l’histoire politique israélienne. La Knesset a maintenant jusqu’au 11 décembre pour que les législateurs se mettent d’accord sur un député qui formera un gouvernement, sinon le Parlement sera dissous et des élections seront organisées pour la troisième fois, probablement en mars.

Le procureur général Avichai Mandelblit tient une conférence de presse au ministère de la Justice à Jérusalem annonçant sa décision d’inculper le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 21 novembre 2019. (Hadas Parush/FLASH90)

Comme Netanyahu du Likud et Gantz de Kakhol lavan n’ont pas réussi à former un gouvernement à la suite des élections du 17 septembre, on a émis l’hypothèse qu’un autre candidat, comme Gideon Saar député du Likud ou Edelstein lui-même, utiliserait la période allant jusqu’au 11 décembre pour recueillir les 61 signatures des députés qui auraient pour mission de constituer une coalition.

La Douzième chaîne a rapporté mardi que des négociations secrètes avaient lieu dans le but de parvenir à un accord sur un gouvernement d’unité malgré l’impasse politique. Les grandes lignes de l’ébauche qui serait discutée impliquent que Netanyahu serait Premier ministre pendant plusieurs mois, puis un membre de Kakhol lavan – probablement Gantz – prendrait la relève pendant deux ans, après quoi un candidat du Likud prendrait la relève pour le restant du mandat.

Cependant, Yedioth Ahronoth a rapporté que Netanyahu avait rejeté cette offre parce que Kakhol lavan ne voulait pas lui accorder l’immunité des poursuites dans les trois affaires de corruption.

Yaalon est à la tête du parti Telem, qui s’est associé au parti de Gantz Hossen LeYisrael et à Yesh Atid de Yair Lapid pour former Kakhol lavan, avant le premier tour des élections de cette année. Il est considéré comme étant plus à droite sur l’échiquier politique que la plupart des membres de l’alliance centriste. Ancien membre du Likud, Yaalon et Netanyahu se sont disputés en 2016, lorsque le Premier ministre l’a remplacé en tant que ministre de la Défense, remettant le poste au chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, dans le cadre d’une coalition.

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