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Yad Vashem: Expo en ligne pour les 80 ans du premier convoi de déportation de France

Le musée mémorial de la Shoah raconte les histoires des premiers Juifs déportés de France, emmenés de Drancy à Auschwitz au printemps 1942

Exposition en ligne pour les 80 ans du premier convoi de déportation parti de France.
Exposition en ligne pour les 80 ans du premier convoi de déportation parti de France.

Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, a lancé une nouvelle exposition en ligne, sur son site internet, à l’occasion des 80 ans du premier convoi de déportation parti de France.

Ce convoi est parti le 27 mars 1942 de Drancy, direction Auschwitz via Compiègne. Il comptait à son bord 112 hommes juifs, âgés de 18 à 55 ans, dont beaucoup de pères de famille, qui ont laissé derrière eux femmes et enfants, et dont beaucoup avaient rejeté la pratique religieuse de leurs aînés pour célébrer la laïcité à la française.

Yad Vashem raconte ainsi les histoires des premiers Juifs déportés de France et leur rend hommage.

« Ils se voulaient avant tout Français », résume Yad Vashem. « Certains l’étaient, d’autres aspiraient à l’être. Parmi eux, des anciens combattants de la Première Guerre mondiale qui avaient porté l’uniforme de l’armée française, des décorés de la Croix de Guerre. ‘On ne risque rien’, se disaient-ils. Et pourtant. Les rafles parisiennes d’août et décembre 1941 toucheront tous les Juifs, qu’ils soient nés en Pologne, en Russie, ou à Paris, qu’ils soient étrangers, Français ou naturalisés. »

« Qu’ils aient choisi la France pour fuir les difficultés économiques d’une Europe de l’Est peu hospitalière, ou foulé son sol dès leurs premiers pas, ils avaient confiance en elle, en son droit, en ses lois. Sans crainte, ils s’étaient fait recenser, fiers et rassurés d’être des ‘Juifs en règle’. Un respect des consignes qui leur coûtera la vie », indique le mémorial.

Le premier convoi de déportation parti de France. (Crédit : Yad Vashem)

Parmi les déportés dont l’histoire est présente dans l’exposition : Aron Barczsz, arrêté à son domicile du XIe arrondissement. Tailleur de métier, il a confectionné à la hâte un sac en tissu pour emporter avec lui quelques affaires. En guise d’adieu à son fils Jacques, 8 ans, il lui a fait un geste rapide, de loin, sur le trottoir. Personne ne pouvait alors imaginer l’issue de cette séparation.

Charles Dluto a lui été interpellé chez lui, le 20 août, seul avec son jeune garçon, Michel, âgé de moins de 2 ans. D’abord, interné à Drancy, il ne reverra jamais ni sa femme, ni son fils.

Mathieu Alter a été raflé à son domicile parisien, le 12 décembre 1941, à 6h du matin. Née en 1925, sa fille Ginette a pu raconter ses souvenirs d’enfance, l’arrestation de son père ou la fuite dans le Vercors avec sa mère.

« Les huit histoires personnelles présentées dans cette exposition sont le fruit de recherches à partir des bases de données de Yad Vashem. Mais aussi de témoignages de descendants de ces passagers du Convoi 1, qui ont donné lieu à des récits inédits, forts, émouvants. À l’aide de documents, de photos d’époque et de lettres manuscrites, Yad Vashem a voulu revenir sur les parcours, les origines, les contextes familiaux de ‘ces hommes qui vivaient paisiblement’, selon les mots de Serge Klarsfeld. Pour mieux comprendre la brutalité avec laquelle leur quotidien a soudain été suspendu. Pour revenir sur la violence des rafles et l’enfer de l’internement. Pour se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, il y a 80 ans, la France laissait partir son premier convoi de Juifs vers l’horreur de l’extermination. »

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