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Yair Lapid arrive à Berlin accompagné de survivants de la Shoah

Le Premier ministre doit s'entretenir avec le président allemand, la cheffe de la diplomatie et le chancelier avec au menu une grande priorité : le dossier nucléaire iranien

Le Premier ministre Yair Lapid arrive à l'aéroport de Berlin accompagné de Shoshana Trister, une survivante de l'Holocauste née en Ukraine, le 11 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid arrive à l'aéroport de Berlin accompagné de Shoshana Trister, une survivante de l'Holocauste née en Ukraine, le 11 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

BERLIN – Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid est arrivé dimanche soir à Berlin, nouvelle étape de son offensive pour tenter de convaincre les puissances occidentales de ne pas renouveler l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, ennemi numéro un d’Israël.

M. Lapid a descendu les marches du Boeing 737 bleu et blanc, les couleurs du drapeau d’Israël, avec à son bras Shoshana Trister, une rescapée de la Shoah, âgée de 87 ans.

Trister, 87 ans, est née en Galice et s’est échappée avec sa famille d’un camp de travail. Elle a passé deux ans à se cacher dans des familles chrétiennes et dans les bois.

Elle a fait son alyah à Kfar Saba en 1950 et vit aujourd’hui à Tel Aviv où elle passe une grande partie de son temps à peindre.

La délégation israélienne comprend des responsables sécuritaires et cinq rescapés du génocide juif.

M. Lapid doit s’entretenir lundi avec le président Frank-Walter Steinmeier, la cheffe de la diplomatie Annalena Baerbock et le chancelier Olaf Scholz.

Steinmeier et Lapid doivent se rencontrer à la Maison de la Conférence de Wannsee, accompagnés de Trister et d’autres survivants de la Shoah qui ont pris l’avion avec le Premier ministre.

Wannsee Conference Villa (photo credit: Wikimedia Commons)
La villa de la Conférence de Wannsee. (photo credit: Wikimedia Commons)

Israël mène actuellement une intense offensive diplomatique afin de convaincre les pays occidentaux, incluant le E3 (France, Allemagne, Grande-Bretagne), de s’opposer à un retour à l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, conclu en 2015 (JCPOA).

Israël estime que l’accord actuellement en renégociation ne freinera pas le programme iranien et favorisera la levée des sanctions économiques ce qui pourrait, selon l’Etat hébreu, permettre à Téhéran d’accroître son soutien financier à ses ennemis à ses frontières comme les groupes terroristes du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

Ce week-end, Londres, Paris et Berlin ont exprimé fermement leurs « doutes » sur l’engagement de Téhéran à parvenir à un « résultat positif » dans les négociations pour relancer l’accord, estimant que l’Iran « poursuit l’escalade de son programme nucléaire bien au-delà de ce qui pourrait être justifié de manière plausible pour des raisons civiles ».

L’Iran, qui assure que son programme nucléaire est purement civil, a jugé « non constructive » cette déclaration, qui a été en revanche saluée par M. Lapid.

« Je remercie la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour leur position ferme sur cette question (…) Le but de la visite en Allemagne est de coordonner les positions sur le programme nucléaire », a-t-il dit, en se félicitant du dialogue ces derniers mois avec des leaders occidentaux.

Le Premier ministre Yair Lapid monte à bord d’un avion à l’aéroport Ben Gurion qui l’emmène à Berlin, en Allemagne, le 11 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon /GPO)

« Notre compréhension est qu’il n’y a aura pas de retour au JCPOA d’ici au moins la mi-novembre (date des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, ndlr). Nous travaillons avec nos partenaires pour développer une nouvelle stratégie », a déclaré à l’AFP un haut responsable israélien, soulignant que dans ce contexte, « il est important de continuer (…) à influencer la position européenne d’autant que l’Allemagne y joue un grand rôle ».

M. Lapid s’était rendu cet été à Paris évoquer ce dossier sensible avec le président français Emmanuel Macron et a eu de nombreux échanges aussi avec des dirigeants américains, britanniques et allemands.

« Israël mène une campagne diplomatique fructueuse pour stopper l’accord nucléaire et empêcher la levée des sanctions contre l’Iran. Ce n’est pas encore fini, c’est un long chemin, mais il y a des signes encourageants », a ajouté le Premier ministre, également en campagne pour les législatives du 1er novembre dans un pays majoritairement hostile à un retour à l’accord sur le nucléaire iranien dont les Etats-Unis s’étaient désengagés en 2018 sous Donald Trump.

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