Yitzhak Yosef : L’accord États-Unis/Iran est une punition divine pour les arrestations de Haredim
L’ex-Grand Rabbin séfarade affirme que c’est la faute de la "minable" procureure générale si Donald Trump s’est "retourné contre" Israël
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L’ancien Grand Rabbin séfarade Yitzhak Yosef, qui est également le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shas, a déclaré que l’accord de paix en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran – que de nombreux Israéliens considèrent comme une trahison de la part du président américain Donald Trump – constituait un châtiment divin infligé à la procureure générale, Gali Baharav-Miara, pour ses efforts visant à sévir contre les Haredim qui se soustraient au service militaire.
« Depuis l’époque de [David] Ben Gurion, le premier Premier ministre d’Israël, les étudiants des yeshivot sont exemptés [du service militaire] et se consacrent à l’étude de la Torah. La Torah nous protège », a affirmé l’ancien Grand Rabbin lors de sa conférence hebdomadaire du samedi soir.
« Pourquoi [Trump] s’est-il retourné contre nous sans raison ? À cause des décrets qu’ils promulguent contre les étudiants de la Torah, c’est pour cela qu’il s’est retourné contre nous. »
« Arrêtez les arrestations », a-t-il exigé.
« Cette femme, cette femme malfaisante, n’est qu’une ordure. »
Ces dernières semaines, la communauté ultra-orthodoxe a considérablement intensifié ses actions et sa rhétorique contre les efforts visant à placer en détention les réfractaires au service militaire, avec des manifestations de masse bloquant à plusieurs reprises les principales routes du pays et des législateurs menaçant de cesser toute coopération avec la police.
Cette escalade a été provoquée par la décision de la police israélienne de commencer à arrêter les réfractaires, conformément à une ordonnance de la Haute Cour de justice.
Au cours des deux dernières années, l’armée israélienne a envoyé des dizaines de milliers d’ordres de conscription à des hommes ultra-orthodoxes, après que la Haute Cour a révoqué en 2024 les exemptions générales dont bénéficiait cette communauté. La plupart d’entre eux ont ignoré ces avis de conscription, ce qui les rend passibles d’arrestation ou d’autres sanctions, car ils sont désormais considérés comme des réfractaires.
Bien que Tsahal n’ait pas pris de mesures pour arrêter les 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans jugés aptes au service, la détention d’une fraction même minime d’entre eux a déclenché la colère.
En tant que défenseuse de ces sanctions, la procureure générale est devenue la cible fréquente de la colère d’élus haredim et d’autres responsables publics.
Au début du mois, le député Meïr Porush (Yahadout HaTorah) a déclaré que si Baharav-Miara « ne cessait pas de persécuter les érudits de la Torah », il n’y aurait « pas d’autre choix » que de « la chasser à coups de bâtons et de pierres ».
Outre les menaces proférées à l’encontre de la procureure générale, les députés ultra-orthodoxes ont brandi ces dernières semaines la menace d’une révolte fiscale, ont appelé la police à désobéir aux ordres, ont exigé des autorités locales qu’elles cessent toute coopération avec les forces de l’ordre et ont annoncé qu’ils chercheraient à dissoudre la Knesset et à déclencher des élections législatives anticipées.
Leur rhétorique a été reprise au sein des communautés qu’ils représentent, où des manifestants, notamment ceux affiliés à la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes, sont descendus dans la rue pour tenter d’empêcher l’arrestation d’hommes en âge de faire leur service militaire.
Certaines de ces manifestations ont dégénéré en violences, notamment celle qui s’est déroulée la semaine dernière près de la ville de Bnei Brak, dans le centre d’Israël. La police a alors utilisé des grenades incapacitantes et des matraques pour disperser les manifestants qui bloquaient la circulation.
Ces dernières semaines, des manifestants ont également tenté de s’introduire dans le domicile du vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, ont fait irruption dans un commissariat de Beit Shemesh et se sont introduits chez le chef de la police militaire alors que sa famille se trouvait à l’intérieur.
Yosef, fils de l’influent rabbin séfarade Ovadia Yosef, s’est forgé une réputation par ses propos controversés sur les questions de religion et d’État.
En octobre 2025, on l’a entendu, dans un enregistrement, qualifier un collègue rabbin, père endeuillé d’un soldat tué au combat, de « hérétique » pour avoir soutenu des mesures visant à l’enrôlement des Haredim étudiants en yeshiva.
En mai de la même année, il avait également averti que si le gouvernement commençait à arrêter des étudiants de yeshiva pour avoir dérogé aux ordres de conscription, la communauté ultra-orthodoxe serait contrainte de quitter Israël.
« S’ils nous forcent à aller à l’armée, nous, les étudiants de yeshivot, s’ils viennent dans les yeshivot et arrêtent des étudiants, [alors] nous n’avons plus le droit d’exister ici [et] nous partirons tous à l’étranger, nous ne resterons pas ici », avait déclaré Yosef à l’époque.
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