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Les Haredim pourraient s’en prendre à la procureure générale, avertit Porush

L'élu prévient que Yahadout HaTorah pourrait bientôt "se désengager totalement de toute coopération avec toutes les autorités gouvernementales qui participent à la persécution dont nous sommes victimes"

Meïr Porush, député du parti Yahadout HaTorah, assistant à une séance plénière dans la salle de l'Assemblée de la Knesset, à Jérusalem, le 20 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Meïr Porush, député du parti Yahadout HaTorah, assistant à une séance plénière dans la salle de l'Assemblée de la Knesset, à Jérusalem, le 20 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Meïr Porush (Yahadout HaTorah) a déclaré mardi que si la procureure générale, Gali Baharav-Miara, « ne cessait pas de persécuter les érudits de la Torah » en faisant pression pour que les réfractaires à la conscription soient arrêtés, il n’y aurait « pas d’autre choix » que de « la chasser à coups de bâtons et de pierres ».

S’adressant à des représentants des autorités locales de son mouvement politique Shlomei Emunim, qui fait partie de la faction Agoudat Israel du parti Yahadout HaTorah, lors d’une conférence à Betar Illit, Porush a indiqué qu’ils devaient « se préparer ensemble à une campagne difficile et complexe » contre les efforts visant à enrôler les étudiants en yeshiva dans l’armée.

« Le jour n’est peut-être pas loin où je vous contacterai pour vous faire part de la décision qui consistera à nous désolidariser complètement de toute coopération avec les autres autorités gouvernementales qui participent à la persécution dont nous sommes victimes. Nous devrons peut-être mener des actions économiques qui ébranleront l’économie et nous ferons comprendre à l’autre camp qu’on ne peut pas se moquer de nous », a déclaré Porush.

Ses propos ont fait écho à la menace d’une « révolte fiscale » haredi qui a été lancée par le chef du parti Shas, Aryeh Deri, ainsi qu’à la récente consigne qui a été donnée par le chef de Dehel HaTorah, le député Moshe Gafni, aux représentants locaux du parti siégeant dans les conseils régionaux à travers le pays : mettre fin à toute coopération avec la police concernant l’arrestation de Haredim étudiant en yeshiva.

« J’ai vu cette semaine qu’Ehud Barak, ancien Premier ministre et chef d’état-major, l’un des leaders des Kaplanistes [terme utilisé par beaucoup pour désigner les militants de gauche et anti-gouvernement], a déclaré que ‘si Netanyahu tente de saboter les élections, il n’y aura d’autre choix que de l’expulser à coups de bâtons et de pierres’ », a poursuivi Porush.

« Une fois la guerre déclarée contre le monde de la Torah, tout ce qui leur est permis nous est permis, et, si nécessaire, même davantage. »

Des manifestants ultra-orthodoxes protestant contre l’arrestation de Haredim qui avaient pris part à une manifestation devant le domicile du juge de la Cour suprême Noam Sohlberg et qui ont ensuite été remis à la police militaire, devant le centre de détention d’Abu Kabir, à Tel Aviv, le 10 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Ces propos ont été tenus près de deux semaines après que des extrémistes ultra-orthodoxes ont brisé des vitres et causé des dégâts matériels en tentant de s’introduire dans la maison du vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, lors d’une émeute.

Les violences survenues au domicile de Sohlberg ont fait suite à un incident au cours duquel un groupe de manifestants haredim avait fait irruption dans l’enceinte d’un commissariat de police à Beit Shemesh, provoquant des émeutes et des affrontements avec les agents, quelques jours auparavant. Elles ont également eu lieu après l’irruption, en avril, de membres de la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes, au domicile du chef de la police militaire alors que sa famille se trouvait à l’intérieur.

Le mois dernier, Porush a semblé appeler la police à refuser d’arrêter les étudiants en yeshiva qui désobéissent aux ordres de conscription, déclarant qu’ils devaient « réfléchir mûrement » à leurs actes.

Une enquête menée en 2025 par le Times of Israel avait révélé qu’une ligne d’assistance téléphonique liée à Porush, alors membre du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, conseillait aux appelants de « simplement ignorer » les convocations au bureau de recrutement de Tsahal.

Des Haredim bloquant une route et affrontant la police lors d’une manifestation contre l’incarcération d’étudiants en yeshiva qui n’ont pas respecté un ordre de recrutement de l’armée, au carrefour de Ganot près de Tel Aviv, le 11 juin 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

En vertu de la loi israélienne, toute personne incitant autrui à se soustraire au service militaire en temps de guerre encourt une peine de quinze ans de prison.

Ces dernières semaines ont été marquées par une recrudescence significative des manifestations ultra-orthodoxes contre la conscription.

Ces manifestations se sont intensifiées dans le contexte d’un débat national acharné sur les exemptions générales du service militaire dont les Haredim bénéficient depuis longtemps. En 2024, un arrêt de la Haute Cour a déclaré que les hommes ultra-orthodoxes devaient s’enrôler, et le débat sur l’enrôlement a pris un caractère d’urgence dans le cadre de la guerre sur plusieurs fronts que mène Israël depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

L’armée israélienne a averti à plusieurs reprises d’une pénurie d’effectifs imminente dans le contexte des combats. Mais les dirigeants haredim continuent de faire pression pour que ces exemptions soient inscrites dans la loi, affirmant que le service militaire constitue une menace pour leur mode de vie et demandant que l’étude de la Torah soit considérée comme un service équivalent.

Au cours des deux dernières années, Tsahal a envoyé des dizaines de milliers d’ordres de conscription à des membres de la communauté ultra-orthodoxe, à la suite de la décision de la Haute Cour. La plupart d’entre eux ont ignoré ces ordres, ce qui a conduit un grand nombre de jeunes hommes à être classés comme réfractaires et à faire l’objet d’arrestations ou d’autres sanctions.

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