Yossi Klein défend sa comparaison entre les sionistes religieux et le Hezbollah
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Yossi Klein défend sa comparaison entre les sionistes religieux et le Hezbollah

L’éditorialiste de Haaretz déplore: “cet éditorial me présente sous un jour qui n’est pas vrai. Je me vois comme un patriote”

Yossi Klein, éditorialiste de Haaretz. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Yossi Klein, éditorialiste de Haaretz. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Yossi Klein, éditorialiste du quotidien Haaretz, a redoublé la mise vendredi après un article publié la semaine dernière qui avait déclenché un scandale, et dans lequel il affirmait que le mouvement sioniste religieux était « plus dangereux que le Hezbollah ».

Dans son éditorial, publié mercredi et intitulé « Notre élite hypocrite », Klein avait écrit que « les religieux nationaux sont dangereux. Plus dangereux que le Hezbollah, plus que les conducteurs des attaques à la voiture bélier et que des enfants avec des ciseaux [en référence à une attaque terroriste d’une adolescente palestinienne]. Les Arabes peuvent être neutralisés, mais pas eux. Que veulent-ils ? Diriger le pays et le nettoyer des Arabes. »

L’article avait été condamné par le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et beaucoup de ses partenaires de la coalition, notamment par des membres du parti sioniste religieux HaBayit HaYehudi. Plusieurs députés de l’opposition avaient eux aussi condamné l’éditorial, et accusé Klein de nuire à la gauche israélienne.

En défendant ses affirmations à la télévision, Klein a déclaré que sa comparaison avec le Hezbollah avait pour objectif de mettre en évidence que le sionisme religieux était devenu un « corps politique » et que combiner la politique avec la religion était dangereux, « pas moins que le Hezbollah. »

Quand le journaliste de la Deuxième chaîne qui l’interviewait, Amnon Abramovich, a dit à Klein que le Hezbollah ne devrait « pas être dans votre arsenal », Klein a répondu que critiquer son article à cause de cette comparaison, c’était « passer à côté du sujet ».

« Le sujet, c’est nous, ce qui arrive parmi nous, et ce qui est pratique pour nous de négliger », a dit Klein.

File photo of Yigal Amir appearing in court in 2004 (photo credit: Yoram Rubin/Flash90)
Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, comparait devant le tribunal, en 2004. (Crédit : Yoram Rubin/Flash90)

Après avoir été accusé par Abramovich de « commettre le pêché de généralisation » et avoir été confronté à une liste d’intellectuels sionistes religieux qui sont modérés et promeuvent le dialogue, Klein a déclaré que toute liste sur le groupe sioniste religieux devrait aussi inclure ‎‎HaMakhteret HaYehudit, un groupe terroriste juif des années 1980, et Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin.

Chaque généralisation, par essence, rate l’individu, a dit Klein. « Je fais référence au sionisme religieux comme corps politique », a-t-il dit, ajoutant que naturellement, quand vous examinez les individus dans le camp politique, vous trouvez une gamme d’opinions.

« Si vous voulez influencer les gens, vous ne pouvez pas utiliser des expressions clivantes », a rétorqué Abramovich.

Klein a affirmé que la droite israélienne se permettait d’avoir des comportements interdits à la gauche. « La ministre de la Justice [Ayelet Shaked, du parti HaBayit HaYehudi] a dit que mon article était antisémite, a-t-il dit. Elle ne l’a même pas lu. Elle ne peut rien indiquer d’antisémite dedans. Elle l’a simplement dit. Vous savez, vous tâchez quelque chose que vous n’aimez pas avec un adjectif comme ‘antisémite’, et c’est bon, vous avez fait votre boulot. Ou ‘incitation’. Qu’est-ce qui incite [à la haine] dans cet article ? »

En défendant le choix de ses mots, Klein a dit que « j’utilise le langage qui est acceptable aujourd’hui. Ce langage, où la droite généralise et la gauche généralise, c’est apparemment le langage qui est devenu acceptable ici. »

« Je ne suis pas celui qui a commencé avec les insultes, a ajouté Klein. C’est le gouvernement actuel qui a commencé avec les insultes. C’est le gouvernement qui généralise sur la gauche et nous appelle des ‘traîtres’. C’est lui qui a murmuré à l’oreille du rabbin Kaduri que les gens de gauche avaient ‘oublié ce que cela veut dire d’être juif’. »

Klein faisait ici référence à une remarque de Netanyahu à la fin des années 1990, quand il avait rendu visite à Kaduri, qui était l’une des voix écoutées de l’électorat religieux israélien.

Abramovich a déclaré que le début de l’article, qui fait référence au Hezbollah, était le « cœur du problème », ce à quoi Klein a répondu « vous savez quoi ? Prenez ces trois lignes, enlevez-les, et jetez-les. Vous êtes d’accord avec le reste ? »

Klein a ajouté que « je ne peux pas ignorer le fait que cet éditorial me présente sous un jour qui n’est pas vrai. Je me vois comme un patriote. Je vais vous dire plus : je pense que je suis plus patriote qu’eux, parce que je pense sincèrement que les choses qu’ils font – et quiconque les critique est étiqueté comme anti-patriote ou même antisémite – ces choses me nuisent, nuisent à ce pays, ce pays qui est ma patrie. »

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