Zeev Elkin : Les écolos dénonçant l’exploitation gazière sont des « charlatans »
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Zeev Elkin : Les écolos dénonçant l’exploitation gazière sont des « charlatans »

L'élu du Likud a consacré toute son intervention à la conférence Environment2050 organisée à Tel Aviv à s'en prendre à des groupes environnementaux

Le ministre de la Protection de l'Environnement Zeev Elkin arrive pour la nouvelle réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre à Jérusalem le 2 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Protection de l'Environnement Zeev Elkin arrive pour la nouvelle réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre à Jérusalem le 2 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Protection de l’environnement Zeev Elkin a fustigé certains des principaux groupes écologistes du pays cette semaine, les accusant d’être des « charlatans » qui trompent le public.

Elkin, du parti du Likud, a consacré toute son intervention de mardi à la conférence Environment2050 organisée à Tel Aviv à s’en prendre à des groupes environnementaux. Son intervention a surpris un grand nombre de participants de la conférence et entraîné une réponse pleine de colère des organisations écolos.

Une bonne partie de ses propos était dirigée contre les activités derrière la campagne visant à repousser plus loin en mer le gisement d’exploitation de gaz naturel Leviathan par rapport à sa localisation actuelle, à 9,7 kilomètres de la côte israélienne, au large de Césarée.

Les groupes activistes sont coupables de « charlatanisme, d’ignorance et parfois même de déformation délibérée » de la réalité, a-t-il lancé au public.

Amir Bracha, le directeur de l’ONG Adam Teva VeDin, a repris le ministre en direct à la conférence et a ensuite qualifié les propos d’Elkin de « indignes ».

« Nous suggérons au ministre de s’occuper plus de son rôle en tant que responsable de questions environnementales en Israël et [de faire] moins d’attaques scandaleuses et impertinentes contre des organisations environnementales, qui travaillent jour et nuit pour le peuple israélien », a-t-il dit.

Miki Haimovich, la responsable des questions environnementales à Kakhol lavan, a également critiqué Elkin pour son attaque sur les groupes au lieu les impliquer et d’écouter leurs craintes. Elle a déclaré à la conférence qu’Elkin aurait dû présenter une vision et un programme à la conférence, et non une tirade.

Une manifestante israélienne prend part à une manifestation contre le gisement offshore Leviathan qui a commencé la production ce jour, dans la ville côtière de Tel Aviv, le 31 décembre 2019. (Photo par JACK GUEZ / AFP)

Le mois dernier, juste avant que le projet du Leviathan à 3,75 milliards de dollars ne commence à produire du gaz le 31 décembre, la société Noble Energy, basée au Texas, dont le principal partenaire est la société Delek Drilling Ltd d’Yitzhak Tshuva, a lancé une phase de « mise en service » de la plate-forme et des conduites. Cette phase comprenait deux sessions de ce que l’on qualifie de ventilation à froid – émettant directement de l’azote dans l’atmosphère.

Inquiets des risques de pollution pendant ces ventilations, des milliers de résidents côtiers ont temporairement quitté leurs maisons.

Les manifestants « nous avaient promis que nous aurions droit à Chernobyl ici », a déclaré Elkin à la conférence.

Les opposants contre l’emplacement actuel de la plateforme incluent des autorités locales, l’organisation environnementale Zalul, qui cherche à protéger les mers et rivières du pays, et Home Guardians, qui a été créé spécifiquement pour lutter contre l’emplacement de la plateforme car le groupe pense qu’elle aura un effet négatif sur la santé des populations locales.

Accusant les groupes environnementaux de « tromper délibérément le public » et de leur « raconter des mensonges », Elkin a déclaré que les groupes impliqués dans les manifestations « nous avaient promis des chiffres, qui n’avaient aucun fondement. Le personnel des ministères de la protection de l’environnement et de la santé nous ont dit que ces chiffres ne reposaient sur aucune base ».

Décrivant la campagne comme étant du NIMBY (Not In My Back Yard), il a accusé qu’elle menaçait d’entraîner une perte de confiance du public dans la cause écologiste.

Une photo d’un réservoir d’ammoniac à Haifa, le 30 juin 2017. (Flash90)

Le ministre, qui, dans les milieux environnementaux, est largement considéré comme manquant d’intérêt pour le sujet et faisant peu pour le faire avancer, a pointé Zalul nommément, se plaignant que l’organisation a surgi dans différentes campagnes – à un moment donné contre le Léviathan, à un autre contre un réservoir controversé de stockage d’ammoniac dans la baie de Haïfa, que le ministère de la Protection de l’environnement a finalement fermé en septembre 2017.

Dans le cadre de sa campagne pour faire fermer le réservoir d’ammoniac, Elkin a accusé Zalul d’avoir fait circuler un « faux » document signé par certains des scientifiques les plus renommés du pays, qui ont ensuite reconnu qu’ils n’avaient pas lu le rapport mais qu’ils avaient signé parce qu’ils soutenaient la cause. Zahul avait même convaincu les tribunaux de prendre des décisions « loufoques » qui, à l’époque, ont menacé des emplois à Haïfa.

« Des gens parlent sans fondements, sans faits, en faisant peur au public », a-t-il dit.

La plate-forme gazière Leviathan, au large d’Israël. (Crédit : autorisation Albatross)

Zalul a répondu en accusant qu’il y avait un « énorme vide de leadership » à la tête du ministère, qui « est censé s’occuper de l’un des plus grands défis de l’humanité [le changement climatique] ». Elkin a décidé une fois de plus de se mettre du côté de l’industrie polluante et d’accuser les organisations environnementales de faillites, qui portent toutes son nom ».

Yoni Sappir, président de Home Guardians, a déclaré que c’était Elkin qui avait trompé le public en affirmant qu’aucune pollution terrestre n’avait été enregistrée après les vents froids. M. Sappir a soutenu que la lecture était biaisée par le vent qui poussait la pollution vers la mer, alors que « d’énormes quantités de pollution » ont été détectées le lendemain de la première séance d’aération.

Le manque de confiance a de nouveau été le thème de la conférence lors d’un débat d’experts sur la réglementation environnementale.

Pollution dans la ville de Haïfa, au nord d’Israël, le 15 avril 2015. (Basel Awidat/Flash90)

Nir Kantor, de la Manufacturers Association of Israel, a affirmé que les tentatives de Noble Energy pour convaincre le public que ce qu’elle faisait n’était pas dangereux pour la santé avaient entraîné des problèmes : Par exemple, lorsqu’un moniteur de pollution côtière a dysfonctionné, la population locale a supposé que la société l’avait trafiqué intentionnellement.

Il a appelé au dialogue entre les défenseurs de l’environnement et l’industrie, parce que « nous avons besoin d’être sur le même bateau ensemble ».

Relever le défi du changement climatique en fermant simplement toutes les usines polluantes entraînerait la fermeture du marché, a-t-il averti. Les entreprises paient des impôts et sont le moteur de l’économie du pays, et il ne faut pas les laisser s’effondrer.

Amichai Fisher, qui dirige un service au sein du Bureau du Premier ministre visant à renforcer l’efficacité de régulation, a déclaré que le manque de confiance entre l’industrie et le public ne faisait qu’empirer.

En l’absence d’une initiative gouvernementale large pour traiter le changement climatique, les différents services ministériels se chamaillent entre eux et refusent de faire des compromis, a-t-il ajouté.

« Le défi est de trouver un moyen de travailler ensemble, pour que les systèmes fonctionnent ensemble », a-t-il dit, citant la manière dont le gouvernement avait géré les pénuries de logement en créant un Cabinet du logement sous l’égide du ministère des Finances, avec un Conseil spécial d’urbanisme et d’autres mesures.

Fisher a été largement critiqué l’an dernier pour ce qui a été considéré comme des tentatives d’affaiblir le pouvoir du ministère de la Protection de l’environnement d’émettre des règlements environnementaux et de le forcer à tenir compte de considérations économiques dans son processus décisionnel.

Situé en mer Méditerranée à 125 kilomètres à l’ouest de Haïfa, le gisement Leviathan contient environ 0,6 trillion de mètres cubes de gaz naturel, et un potentiel d’un demi million de barils de pétrole, selon les estimations fournies par les exploitants du gisement.

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