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Zelensky se félicite d’une « tendance positive » dans les relations avec Israël

Le président ukrainien a toutefois noté que "aujourd'hui, cela ne suffit pas", car "Israël est un État qui sait" ce qu'est la guerre et "devrait soutenir davantage l'Ukraine"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky apparaît à l’écran, alors qu’il s’adressedepuis Kiev au public du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 23 mai 2022. (Crédit : AP/Markus Schreiber)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky apparaît à l’écran, alors qu’il s’adressedepuis Kiev au public du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 23 mai 2022. (Crédit : AP/Markus Schreiber)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité mercredi d’une « tendance positive » dans les relations avec Israël, après un partage de renseignement entre les deux pays notamment sur les « 400 drones iraniens » déjà utilisés selon lui par la Russie pour appuyer son invasion.

« Nous sommes donc au début de la coopération, c’est une tendance positive dans les relations avec Israël », s’est-il réjoui lors d’une conférence de presse à Kiev avec son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo.

« Je suis satisfait de ces derniers jours : nous avons commencé à travailler », a-t-il encore souligné, indiquant que, selon lui, « tout le monde veut des relations plus chaleureuses » entre les deux pays.

Le président ukrainien a toutefois noté que, selon lui, « aujourd’hui, cela ne suffit pas ». « Israël est un État qui sait profondément (…) ce qu’est réellement la guerre, et je pense qu’il devrait soutenir davantage l’Ukraine », a-t-il exhorté face à la presse.

« Les données issues du renseignement qui s’échangent actuellement confirment une fois de plus ce que nos services savaient : environ 400 drones iraniens ont déjà été utilisés contre la population civile ukrainienne » par la Russie, a-t-il indiqué.

Selon lui, « 60 à 70 % d’entre eux ont été abattus » par la défense antiaérienne ukrainienne.

L’épave de ce que Kiev a décrit comme un drone iranien Shahed abattu près de Kupiansk, en Ukraine, le 13 septembre 2022. (Crédit : Direction des communications stratégiques de l’armée ukrainienne via AP)drone

Téhéran et Moscou ont nié à plusieurs reprises ces derniers jours ces accusations.

A ses côtés face aux journalistes, le Bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la Cédéao, a affirmé que Vladimir Poutine, à qui il avait rendu visite mardi, « avait exprimé l’idée qu’il était prêt à négocier avec le président Zelensky ».

Volodymyr Zelensky a rapidement balayé toute possibilité de discussions avec Moscou, tant que l’armée russe « frappe les infrastructures » ukrainiennes, a-t-il dit.

« Commençons à débloquer au moins la mer Noire », a-t-il proposé, alors que Kiev accuse Moscou de retarder délibérément 170 navires destinés au transport de céréales depuis l’Ukraine vers de nombreux pays d’Afrique et d’Asie.

« Le désir de parler du président russe n’est, je pense, rien de plus que de la rhétorique préparée », a-t-il ajouté.

Bien qu’Israël ait envoyé à plusieurs reprises de l’aide humanitaire à l’Ukraine et tout en continuant à exprimer sa sympathie pour la situation difficile dans laquelle se trouve le pays, Israël a systématiquement rejeté les demandes de Kiev concernant d’éventuelles livraisons d’armes de défense, en particulier portant sur les systèmes de défense antimissile qui pourraient être utilisés pour repousser les frappes aériennes russes.

Le refus d’Israël serait une tentative, de la part de Jérusalem, de maintenir des liens avec Moscou, en raison du contrôle russe de l’espace aérien syrien, où l’armée de l’air israélienne a effectué des centaines de sorties pour, selon elle, lutter contre des livraisons d’armes iraniennes à des groupes terroristes et pour empêcher les groupes soutenus par Téhéran de s’y implanter.

Les responsables israéliens ont également exprimé la crainte que des technologies militaires avancées ne tombent entre les mains de l’ennemi et ont invoqué des limites de production et d’approvisionnement.

Israël s’inquiète de plus en plus de la coopération militaire entre la Russie et l’Iran, le Premier ministre Yair Lapid ayant déclaré la semaine dernière au ministre ukrainien des Affaires étrangères que cela mettait « le monde entier en danger »

Zelensky a fait allusion aux préoccupations israéliennes concernant l’Iran lors d’un discours prononcé lundi dans le cadre d’une conférence organisée par le quotidien Haaretz, affirmant que la présence militaire russe en Syrie « a été considérablement réduite », alors que Moscou s’apprête à envoyer des renforts pour contrer les avancées ukrainiennes.

Selon Zelensky, la Russie a commandé environ 2 000 drones à l’Iran, du même type que ceux utilisés, selon Kiev, par Moscou dans ses récentes attaques contre l’Ukraine.

« Le son dégoûtant des drones iraniens est entendu dans nos cieux chaque nuit. Selon nos services de renseignement, la Russie a commandé environ 2 000 ‘Shaheds’ à l’Iran », a-t-il déclaré.

Un drone vole au-dessus de Kiev pendant une attaque dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 17 octobre 2022. (Crédit : Sergei SUPINSKY / AFP)

Zelensky a déclaré que « des instructeurs iraniens sont venus enseigner aux Russes comment utiliser les drones » en Ukraine, faisant écho à une affirmation de la Maison Blanche la semaine dernière selon laquelle l’Iran a envoyé du personnel militaire pour aider à former les opérateurs de drones en Crimée.

Il a également averti que la Russie pourrait désormais aider l’Iran à développer son programme nucléaire en échange des drones fournis par la République islamique.

Bien qu’il ait réprimandé les dirigeants de l’État juif dans ses remarques de lundi, M. Zelensky a remercié le public israélien pour son soutien à son pays.

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