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Zone C : 33 structures palestiniennes autorisées et plus de 1 100 rasées depuis 2017

Les Palestiniens reçoivent rarement l’autorisation de construire dans la zone C en Cisjordanie

Des troupes israéliennes montent la garde tandis que des bulldozers démolissent une maison dans le village d'Hegrah, en Cisjordanie, dans le sud d' Hébron, le 25 septembre 2019. (Wisam Hashlamoun/Flash90)
Des troupes israéliennes montent la garde tandis que des bulldozers démolissent une maison dans le village d'Hegrah, en Cisjordanie, dans le sud d' Hébron, le 25 septembre 2019. (Wisam Hashlamoun/Flash90)

Entre 2017 et 2021, le ministère israélien de la Défense n’a délivré que 33 permis de construire pour les résidents palestiniens des zones de Cisjordanie directement administrées par Israël, a déclaré mercredi soir le vice-ministre de la Défense, Alon Schuster, à la Knesset.

Au cours de la même période de cinq ans, l’armée israélienne a procédé à la démolition de 1 169 structures palestiniennes sans permis, a déclaré Schuster, auxquels s’ajoutent 487 structures israéliennes également rasées par l’État.

En vertu des Accords d’Oslo, Israël exerce un contrôle direct sur la zone C de Cisjordanie, qui comprend environ 60 % du territoire contesté. Environ 450 000 citoyens israéliens vivent dans la zone C aux côtés de 300 000 Palestiniens.

Mais les Palestiniens de la zone C se disent confrontés à de forts obstacles en matière de construction dans un cadre légal. Beaucoup de leurs villes n’ont pas de plans directeurs, essentiels pour l’octroi des permis. D’autres se trouvent dans des zones que l’armée israélienne a déclarées zones de tir.

L’armée israélienne démolit régulièrement des maisons et des structures construites illégalement dans la zone C. Certaines petites communautés, comme les hameaux bédouins qui parsèment la vallée du Jourdain, ont à ce titre été démolies à plusieurs reprises.

Entre 2016 et 2020, 99,1 % des demandes palestiniennes de permis de construire ont été rejetées, selon les données fournies par l’administration civile de l’armée israélienne. La plupart des demandes ont été déposées après le début des travaux, a précisé l’organisme militaire israélien.

Un bulldozer israélien démolit une structure palestinienne dans les collines du sud d’Hébron, le 30 septembre 2020. (WAFA)

En revanche, la construction de 7 000 logements dans les implantations israéliennes en Cisjordanie a commencé entre 2017 et 2020, selon l’association La Paix maintenant. Les données pour 2021 ne sont pas encore disponibles.

Au tout début de l’administration israélienne sur la Cisjordanie, l’armée israélienne approuvait la grande majorité des demandes de permis palestiniennes. En 1972, près de 97 % des demandes de construction résidentielle étaient approuvées (2 123 sur un total de 2 199 demandes).

Israël avait annexé des zones de la Cisjordanie et Jérusalem-Est, précédemment sous contrôle jordanien, à l’issue de la guerre des Six Jours, en 1967.

Dans une zone de Cisjordanie où chaque hectare libre est farouchement disputé, tant par les résidents israéliens que par les Palestiniens, le nombre d’autorisations pour des projets palestiniens a considérablement diminué au fil des ans.

Les responsables israéliens notent que de nouveaux projets de communautés palestiniennes ont été approuvés au cours des dernières années.

Des diplomates américains et européens avaient déjà soulevé la question avec Jérusalem par le passé.

« Au cours de ces années – de 2017 à 2021 – une quinzaine de programmes ont été adoptés dans les communautés palestiniennes », a déclaré Schuster lors de la réunion plénière de la Knesset mercredi.

Toutefois, seulement cinq de ces programmes ont reçu l’approbation finale. Ils concernent un hôtel, une boutique de cadeaux et deux bâtiments résidentiels à Beit Jala, près de Bethléem, et la régularisation de 170 structures à Abdullah Younes dans le nord de la Cisjordanie.

« Cette déclaration vise à donner l’impression – fausse – d’ « installations faites pour les Palestiniens ». Si vous regardez les cinq plans dans le détail, vous verrez qu’il s’agit en l’espèce de projets négligeables », a déclaré Alon Cohen-Lifschitz, urbaniste chez Bimkom qui travaille en Cisjordanie.

« Cela ne change rien au fait qu’Israël cherche à empêcher les projets palestiniens dans la zone C, où ils ne peuvent légalement construire que dans 0,5 % [du territoire] », a accusé Cohen-Lifschitz.

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