A l’issue de quelques mois de négociations, l’Allemagne consent à une réduction sur le prix de vente d’une canonnière à Israël, après son refus lors de l’échec des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

L’accord pour les trois destroyers lance-missiles est à présent estimé à une valeur d’environ 766 274 080 dollars, soit les deux tiers du prix d’origine.

L’accord devrait être signé dans quelques semaines, a rapporté le quotidien israélien Haaretz dimanche.

Israël avait demandé à l’Allemagne une réduction de 30 % sur le prix original de près de 1,15 milliard de dollars pour les destroyers, réduction accordée dans les précédents contrats d’armement entre les deux pays.

Mais en mai, Christoph Heusgen, conseiller à la sécurité nationale de l’Allemagne, a informé son homologue israélien Yossi Cohen que l’Allemagne ne serait prête à vendre les destroyers qu’au prix fort.

Heusgen a affirmé que, suite à l’échec des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens environ deux semaines plus tôt, le gouvernement allemand n’approuverait pas de remise sur la vente d’armes à Israël, selon Haaretz.

En juin, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, en visite à Berlin pour rencontrer son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, a de nouveau soulevé une demande de rabais, selon Haaretz.

La visite de Liberman a servi de catalyseur pour un nouveau cycle de négociations entre responsables israéliens et allemands, qui a abouti trois mois plus tard à un consentement de l’Allemagne.

Les destroyers seront utilisés pour protéger les infrastructures israéliennes de gaz naturel.

« Liberman n’a jamais lâché prise », a déclaré un responsable israélien sous couvert d’anonymat à Haaretz. « Il a joué un rôle très positif et a réussi à mobiliser de nombreux responsables allemands pour faire avancer l’affaire. »

L’Allemagne, qui affirme entretenir une « relation spéciale » avec Israël en raison de son rôle dans la Shoah est restée un allié fidèle de Jérusalem.

L’Allemagne a jusqu’à présent fourni à la marine israélienne quatre sous-marins Dolphin à prix réduit, et doit livrer un cinquième sous-marin courant 2014.

Le rôle clé de l’Allemagne dans le renforcement de la flotte navale Israël a soulevé une certaine opposition à Berlin, certains hauts responsables politiques exprimant leur préoccupation quant à la possibilité que Jérusalem utilise à mauvais escient les armes allemandes.

« L’Allemagne ne doit pas livrer d’armes aux zones de conflit et à des dictateurs », a déclaré Ralf Stegner, du Parti social-démocrate de centre-gauche – SPD – dans une interview il y a deux semaines. « Qu’en est-il de l’Arabie saoudite ? Qu’en est-il du Qatar ? Je demande également : Qu’en est-il d’Israël ? »

Stegner a précisé que sa position ne doit pas être perçue comme anti-israélienne – « Je m’oppose aux exportations d’armes dans les zones de crise et de dictature », a-t-il tweeté.

Le SPD fait partie du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Dans un discours à la Knesset en 2008, pourtant, Mme Merkel avait déclaré que la sécurité d’Israël faisait partie de la « raison d’Etat » (Staatsraison en allemand) de son pays.

Par conséquent, a-t-elle promis, « la sécurité d’Israël ne sera jamais ouverte à des négociations ».

Raphaël Ahren et Adiv Sterman ont contribué à cet article.