Les dirigeants de la communauté chrétienne de la ville de Raqqa au nord de la Syrie ont signé un accord de soumission aux islamistes. Une organisation islamiste anciennement liée à Al-Qaïda, qui dirige la ville après s’en être emparée, a interdit aux chrétiens de pratiquer leur religion en public en échange de leur protection.

Le document, datant de dimanche, a été publié et diffusé sur des comptes Twitter appartenant à des islamistes. Il stipule que trois options ont été présentées à la communauté chrétienne de la province de Raqqa, assiégée en mars 2013 par l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Les options comprenaient la conversion à l’islam, la soumission à l’islam tout en restant chrétien ou encore « affronter l’épée. » Les dirigeants chrétiens ont choisi la seconde option, connue sous le nom de « dhimmitude. »

Plus tôt ce mois-ci, le commandement d’Al-Qaïda s’est écarté de l’EIIL, déclarant qu’il ne s’agissait « pas d’une branche d’Al-Qaïda. »

L’authenticité du document, portant les cachets d’Al-Qaïda, n’a pas pu être vérifiée. Les signatures de 20 dirigeants chrétiens au bas du document auraient été floutées à leur demande.

Selon la loi islamique, les chrétiens et juifs vivant sous la souveraineté musulmane doivent payer une taxe connue sous le nom de jizya, en échange de leur protection par le dirigeant musulman, connue sous le nom de « dhimmi. »

Les chrétiens de Raqqa ont opté pour le traité de dhimmi plutôt que la guerre, selon le document. Le commandant local de l’EIIL Ibrahim Al-Badri leur a promis qu’ils ne seraient ni blessés, ni attaqués, pour des raisons religieuses.

En échange, les chrétiens ont accepté une liste de conditions. Ils ne pourront plus rénover les églises ou les monastères à Raqqa, ni exhiber de croix ou autres symboles religieux en public, ni utiliser des hauts parleurs lors de la prière.

Ils ne pourront plus lire à haute voix les Saintes Écritures à l’intérieur assez fort pour que des musulmans qui se tiendraient à l’extérieur entendent, ne pourront plus agir subversivement contre les musulmans, ni faire de cérémonies religieuses en dehors des églises.

Les chrétiens ne pourront pas empêcher les conversions d’autres chrétiens à l’islam, devront respecter l’islam et les musulmans et ne rien dire d’offensant à leur sujet. Ils devront payer la taxe « jizya » de quatre dinars d’or pour les riches, deux pour les personnes au revenu moyen, et un pour les pauvres, et ce deux fois par an, par adulte chrétien. La consommation d’alcool en public leur sera interdite et ils devront s’habiller modestement.

« S’ils respectent ces conditions, ils seront proches de Dieu et recevront la protection de son prophète Mahomet… aucun de leurs droits religieux ne sera bafoué et nul mal ne sera fait aux prêtres et moines, » conclut le document. « Mais s’ils désobéissent  ne serait-ce qu’à une seule des conditions, ils ne seront plus protégés et l’EIIL pourra les traiter de manière hostile et violente. »

L’EIIL a récemment interdit la vente de cigarettes à Raqqa et obligeles femmes du port du voile en public. La semaine dernière, selon le quotidien libanais The Daily Star, l’EIIL a modifié les congés de fin de semaine à jeudi et vendredi au lieu du vendredi et samedi , comme dans « les pays infidèles. »