Un policier a été tué mercredi dans une attaque présumée à la voiture bélier contre les forces de sécurité, lors d’affrontements qui ont éclaté au cours des démolitions de bâtiments qui étaient prévues mercredi matin à Umm al-Hiran, un village bédouin non autorisé et contesté depuis longtemps.

Le chauffeur du véhicule a été abattu par les forces de sécurité.

La police a identifié le policier tué comme Erez Levi, 34 ans, déclarant qu’il avait été « assassiné dans une attaque à la voiture bélier. »

Selon des sources policières, le chauffeur du véhicule, Yaakoub Mousa Abu al-Qian, a été abattu après avoir conduit vers la ligne formée par la police dans le village. Une autre personne aurait été tuée.

Ayman Odeh, député et dirigeant de la Liste arabe unie, a été légèrement blessé par une pierre qui lui a accidentellement été jetée par l’un des manifestants bédouins, a déclaré qu’une importante force de police, composée d’une centaine de policiers, « a attaqué les habitants d’Umm al-Hiran. Ils leur sont simplement tombés dessus, ils m’ont touché et ont tiré sur moi avec brutalité. »

Plusieurs autres individus auraient été grièvement blessés.

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Selon Raed Abu Jihad, habitant du village, il ne s’agirait pas d’une attaque à la voiture bélier. La police avait d’abord tiré sur le conducteur, et ses blessures l’avaient, de fait, empêché d’arrêter sa voiture avant de renverser des policiers, a-t-il déclaré à la radio.

Le député arabe Ayman Odeh blessé par une balle en caoutchouc pendant des affrontements dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, le 18 janvier 2017. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

Le député arabe Ayman Odeh blessé par une balle en caoutchouc pendant des affrontements dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, le 18 janvier 2017. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

Dans un communiqué publié mercredi matin, la police a déclaré que l’attaquant était un « activiste du Mouvement islamique en Israël» qui a « accéléré vers les policiers dans l’intention de mener une attaque [à la voiture] bélier. Il y a plusieurs blessés, dont des policiers. »

Le communiqué affirme que les autorités « examinent la [possible] affiliation de l’attaquant à l’Etat islamique. »

Cependant, les proches d’Abu al-Qian ont dit qu’il ne faisait pas partie du Mouvement islamique, et déclaré qu’il était instituteur. « Ce ne sont que des mensonges », a déclaré à la radio publique israélienne un homme identifié comme le frère du conducteur, qui a ajouté qu’il essayait simplement de quitter la zone quand la police a ouvert le feu sur sa voiture.

La police était déployée dans le village pour évacuer des bâtiments illégaux devant être démolis. Elle a utilisé du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants.

Odeh et au moins un policier légèrement blessé ont été évacués vers le centre médical Soroka de Beer Sheva.

Le village connaît depuis longtemps un climat tendu.

Près des 700 habitants d’Umm al-Hiran sont les descendants d’un clan Bédouin qui a été expulsé de son village original en 1948, situé sur un site où a depuis été construit le kibboutz Shoval.

Une nouvelle ville juive, Hiran, doit être construite à la place d’Umm al-Hiran. Elle devrait compter initialement 2 400 logements, principalement destinés à des familles juives religieuses de la commune voisine de Meitar.

Il avait été dit aux villageois bédouins que, dans le cadre du plan d’urbanisation très critiqué du gouvernement pour les campements bédouins semi-nomades qui parsèment le désert du Néguev, ils recevraient des terrains de 800 m² dans la ville voisine de Hura, construite en 1989 par le gouvernement spécifiquement pour les Bédouins des villages voisins non reconnus.

Les habitants ont fait appel devant la cour de leur expulsion, mais leur plainte avait été rejetée, les juges ayant estimé que l’action ne constituait pas une discrimination, puisque les Bédouins peuvent théoriquement aussi bien vivre dans la nouvelle ville.

Les habitants d’Umm al-Hiran ont refusé la proposition de la cour, et ont fait appel devant la Haute cour de justice. L’appel final pour empêcher le village d’être démoli a été rejeté en janvier 2016.

L’association arabe d’assistance juridique Adallah, qui représentait les habitants d’Umm al-Hiran devant la cour, a déclaré que les morts de mercredi relevaient de « la responsabilité du système judiciaire israélien et du gouvernement israélien. »

Elle a affirmé que le jugement de la Cour suprême permettant la démolition d’Umm al-Hiran était « raciste ».

Elle a également accusé la police israélienne « de voir la population arabe générale comme un ennemi. Le doigt de la police israélienne a la gâchette très facile face à des citoyens arabes. »