Les institutions juives de France ont appelé samedi à mieux lutter contre l’antisémitisme en Europe, après une fusillade qui a fait trois morts au Musée juif de Belgique.

« C’est une chose abominable qui se passe, qui est la transformation de la haine antisémite en terrorisme systématique », a déclaré à l’AFP Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« On a vu ça avec Ilan Halimi [un jeune Juif séquestré, torturé et tué dans la banlieue parisienne, ndlr] en 2006, on l’a vu en 2012 avec Mohamed Merah (djihadiste ayant tué quatre Juifs, ndlr) à Toulouse, et à nouveau maintenant à Bruxelles », a-t-il dit.

« Ce sont des actes barbares commis contre des victimes civiles totalement innocentes, sans aucune justification, et je crois qu’il est vraiment impératif qu’un effort soit fait au niveau européen, à la fois pour prévenir en faisant peut-être beaucoup plus d’efforts en matière d’éducation auprès des plus jeunes enfants sur le vivre ensemble », et avec « aussi de la protection de plus en plus nécessaire malheureusement face à cette vague d’actes antisémites », a ajouté M. Cukierman, soulignant que « ce musée de Bruxelles n’était pas protégé ».

« Des sanctions exemplaires doivent être prises, on est face à un climat de terrorisme, il faut que l’Europe se mette à ce niveau-là », a-t-il estimé. « Ce climat est très inquiétant et nécessite beaucoup plus de vigilance que ce que nous avons connu jusqu’ici ».

« Hélas aujourd’hui en Europe on assassine ostensiblement des gens qui fréquentent des lieux juifs », a de son côté déploré dans un communiqué Sacha Reingewirtz, président de l’Union des étudiants juifs de France (UEFJ).

« Deux ans après la tuerie antisémite de Toulouse, mais surtout à la veille des élections européennes, ces meurtres perpétrés dans la capitale de l’Europe appellent à une prise de conscience pour lutter contre l’antisémitisme qui se manifeste par des discours et des actes de plus en plus violents », a-t-il poursuivi.

Selon la ministre belge de l’Intérieur Joëlle Milquet, « un homme serait entré dans le musée, et assez rapidement aurait ouvert le feu au hasard ». « C’est une fusillade qui s’est déroulée dans un lieu qui n’est pas anodin, il y a de fortes présomptions » selon lesquelles il s’agit d’un acte antisémite, a-t-elle estimé.