Plutôt que de prendre des décisions audacieuses menant à la paix, le gouvernement continue de « faire un bras d’honneur aux Etats-Unis » au sujet des pourparlers avec les Palestiniens, a accusé mardi la députée Zahava Gal-On.

La chef du Meretz réagissait aux déclarations du secrétaire d’État américain John Kerry, qui a imputé l’essentiel du blocage actuel des négociations à Israël.

Les déclarations de Kerry sont « une preuve supplémentaire que la coalition d’extrême-droite n’est pas intéressée par un accord de paix et préfère faire traîner les négociations en mettant en danger les intérêts existentiels d’Israël », affirme Gal-On.

« Plutôt que de prendre des décisions courageuses, ce mauvais gouvernement n’a cessé de faire des bras d’honneur aux Américains », ajoute-t-elle.

En juin 2013, Gal-On avait utilisé la même expression pour critiquer la construction de 69 maisons juives dans un quartier de Jérusalem Est.

Elle accuse également le ministre de l’Économie et président du parti nationaliste Habayit Hayehudi Naftali Bennett de « verser des centaines de millions de shekels aux colons sous la table ».

Quant au ministre des Finances Yair Lapid et à la ministre de la Justice et négociatrice en chef israélienne Tzipi Livni, Gal-On les qualifie de
« cache-sexes du gouvernement, [l’autorisant à] ignorer ses électeurs et les promesses qu’il leur a faites il n’y a pas si longtemps. »

Le ministre du Logement Uri Ariel a aussi réagi aux remarques de John Kerry, mais a accusé d’autres membres du gouvernement d’être responsables des accusations du secrétaire d’État.

« Quand des ministres n’arrêtent pas de répéter que nous sommes les responsables, il faut s’attendre, à un moment, à ce que ceux qui écoutent de l’autre côté de la mer prennent ces déclarations au
sérieux », accuse Ariel.

Le ministre du Logement ajoute que même si l’ensemble des ministres s’accorde pour dire que les Palestiniens sont les vrais responsables de l’échec des négociations, des conflits internes ont éclaté au sein du gouvernement, une tendance qu’il qualifie de « déplacée et dommageable. »

Mardi matin devant le Sénat, Kerry a critiqué Israël et les Palestiniens pour leurs « décisions peu constructives », pointant du doigt le fait qu’Israël n’avait pas tenu son engagement de libérer des prisonniers palestiniens et avait approuvé la construction de centaines de maisons à Guilo, un quartier de Jérusalem Est.

« Les prisonniers n’ont pas été libérés par Israël le jour où ils étaient censés l’être. Un jour s’est écoulé, puis un autre, et la construction de 700 unités de logement a été approuvée et puis pouf – ça s’est passé comme ça », a-t-il dit.

Le secrétaire d’État faisait référence à la quatrième vague de libération de détenus sécuritaires palestiniens, initialement prévue le 29 mars.

Israël n’a pas procédé à la libération à temps, arguant que l’Autorité palestinienne exigeait que des Arabes israéliens fassent partie des prisonniers relâchés et refusait de s’engager à une prolongation des pourparlers au-delà du 29 avril.

En réaction aux déclarations de Kerry, le ministre de l’Économie Naftali Bennett a affirmé qu’Israël ne « présenterait jamais ses excuses pour des constructions à Jérusalem. »

« Pendant de nombreuses années, les gens ont essayé de nous empêcher de vivre dans la capitale éternelle du peuple juif. Ça ne se reproduira pas. Construire à Jérusalem n’est pas un ‘nuage de fumée’, construire à Jérusalem c’est le sionisme », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Raphael Ahren a contribué à la rédaction de cet article