Une manifestation à Budapest a empêché l’inauguration prévue d’une statue honorant un politicien de l’époque de l’Holocauste qui soutenait les lois antisémites.

Les organisateurs ont annulé l’évènement après que plusieurs dizaines de manifestants se soient rassemblées mercredi à l’endroit sur la rue Pava où le gouvernement local avait prévu d’inaugurer ce jour-là une statue de Gyorgy Donath, un député de Hongrie quand le pays était contrôlé par des gouvernements pronazis.

Les manifestants, dont certains avaient des drapeaux de l’Union européenne, ont crié que Donath était raciste, a annoncé origo.hu.

Mardi, l’association de regroupement des communautés juives Mazsihisz avait condamné à la fois l’inauguration et la présence prévue à l’évènement d’officiels du parti au pouvoir Fidesz : Gergely Gulyas, président adjoint du Parlement, et l’ancien Premier ministre Péter Boross.

La tombe de Gyorgy Donath dans le cimetière Farkasreti  de Budapest. (Crédit : Varga Jozsef/Wikipedia/CC BY-SA 3.0)

La tombe de Gyorgy Donath dans le cimetière Farkasreti de Budapest. (Crédit : Varga Jozsef/Wikipedia/CC BY-SA 3.0)

C’est la seconde fois en trois mois que Mazsihisz empêche l’inauguration d’une statue d’un député hongrois de cette époque.

Ce « politicien antisémite d’extrême-droite ne mérite pas de statue en Hongrie, » a écrit Mazsihisz dans un communiqué publié mardi à propos de Donath. Mais Gulyas, qui a quitté l’évènement à cause des manifestants, est cité par Origo déclarant mercredi que Donath était « un martyr, donc il mérite d’avoir une statue à Budapest ».

Un tribunal communiste irrégulier avait exécuté Donath en 1947 sur de fausses accusations. Beaucoup le considèrent comme un héros qui est mort pour la liberté de la Hongrie.

Le gouvernement du district qui a commandé la statue a déclaré que l’inauguration aurait lieu plus tard, à un moment qui n’a pas été précisé.

En décembre, Mazsihisz avait manifesté contre un projet de commémoration de Balint Homan, un ministre hongrois de l’époque de l’Holocauste qui soutenait et promouvait les mêmes lois. L’inauguration du monument en son honneur avait été annulée après que le Premier ministre Viktor Orban a dit qu’il s’y opposait.

« Pendant trois ans, nous avons lutté contre la politique du gouvernement de réécriture de l’histoire via des symboles », a déclaré le rabbin Zoltan Radnoti, président du conseil rabbinique de Mazsihisz, à JTA. « Ils veulent décrire les fascistes comme des héros. Nous craignons les conséquences à long terme de telles actions. »

En 2014, Mazsihisz avait brièvement suspendu ses contacts avec le gouvernement de centre droit de Viktor Orban pour protester contre un autre projet controversé de commémoration – une statue traitant de la Hongrie sous le règne de l’Allemagne nazie et de ses collaborateurs pronazis.

Inaugurée en juillet 2014 à Budapest, la statue est un ange attaquée par un angle allemand, un dessin dont les critiques disent qu’il ignore le rôle actif de la Hongrie dans l’envoi de 450 000 juifs à la mort pendant l’Holocauste. Le gouvernement hongrois a discuté cette interprétation, affirmant que la figure attaquée représente toutes les victimes du fascisme et pas seulement l’Etat hongrois.