La ministre adjointe des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely aurait averti les représentants de l’Union européenne que Jérusalem pourrait rendre illégal le financement par leurs pays d’ONG de gauche, selon un article publié mardi.

Hotovely a affirmé que les gouvernements européens ont contribué a hauteur de 100 à 200 millions d’euros à des organisations, qui « œuvrent activement à ternir le nom d’Israël dans le monde, l’accusent de nettoyage ethnique, d’apartheid et de crimes de guerre. »

Certains de ces groupes, a ajouté Hotovely, contribuent même à des fonds à des groupes terroristes.

B’Tselem, Breaking the Silence, le Centre juridique Adalah pour les droits des minorités arabes en Israël et de la Coalition des femmes pour la paix sont parmi les organisations visées par la ministre pour avoir obtenu le soutien de gouvernements étrangers.

Dans une série de rencontres avec des ministres des Affaires étrangères, des ministres adjoints et d’ambassadeurs étrangers, Hotovely a dit aux diplomates de l’UE qu’Israël n’accepterait pas le financement de groupes qui remettent en question la légitimité de l’Etat d’Israël, qui œuvrent pour le droit du retour des Palestiniens à l’interieur des lignes d’avant 1967 ou qui calomnient les soldats de Tsahal, a rapporté mardi le site d’information Ynet.

Si les pays ne cessent pas de financer ces groupes de leur propre chef, a prévenu Hotovely, le gouvernement peut y mettre fin par voie législative.

Ce projet de loi pourrait être similaire au Foreign Agents Registration Act des États-Unis, qui oblige les particuliers ou organisations agissant au nom d’autres gouvernements à se déclarer comme tels. La loi a été adoptée en 1938 pour veiller à ce que le gouvernement américain puisse empêcher toute influence étrangère indue sur les questions intérieures.

Une mesure similaire proposé par Hotovely plus tôt dans l’année aurait forcé toute ONG qui reçoit des fonds de l’étranger d’obtenir l’approbation de la Knesset pour bénéfier d’une exonération fiscale.

Le projet de loi a été mis au pilori par les groupes de la société civile, qui ont déclaré qu’il serait utilisé pour réprimer le financement des ONG de gauche.

Lors de récentes rencontres, Hotovely a exhorté les fonctionnaires européens à accroître la surveillance de leurs projets de financement pour s’assurer que leur argent est destiné à des organisations de défense des droits de l’homme et non à des organisations qui œuvrent à la destruction d’Israël.

Les gouvernements danois, néerlandais, suédois et suisse ont fait un don de 10,5 millions de dollars au Human Rights and International Humanitarian Law Secretariat, qui opère depuis l’Université palestinienne de Birzeit.

L’Allemagne, la Suède, la Norvège et l’Union européenne ont donné plus de 400 000 shekels à la Coalition des femmes pour la paix, qui appelle à des sanctions internationales et au boycott d’Israël.

En outre, depuis 2011, le Danemark et la Hollande ont fait don de plus de 35 millions de shekels à une variété d’organisations des droits de l’homme, l’Espagne 3,8 millions de shekels et la Suisse 5 millions de shekels.

Selon Ynet, dans la période de 2008 à 2011, le Royaume-Uni a fait don de quelque 12 millions de shekels à Breaking the Silence, Yesh Din, Gisha, BaMakom, Terrestrial Jerusalem et No Legal Frontiers.

Bien que Hotovely ait averti qu’il serait illégal pour les gouvernements étrangers de faire des dons à des « organisations de délégitimation, » elle n’a pas precisé la façon dont ces groupes seraient classés comme tels.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu détenant le portefeuille de ministre des Affaires étrangères, Hotovely agit de facto comme chef de la diplomatie du pays.