Pour un responsable israélien, si les Etats-Unis permettaient le vote jeudi d’une résolution égyptienne au Conseil de sécurité des Nations unies, ils briseraient leur engagement à ne pas soutenir de résolutions partiales anti-Israël.

« Nous espérons que les Etats-Unis ne briseront par leur engagement de longue date pour promouvoir la paix au moyen de négociations », a déclaré au Times of Israël un responsable, sous condition d’anonymat, quelques heures avant le vote. « S’ils n’apposent pas leur veto, ce sera le dernier soupir de l’administration Obama, puisqu’ils s’attendent à ce que la politique change avec la nouvelle administration [Trump]. Nous espérons que le président Obama restera fidèle à ses paroles de 2011″ lorsqu’il affirmait que la « paix ne pouvait pas venir des [seules] déclarations des Nations unies » mais des négociations.

Pendant son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2011 [lien en anglais], Obama avait déclaré que « la paix est une œuvre difficile. La paix ne viendra pas par des déclarations et des résolutions aux Nations unies ; si c’était si facile, elle existerait déjà. »

Ces derniers mois, alors que Jérusalem se préparait pour une résolution anti-Israël potentielle au Conseil de sécurité, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souvent cité ce passage du discours d’Obama, soulignant que la Maison Blanche bloque tous les efforts de promotion des efforts de paix entre Israël et les Palestiniens au sein des institutions internationales.

« Les Etats-Unis devraient apposer leur veto à la résolution anti-Israël au Conseil de sécurité jeudi », a écrit Netanyahu sur Twitter jeudi matin.

Mercredi soir, à la surprise générale, l’Egypte, qui détient en ce moment un siège non permanent au Conseil et y représente le groupe arabe, a fait circuler un projet de résolution qui sera mis au vote jeudi, à 22h00 (heure israélienne).

La version la plus récente de la résolution, qui peut encore changer en raison de négociations de dernière minute, appelle Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem Est. »

La résolution exprime également une « préoccupation profonde que la poursuite des activités de colonisation israélienne mette dangereusement en péril la viabilité d’une solution à deux Etats. » Elle appelle tous les Etats « à distinguer, dans leurs domaines de compétence, le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 », ce qui, selon certains analystes, invite à boycotter les produits fabriqués dans les implantations israéliennes.

D’autre part, le texte condamne également « tous les actes de violence contre les civils, notamment les actes de terrorisme, ainsi que les actes de provocation, d’incitation [à la violence et/ou à la haine] et de destruction », ce qui transforme, selon certains dans la communauté internationale, la résolution en texte « équilibré ».

Jeudi, des responsables israéliens se sont opposés à la résolution et ont appelé l’administration américaine à y apposer son veto.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, dans un message vidéo, a déclaré que la réunion du Conseil de sécurité était un « record d’hypocrisie » en raison des massacres en Syrie, et affirmé que ceux qui la soutiennent sont les « méchants » et les « forces du mal ».

« A un vol d’avion d’ici, à Alep, un génocide est en cours, a-t-il déclaré. Et pourtant, le Conseil de sécurité des Nations unies va se réunir pour ne dire de ne pas construire une maison ici à Jérusalem, de ne pas paver une route, de ne pas ouvrir un jardin d’enfants. C’est, du point de vue du Conseil de sécurité des Nations unies, le sujet le plus important… Nous attendons que le monde libre décent soutienne le premier combattant contre le terrorisme radical au monde, Israël. »

« Nous nous attendons à ce que notre plus grand allié ne permette pas que cette résolution partiale et anti-israélienne soit adoptée par le Conseil de sécurité », a déclaré Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies. « Une résolution comme celle-ci ne fera pas progresser le processus [de paix], mais ne servira que de récompense décernée par l’ONU à la politique palestinienne d’incitation [à la violence] et au terrorisme. »

« Quiconque soutient réellement la paix devrait rejeter cette décision, et tous les efforts méprisables de promotion d’un boycott contre Israël via les Nations unies, a déclaré Gilad Erdan, ministre des Affaires stratégiques. Le président Obama et beaucoup d’Etats américains ont déjà voté des législations s’opposant à toute forme de boycott. J’appelle l’administration américaine à apposer immédiatement son veto à cette résolution. »

Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, a déclaré que soutenir les Palestiniens aux Nations unies renforcerait leurs « positions extrémistes » et éloignerait la paix. « Nous attendons des Etats-Unis, notre ami, qu’ils apposent un veto, puisque de telles résolutions nuisent aux futures chances de conclure un accord. »

Stuart Winer a contribué à cet article.