Le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a mis en garde lundi à Riga contre la montée au sein de l’UE de l’intolérance et de l’extrémisme visant les Juifs, les musulmans, les homosexuels et les femmes.

« Il y a une montée de l’antisémitisme, une montée de l’islamophobie et de l’homophobie », a dénoncé l’adjoint de Jean-Claude Junker au cours d’une réunion de parlementaires européens en Lettonie qui assure la présidence semestrielle de l’Union européenne.

« Il y a des gens qui contestent la position des femmes dans la société européenne », a-t-il poursuivi avant d’ajouter : « Ce n’est pas acceptable. Nous devons mettre l’Etat de droit au centre de nos débats européens, car si nous n’avons pas cela, nous n’avons rien ».

« Si les Juifs dans cette Europe ne peuvent pas se sentir chez eux, l’Europe est finie. Si les Juifs croient que leur avenir n’est pas en Europe, l’Europe n’a pas d’avenir et cela vaut aussi pour les musulmans et les autres minorités. Si les homosexuels pensent qu’ils doivent rester dans l’ombre, nous n’avons aucun avenir pour l’Europe », a-t-il insisté.

Les attaques meurtrières début janvier à Paris contre le journal satirique français Charlie Hebdo et un magasin cascher ont fait 17 morts, dont quatre Juifs.

Selon le Conseil représentatif des institutions juives de France, le nombre d’actes antisémites a doublé en France en 2014 par rapport à 2013.

Parlant à l’occasion de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’Holocauste, célébrée le 27 janvier, le président du Congrès juif européen (CJE) Moshe Kantor a mis en garde contre le danger d’un « nouvel exode » des Juifs d’Europe, en raison de l’actuelle montée de l’antisémitisme et de l’extrémisme.

La chancelière allemande Angela Merkel a de son côté jugé « honteux que des gens, en Allemagne, soient frappés, menacés ou attaqués parce qu’ils disent qu’ils sont juifs ou parce qu’ils prennent parti pour Israël ».