Le Parlement israélien élira le 10 juin le prochain chef de l’Etat, pour succéder au sortant Shimon Peres, a annoncé lundi le président de la Knesset, Yuli Edelstein.

L’élection aura lieu « le 10 juin 2014 », a déclaré aux journalistes M. Edelstein, précisant que tout prétendant devrait présenter sa candidature écrite, paraphée par au moins 10 députés, le 27 mai, deux semaines avant le vote.

En Israël, le poste de président est largement honorifique et les pouvoirs exécutifs restent aux mains du Premier ministre.

M. Peres doit quitter fin juillet ses fonctions, qu’il occupe depuis 2007, peu avant son 91e anniversaire.

L’ancien président de la Knesset, Reuven Rivlin, favori selon les premiers sondages, s’est immédiatement lancé dans la course, annonçant officiellement sa candidature. Il s’était déjà présenté, sans succès, en 2007.

M. Rivlin devrait obtenir facilement les dix soutiens parlementaires nécessaires à sa candidature. En revanche, il devra se passer du soutien du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui, selon les médias, est prêt à tout pour l’empêcher de devenir président.

M. Netanyahu a même tenté de promouvoir une loi visant à reporter cette élection puis a lancé un débat sur l’utilité de l’institution présidentielle en Israël, allant jusqu’à envisager sa suppression.

Benjamin Netanyahu devrait apporter son soutien « timide » à Sylvan Shalom, le ministre de l’Energie, a estimé le journal Haaretz.

Sylvan Shalom, un dirigeant du parti Likoud (droite nationaliste) est un des candidats probables à la succession du président Peres, mais il doit encore faire acte de candidature.

M. Shalom avait été interrogé fin mars par la police après avoir été accusé de délit sexuel par une ancienne secrétaire lorsqu’il était ministre des Sciences.

Mais la justice israélienne a renoncé début mai à le poursuivre, considérant que les faits reprochés au ministre, qui remontent à 15 ans, étaient couverts par la prescription.

Le député travailliste Binyamin Ben Eliezer, plusieurs fois ministre, a aussi annoncé son intention de se présenter.

En dehors de la sphère politique, plusieurs autres candidatures se profilent, à commencer par celle du prix Nobel de chimie 2011, Daniel Shechtman, et celle de l’ancienne juge à la Cour suprême Dalia Dorner. Mais ces « outsiders » ont très peu de chance de recueillir les dix signatures nécessaires, estiment les commentateurs.

Les prémices de cette campagne ont été marquées par des attaques répétées à l’encontre des candidats déclarés, victimes de rumeurs concernant leur vie publique et personnelle.

M. Edelstein a rappelé lundi à l’ordre les potentiels candidats exigeant une campagne « dans le respect de l’institution présidentielle, de la Knesset et du futur président ou de la future présidente ».