La Turquie ne prendra pas part aux opérations armées au sein de la coalition internationale menées par les Etats-Unis pour combattre les djihadistes en Irak et en Syrie voisines, a confirmé jeudi une source gouvernementale turque à l’AFP.

« La Turquie ne participera à aucune opération armée mais se concentrera entièrement sur les opérations humanitaires », a précisé cette source sous couvert d’anonymat.

Ce responsable a cependant affirmé que la Turquie pourrait autoriser la coalition à utiliser sa base militaire d’Incirlik, dans le sud, pour des opérations purement logistiques.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est en Arabie saoudite jeudi, après une visite la veille à Bagdad pour tenter de rallier dix pays arabes et la Turquie à la coalition contre les sunnites extrémistes de l’Etat islamique (EI) en renforçant notamment leur coopération militaire.

Le président américain Barack Obama s’est dit prêt mercredi à frapper l’EI en Syrie et à étendre les raids menés en Irak depuis un mois.

Ankara a été critiquée par ses alliés occidentaux pour avoir fourni aux militants radicaux, y compris ceux de l’EI, armes et équipements dans les villes proches de la frontière avec la Syrie. La Turquie, qui a toujours nié cette assistance, espérait ainsi accélérer la chute du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Le président américain a rencontré son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pendant le sommet de l’OTAN pour parler de la contribution turque à cette coalition anti-EI.

La Turquie est notamment préoccupée par le sort de ses 46 ressortissants retenus en otage depuis début juin par les djihadistes à Mossoul, en Irak.

« Nos mains sont liées à cause de nos citoyens retenus en Irak », a récemment admis le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz.

Le chef de la diplomatie américaine doit s’entretenir vendredi de la coopération régionale contre les extrémistes avec les dirigeants turcs à Ankara, a par ailleurs affirmé le responsable turc.

Cette visite n’était pas encore confirmée de source américaine.