L’Autorité palestinienne (AP) a annoncé une campagne d’un an pour commémorer les 100 ans du « crime » de la déclaration Balfour, a annoncé lundi l’agence de presse palestinienne Wafa.

Activités et évènements seront organisés dans le monde entier, à compter du 2 novembre prochain jusqu’au 2 novembre 2017, qui marquera les 100 ans depuis l’annonce par le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Arthur James Balfour de l’intention de son gouvernement d’établir « un foyer national pour le peuple juif » en terre d’Israël.

Signée par Balfour en 1917, la déclaration a donné au mouvement sioniste une reconnaissance et un soutien officiel d’une puissance majeure, à la veille de la conquête britannique du territoire alors ottoman de Palestine.

Affirmant que la déclaration était un « projet colonialiste », Taysir Khalid, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré lundi que la campagne palestinienne avait pour but « de rappeler au monde et particulièrement au Royaume-Uni qu’ils devraient assumer leur responsabilité historique et expier le grand crime que le Royaume-Uni a commis contre le peuple palestinien. »

En juillet, l’AP avait déclaré qu’elle préparait un procès contre le gouvernement britannique pour le document de 1917, qui a ouvert la voie à la création de l’Etat d’Israël.

Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l’AP, avait à l’époque déclaré que Londres était responsable de tous les « crimes israéliens » commis depuis la fin du mandat britannique en 1948.

La décision, avait déclaré al-Maliki, « a donné à des personnes qui n’avaient rien à faire ici quelque chose qui n’était pas à eux. »

Le mois dernier, aux Nations unies, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait attaqué l’AP pour ce projet, le définissant comme un autre exemple du refus palestinien d’accepter le droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 30 septembre 2015. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 30 septembre 2015. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

« C’était il y a presque 100 ans, a déclaré Netanyahu. Vous parlez d’être coincé dans le passé ! Les Palestiniens pourraient aussi bien poursuivre l’Iran pour les déclarations de Cyrus, ou porter plainte contre Abraham, pour avoir acheté des terres à Hébron », a-t-il ajouté, en citant un édit perse autorisant aux juifs le retour en Judée et 539 avant l’ère commune et le patriarche biblique.

Répétant qu’il restait « engagé envers une vision de paix fondée sur deux états pour deux peuples », Netanyahu avait déclaré qu’il existe « une chose que je ne négocierais jamais, c’est notre droit à être un Etat juif, le seul. »

« Ce conflit ne porte pas sur les implantations, ça n’a jamais été le cas, avait-il déclaré. Il porte sur l’existence d’un Etat juif. »

« Si les Palestiniens avaient dit oui à un Etat juif en 1947, il n’y aurait pas eu de guerre […] et quand ils diront finalement oui à un Etat juif, nous pourrons mettre fin à ce conflit une fois pour toute », avait déclaré Netanyahu.