Le rabbinat de Jérusalem a appelé les hôtels de la ville à ne pas mettre d’arbres de Noël ou à organiser des fêtes pour la Saint-Sylvestre, selon une lettre qui a été révélée mardi.

La lettre, adressée aux directeurs des hôtels et signée par les deux principaux rabbins de Jérusalem, déclarait : « À la fin de l’année laïque, nous voulons vous rappeler que faire un arbre de Noël dans un hôtel contrevient à la loi juive et que donc on ne doit pas dresser [un arbre de Noêl] dans un hôtel ».

« Il est également approprié d’éviter d’organiser des fêtes pour marquer la fin de l’année laïque. Nous souhaitons vous rappeler que notre nouvelle année débute le premier [du mois hébreu de] Tishri, dans une atmosphère de sainteté, avec le bonheur de la mitsva ».

Bien que la lettre ne menace pas de sanctions ceux qui contreviennent aux ordres, elle pourrait être interprétée comme une menace voilée, contrairement aux lignes directrices émises par le Rabbinat en chef en 2015 affirmant que les inspecteurs ne pouvaient pas révoquer la certification casher des hôtels et des autres établissements en raison des photos, du Shabbat, ou si un arbre de Noël était mis pendant les fêtes.

Un porte-parole du Grand Rabbinat d’Israël a indiqué que la lettre n’était pas liée à l’autorité de l’octroi des certificats de casheroute. « C’était une initiative privée du rabbinat de Jérusalem. Le but était de demander aux [hôtels] de retirer les décorations de Noël pour tenir compte des sentiments des membres de la population qui observent les mitsvot », a-t-il déclaré au site Web Kipa.

L’Association israélienne des hôtels s’est dite préoccupée par le fait que la directive pourrait nuire au tourisme chrétien.

Les lignes directrices de l’année dernière ont été publiées à la suite d’une pétition du groupe israélien Hiddush, qui a menacé de faire appel devant la Cour suprême si les règlements actuels n’étaient pas modifiés.

Hiddush a déclaré que le Rabbinat en chef était en violation sur la loi sur la fraude Kasher établie en 2013, qui stipule que « l’inspecteur casheroute ne devrait considérer les normes de casheroute seules pour déclarer qu’un établissement est casher ».

Selon une décision de la Cour suprême, baser la certification casher d’un établissement sur des considérations telles que l’observation du Shabbat était contraire à la loi.

Uri Regev, le PDG de Hiddush, a déclaré lundi : « nous avons entendu parler de rabbinats [locaux] qui ne se considèrent pas liés par la loi ou la décision de la Cour suprême. Nous comprenons la situation délicate dans laquelle se trouvent les hôtels et nous proposons notre aide pour faire appliquer la loi contre les rabbinats renégats, qui sont financés par l’Etat mais qui ne respectent pas les lois ».

Par ailleurs, le rabbin de l’Institut technologique Technion de Haïfa a interdit aux étudiants d’entrer dans le bâtiment du syndicat étudiant en raison d’un arbre de Noël placé là.

Rabbi Elad Dokow, a sur le site Web Srugim, décrit l’arbre comme une attaque contre l’identité juive. « Ce n’est pas un symbole religieux chrétien, mais, pire encore, c’est un symbole païen », écrivait-il. Par conséquent, a-t-il poursuivi, les étudiants ne peuvent pas entrer dans le bâtiment pour acheter de la nourriture ou pour toute autre raison.

Il a décrit l’arbre comme étant « anti-juif », pas simplement comme anti-religieux.

Selon Haaretz, le député Youssef Jabareen de la Liste arabe unis a écrit au dirigeant du Technion en qualifiant les mots du rabbin comme de l’incitation au racisme et en affirmant qu’une telle attitude nuit aux relations entre les Juifs et les Arabes sur le campus. Il a appelé le Technion à congédier le rabbin.