Un documentaire français vient de révéler un héros national oublié qui a aidé à protéger certaines des plus précieuses œuvres d’art du patrimoine français de mains des pillards nazis.

Le documentaire « Illustre et Inconnu » sorti le mois dernier met en avant le travail héroïque de Jacques Jaujard, l’administrateur général du musée du Louvre à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jaujard, un amateur d’art engagé, a caché tout le contenu du musée de renommée mondiale, y compris la célèbre Joconde de Léonard de Vinci, et une grande partie des collections d’art publiques françaises seulement 10 jours avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Adversaire résolu de l’apaisement face aux nazis, Jaujard a commencé en cachant des œuvres sans avoir jamais reçu l’ordre de le faire. Chef-adjoint du Louvre, il a réussi par la ruse à recruter des centaines de bénévoles pour l’aider à disperser ce patrimoine inestimable dans des maisons privées dans toute la France.

Une des employées de Jaujard, Rose Valland, avait secrètement gardé des étiquettes sur les peintures pillées par les nazis venant de collections privées et a aidé à retrouver 45 000 pièces après la fin de la guerre, comme le montre le film de George Clooney « The Monuments Men ».

Selon une enquête publiée samedi par le quotidien britannique The Guardian, Jaujard et son personnel avaient fermé le musée dans les jours qui ont précédé la guerre sous le prétexte de « travaux de maintenance ».

Pendant trois jours et trois nuits, Jaujard et une équipe d’employés du musée ainsi que des étudiants en art ont emballé d’innombrables œuvres d’art et utilisé un convoi de camions de livraison, de voitures particulières, d’ambulances, de taxis et de camionnettes pour mettre à l’abri le plus vite possible les œuvres, dans des maisons privées dans toute la France.

Après que la France ait signé l’armistice en 1940, Adolf Hitler a envoyé le comte Franz Wolff-Metternich au Louvre, en tant que surveillant des collections d’art de France mais aussi dans le but de prendre possession de l’inestimable collection du musée.

Selon le journal de Jaujard, Wolff-Metternich, un aristocrate allemand qui n’était pas vraiment attaché à la cause nazie, a exprimé son soulagement que le Louvre soit vidé de ses oeuvres et a même assisté Jaujard pour que le contenu du musée ne tombe pas aux mains du haut commandement nazi avide d’œuvres d’art.

Jaujard a travaillé sans relâche pour maintenir les collections à l’abri des nazis et a réussi à préserver des objets fragiles, comme une statue d’un scribe égyptien datant de 4000 ans, en envoyant aussi des radiateurs électriques et des appareils hydrométriques vers différentes maisons d’hébergement.

Après que la France ait été libérée par les forces alliées en 1944, les pièces ont commencé à faire leur chemin de retour vers les musées qui les abritaient autrefois.

Miraculeusement, aucune œuvre d’art n’a été endommagée pendant toute cette opération clandestine.