Netanyahu à Bruxelles : Reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël « rend la paix possible »
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Netanyahu à Bruxelles : Reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël « rend la paix possible »

Mogherini a réitéré la position de l'UE ; Prague a mis son veto à une déclaration contre la décision de Trump ; Des eurodéputés présentent une "facture" de 1,2 M d'euros pour les infrastructures de l'UE détruites

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) tient une conférence de presse conjointe avec Federica Mogherini, chef de la politique étrangère de l'Union européenne, à Bruxelles, en Belgique, le 11 octobre 2017. (Avi Ohayon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) tient une conférence de presse conjointe avec Federica Mogherini, chef de la politique étrangère de l'Union européenne, à Bruxelles, en Belgique, le 11 octobre 2017. (Avi Ohayon / GPO)

BRUXELLES – En visite au siège de l’Union européenne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué lundi que la majorité des pays du continent finiront par reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël et relocaliser leurs ambassades dans la ville.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donad Trump « rend la paix possible » au Proche-Orient, a affirmé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Se tenant aux côtés de la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, Netanyahu a affirmé que la reconnaissance par le président américain de Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif, la semaine dernière, fait avancer la paix dans la mesure où elle reconnaît une vérité historique et une réalité contemporaine.

« Je crois que même si nous n’avons pas encore un accord, cela viendra dans l’avenir », a indiqué Netanyahu dans le bâtiment qui héberge la Commission européenne.

« Je pense que tous – sinon la plupart – des pays européens relocaliseront leurs ambassades à Jérusalem, qu’ils reconnaîtront la ville en tant que capitale d’Israël et qu’ils s’engageront fortement à nos côtés pour la sécurité, la prospérité et la paix ».

Discours de Benjamin Netanyahu à Bruxelles

Israël tend la main à ses voisins palestiniens pour la paix depuis 100 ans, bien avant que n’existent l’Etat d’Israël ou les implantations en Cisjordanie, a ajouté Netanyahu. Mais les Palestiniens ne voudront jamais accepter un état Juif, quelles que soient ses frontières, a-t-il noté.

« C’est ce qui a mené au conflit et c’est ce qui fera continuer le conflit. Vous pouvez le voir dans ce déni continu des Palestiniens, malheureusement, du droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif ainsi que dans le déni de l’histoire juive ».

Il a poursuivi en disant que « depuis 3 000 ans, Jérusalem est la capitale du peuple juif, établie par le roi David et bien documentée dans l’histoire de la bible et bien après, lorsque les Juifs, dans les ghettos de l’Europe, soupiraient : « L’année prochaine à Jérusalem, l’année prochaine à Jérusalem ».

Depuis, des forums variés aux Nations unies ont adopté des « décisions risibles qui tentent de nier l’histoire et qui cherchent à nier la vérité historique », a-t-il continué.

Netanyahu a salué l’administration américaine pour sa reconnaissance de Jérusalem, mercredi. « Je pense que ce qu’a fait le président Trump, ça a été de poser clairement les choses sur la table. La paix se fonde sur la réalité. La paix se fonde sur la reconnaissance de cette réalité ». « Jérusalem est la capitale d’Israël, personne ne peut le nier (…) Cela rend la paix possible car reconnaître la réalité est la substance de la paix », a plaidé M. Netanyahu.

Le fait que Jérusalem est la capitale d’Israël est « clairement évident pour vous tous qui venez en Israël », constatant que c’est là que siège le gouvernement, a-t-il dit.

“Jérusalem est la capitale d’Israël, personne ne peut la nier. Cela ne fait pas oublier la paix – cela la rend au contraire possible parce que la reconnaissance de la réalité est ce qui nourrit la paix, c’est la fondation de la paix ».

Netanyahu a également évoqué le plan de paix attendu des Américains.

« Je pense que nous devons lui donner une chance. Je pense que nous devons voir ce qui est présenté et voir si cette paix peut avancer. Mais si nous devons l’amorcer, je dirais qu’il s’agit bien d’un pays : De reconnaître l’Etat juif. Ce qui gêne, cela a toujours été l’Etat juif. Et il est temps que les Palestiniens reconnaissent l’Etat juif et qu’ils reconnaissent également le fait qu’il a une capitale. Elle s’appelle Jérusalem ».

Benjamin Netanyahu serre la main de Federica Mogherini à Bruxelles, le 11 décembre 2017 (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Le président Trump a décidé de dépêcher son vice-président Mike Pence à la fin du mois au Proche-Orient mais les dirigeants palestiniens lui ont opposé une fin de non-recevoir.

De son côté, Mme Mogherini a réitéré la position de l’Union européenne en faveur d’un Etat israélien et d’un Etat palestinien vivant côte à côte, et de Jérusalem comme capitale de ces deux Etats.

« Nous pensons qu’il est dans l’intérêt d’Israël – en particulier dans son intérêt sécuritaire – de trouver une solution durable et globale au conflit israélo-palestinien. C’est pour cela que l’Union européenne renforcera son travail… en vue de relancer le processus de paix, même s’il semble que ce sont des moments difficiles », a dit Mogherini.

« Vous savez quelle est la position de l’Union européenne », a-t-elle dit. « Nous pensons que la seule solution réaliste au conflit entre Israël et la Palestine est une solution à deux états, avec Jérusalem capitale à la fois de l’Etat d’Israël et de l’Etat de Palestine, le long des frontières de 1967. »

“Nous continuerons à respecter le consensus international sur Jérusalem jusqu’à la résolution du statut final de la Ville Sainte par le biais de négociations directes entre les parties ».

La cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a aussi condamné lundi « toutes les attaques contre des Juifs, partout dans le monde, y compris en Europe », en recevant à Bruxelles le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« En tant que partenaires et amis d’Israël, nous pensons qu’il est dans les intérêts sécuritaires d’Israël de trouver une solution durable et globale » au conflit israélo-palestinien, a par ailleurs estimé Mme Mogherini.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, pendant son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen à Strasbourg, le 13 septembre 2017. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Lundi dans l’après midi, il s’entretiendra avec de hauts responsables de l’Union européenne et les ministres des Affaires étrangères des 28 états-membres de Bruxelles. C’est la première rencontre de ce type depuis plus de 20 ans.

Lors de sa visite à Bruxelles, dont le principe avait été décidé avant l’annonce du président Donald Trump sur Jérusalem, M. Netanyahu doit aussi s’entretenir avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Mais, la neige, qui a paralysé la circulation pendant plusieurs heures lundi matin, a provoqué l’annulation de la rencontre prévue avec le président de la Commission Jean-Claude Juncker, M. Netanyahu désirant pouvoir rentrer en Israël selon un porte-parole de la Commission.

Auparavant, lors d’un petit déjeuner « informel » avec M. Netanyahu, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE ont une nouvelle fois appelé à « reprendre des négociations significatives » avec les représentants des Palestiniens, a indiqué la responsable de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini.

Petit-déjeuner ‘informel’ entre les 28 de l’UE et Benjamin Netanyahu à Bruxelles, le 11 décembre 2017 (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Une autre question sensible qui pourrait être abordée à Bruxelles est la destruction par Israël en Cisjordanie d’infrastructures destinées à « des communautés palestiniennes vulnérables » financées par des fonds de l’UE ou des Etats membres.

Dans des affiches placardées au Parlement européen interpellant M. Netanyahu, des eurodéputés présentent une « facture » de 1,2 million d’euros pour des écoles, des citernes d’eau, des systèmes électriques et d’autres installations qui ont été, selon eux, « délibérément détruits ou confisqués par Israël, en dehors d’hostilités militaires et en violation du droit humanitaire international ».

Plusieurs Etats membres ont récemment écrit au gouvernement israélien pour lui demander des « compensations » pour ces destructions.

Mme Mogherini a rappelé vendredi la traditionnelle position de l’UE sur le conflit entre Israël et les Palestiniens.

« Nous sommes convaincus que la seule solution réaliste est basée sur deux Etats, d’Israël et de Palestine, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats suivant les frontières de 1967 », a-t-elle résumé.

Selon Mme Mogherini, « il est dans l’intérêt sécuritaire d’Israël de trouver une solution durable à ce conflit qui dure depuis des décennies ».

L’UE veut également mettre à profit la visite de M. Netanyahu pour exprimer son désaccord sur la poursuite de la construction israélienne dans les implantations.

Mais les ministres auront du mal à cacher des fractures de plus en plus profondes au sein de l’Union, dans une situation où plusieurs Etats membres – notamment la Hongrie, la Grèce et la Lituanie – veulent gommer les aspérités de la difficile relation entre l’UE et Israël.

La Hongrie a ainsi bloqué mercredi soir, après l’annonce de Donald Trump sur Jérusalem, la publication d’une condamnation au nom des 28 Etats membres, procédure qui, dans l’échelle des réactions diplomatiques de l’UE, est le moyen d’expression le plus fort.

C’est donc par un communiqué de Mme Mogherini que l’Union a exprimé sa « sérieuse préoccupation » et a déclaré craindre « les répercussions » de la décision des Etats-Unis « sur la perspective de paix » au Proche-Orient.

« Pour essayer de faciliter le dialogue, qui n’est vraiment pas facile comme on le voit, nous devons avoir des contacts directs, un dialogue ouvert, échanger nos arguments. Il y a plein de choses à discuter, comme les colonies ou la solution à deux Etats », a estimé le chef de la diplomatie Linas Linkevicius devant la presse.

M. Netanyahu arrive de Paris, où il s’est entretenu dimanche avec le président français Emmanuel Macron lors d’un déjeuner au cours duquel les deux dirigeants sont largement restés sur leurs positions respectives.

Emmanuel Macron (g) rencontre Benjamin Netanyahu à l’Élysée, le 10 décembre 2017 à Paris. (Crédit : GPO)

M. Macron a ainsi appelé le chef du gouvernement israélien, comme devraient le faire les ministres de l’UE, à prendre une initiative pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens, au point mort depuis des années.

« J’ai invité le Premier ministre à mener des gestes courageux envers les Palestiniens pour sortir de l’impasse actuelle » et permettre ainsi « la reprise du dialogue israélo-palestinien », a déclaré M. Macron après la rencontre.

Ces « gestes » devraient être selon M. Macron « le gel de la colonisation » et des « mesures de confiance à l’égard de l’Autorité palestinienne ».

Le gouvernement israélien a relancé en octobre des projets de construction de milliers de logements dans les implantations. Environ 400 000 résidents israéliens mènent en Cisjordanie une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens.

Concernant une éventuelle relance du processus de paix, M. Netanyahu a répété à Paris qu’il avait « continuellement proposé » au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas « de s’asseoir à la table des négociations avec Israël », sans succès.

Et sur la vague internationale de protestations et de manifestations suscitée par l’annonce de M. Trump sur Jérusalem, M. Netanyahu a réitéré qu’Israël ne saurait avoir d’autre capitale et que les tentatives pour nier cette « connexion millénaire » étaient « absurdes ».

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