Les responsables israéliens ont multiplié mardi les déclarations publiques de défiance vis-à-vis de l’initiative diplomatique française visant à relancer l’effort de paix, actuellement paralysé, avec les Palestiniens.

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l’initiative de paix française est « aberrante ».

« Elle assure, à l’avance, que la conférence va échouer », a précisé le Premier ministre. « C’est l’assurance anticipée de l’échec de la conférence puisque les Palestiniens n’ont rien besoin de faire s’ils savent par avance que leurs exigences seront acceptées », a-t-il dit.

La France a annoncé que si un nouveau cycle de négociations de paix ne donnait aucun résultat, elle reconnaîtrait unilatéralement un Etat palestinien.

« [Le seul] moyen de faire avancer la paix : des négociations directes sans conditions préalables. Quiconque fait le contraire ne fera pas avancer avec succès les négociations », a asséné Netanyahu.

Netanyahu s’exprimait peu après que l’ambassadeur français à Tel-Aviv Patrick Maisonnave a été reçu mardi à Jérusalem par le directeur politique des Affaires étrangères Alon Ushpiz pour des entretiens sur l’initiative.

Un Envoyé spécial, Pierre Vimont, a d’ores et déjà été nommé par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, pour organiser la concertation avec les parties et les principaux partenaires, selon un communiqué de l’ambassade de France en Israël.

Des diplomates français ont également eu au cours des derniers jours des entretiens sur le sujet avec des responsables palestiniens.

Après la rencontre entre MM. Maisonnave et Ushpiz, le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a exprimé l’opposition israélienne « à toute tentative de déterminer à l’avance les résultats des négociations ». Pour autant, l’initiative française n’est « ni acceptée, ni rejetée », a-t-il précisé ensuite en expliquant dans des échanges avec la presse qu’on n’en était pas à ce stade.

« Tout le monde est contre l’initiative française, aussi bien la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini que les Palestiniens », a dit la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely à la radio publique.

« Cela n’est peut-être pas le moment pour de grandes étapes mais pour de petites améliorations de la situation, » a déclaré Angela Merkel, qui accueille actuellement une délégation israélienne menée par le Premier ministre, tout en réitérant son engagement en faveur de la solution à deux Etats.